Y’a quoi dans le genre ? #3 – Critiques Express

Chaque mois, les rédacteurs du CinemaClubFR écrivent des mini-critiques autour des films qu’ils ont visionnés durant le mois. Pour ce troisième numéro de Y’a quoi dans le genre ? sept critiques vous sont réservées. De l’ésotérisme, au giallo en passant par le bon vieux film paranormal, la rédaction vous propose une liste de films à voir… ou à éviter.

Rudy – ANTICHRIST réalisé par Lars Von Trier

Onzième long-métrage de Lars Von Trier, Antichrist arrive à une période charnière dans la carrière du cinéaste danois. Connu pour ses films sulfureux et provocateurs, l’enfant terrible du cinéma d’auteur sait magner sa caméra et insuffler un certain malaise dans la plupart de ses films, véritables chefs-d’œuvre européens. Sorti en 2009, le réalisateur écrit le scénario au moment où il traverse une grave dépression, désireux d’explorer les rouages psychologiques de l’être humain, au travers d’un couple endeuillé par la mort de leur jeune enfant (ce dernier s’étant défenestré alors qu’ils faisaient l’amour) le mari (Willem Dafoe) décide de soigner sa femme (Charlotte Gainsbourg) dans un chalet perdu au milieu des bois, c’est à ce moment que s’opère une véritable et morbide descente aux enfers où personne n’en sortira indemne. Au ton métaphysique, Von Trier nous livre ici l’un de ses films les plus sombres de sa carrière, épris d’une froideur et tout aussi morne, Antichrist est un chef-d’oeuvre difficile à analyser et percevoir, un film sombre et terriblement dramatique, quelque peu insoutenable avec quelques scènes marquantes, à ne pas mettre entre toutes les mains.

Tanguy – MIRACLE MILE (APPEL D’URGENCE) réalisé par Steve de Jarnatt

Longtemps resté dans l’ombre depuis sa sortie en 1987, Miracle Mile (sorti originellement chez nous sous le titre Appel d’Urgence) ne doit sa notoriété tardive qu’à la passion dévotion absolue de son public adorateur de VHS bis uniques en leur genre. Réalisé par un scénariste lassé de voir son script dans les placards des studios pendant près de 10 ans, Steve de Jarnatt offre une oeuvre à la frontière des genres, entre comédie romantique, drame social à l’aube de la fin du monde et précurseur du genre du film catastrophe. Évidemment politique, le film pose avant tout un constat plus que tragique sur l’Amérique en pleine peur de la Guerre nucléaire, n’accordant que très peu d’espoir envers ses personnages, et ce, jusqu’à son final absolument destructeur, sublimé par la bande originale somptueuse de Tangerine Dream.

Miracle Mile c’est beau, c’est triste, c’est terrifiant et c’est un bijou à rattraper absolument.

Alexandre – ESCAPE GAME réalisé par Adam Robitel

Réalisateur du très bon L’Étrange cas Déborah Logan et du déjà oublié Insidious : La dernière clé, Adam Robitel est un des nouveaux réalisateurs prometteurs de sa génération. Derrière cette casquette, il est également le monteur et le scénariste de plusieurs films d’horreur tels que Paranormal Activity : Ghost Dimension ou 2001 Maniacs… Avec Escape Game, il adapte un jeu tendance auprès des jeunes. Un bon filon pour traire la vache à lait d’Hollywood avec une adaptation horrifique. Escape Game part d’un concept simple : des joueurs sont enfermés dans une pièce, leur seule issue est de résoudre une énigme qui leur permettra d’empocher le million de dollars à la clé. Film d’horreur oblige, les choses ne vont pas se passer comme prévu. S’ils échouent, ils mourront. Hybride entre Cube (Vincenzo Natali) et Saw (James Wan), Escape Game joue son concept dès le départ. Malheureusement, au fur et à mesure que le film tend vers autre chose, il oublie l’idée d’origine et fait capoter le film. La fin est une bouillabaisse de clichés et réduit le film à un concept mal développé. Rares sont les scènes qui foutent la frousse. On est malheureusement spectateur de ce qui arrive à ces personnages, un comble pour un film qui a le concept d’interactivité. Peut-être que la suite prendra compte des erreurs du précédent (ce qui n’est jamais le cas). Oups.

Laura – BLAIR WITCH réalisé par Adam Wingard

Suite directe du Projet Blair Witch, monument du found footage, Adam Wingard avait semble-t-il déjà donné le meilleur de lui-même avec You’re Next et The Guest, car Blair Witch est une hérésie. Dans les bas-fonds détestables du genre et du cinéma dans son entièreté, non loin de Rings (première fois de ma vie que j’ai quitté une salle de cinéma en plein milieu d’un film), Blair Witch accumule jump scare merdique sur jump scare merdique. Les personnages sont tous aussi débiles et incohérents les uns que les autres, c’est d’autant plus insupportable de les suivre qu’ils sont à la botte d’un scénario convenu, qui va jusqu’à se contredire lui-même. Restent les scènes d’horreur purement gores, seule mention “honorable” de ce navet astronomique.

Olivier – LA MARIÉE SANGLANTE réalisé par Vicente Aranda

Quatrième film de Vicente Aranda réalisé cinq ans avant son sulfureux Cambio de sexo (1977), La novia ensangrentada (1972) est à ranger sans hésiter aux côtés d’autres classiques du fantastique espagnol, tels que Le massacre des morts vivants (Jordi Grau, 1974) et autres Quien puede matar a un nino (Narciso Ibanez Serrador, 1974). À l’inverse de la terreur solaire distillée par ce dernier, le film est plongé dans une atmosphère de pur roman gothique à la sauce hispanique, avec le récit de cette jeune mariée à un aristocrate inquiétant et pervers, assailli de cauchemars dans lesquels figure une ancêtre de son mari, ayant assassiné son propre époux lors de sa nuit de noces. Le déroulement de l’action au sein d’un vieux château et la photographie vaporeuse donnent le ton de l’ensemble. Le métrage d’Arada se démarque en particulier par l’aspect particulièrement démonstratif de ses effets gores (probablement les plus osés au sein du courant fantastique ibérique à l’époque) ainsi que par son sous-texte radicalement féministe. Une réussite.

venn – PSICONAUTAS réalisé par Alberto Vazquez et Pedro Rivero

Dessin animé espagnol adapté de la bande dessinée écrite par Alberto Vazquez lui-même, Psiconautas est un petit bijou d’animation. Ne comptez pas le montrer à vos enfants ou neveux pour les prochaines vacances, le film n’est pas pour tout le monde. Drogue, violence et pauvreté sont au menu de cette oeuvre: le film raconte l’histoire de Birdboy, oiseau sans but sur une île dévastée après une catastrophe industrielle. Il essaie d’échapper à la police qui souhaite le tuer depuis que son père vendait de la drogue pour sauver sa famille. Psiconautas ne vous laissera pas indifférent.

Aymeric – L’EXORCISME DE HANNAH GRACE réalisé par Diederik Van Rooijen

Amateurs et amatrices de films de possession, d’exorcisme, et d’esprits en tout genre, si vous cherchez une petite pépite à vous mettre devant les yeux, et bien, à défaut de pouvoir aujourd’hui vous donner un titre qui répondrait à vos attentes les plus élevées, je peux, au moins, vous encourager à fuir cet étron qu’est L’exorcisme de Hannah Grace, énième film sans inspiration qui ne trouve pas grand-chose à raconter et à mettre en scène. C’est de l’horreur discount, à faire réchauffer au micro-ondes, et qui se déguste avec un petit rictus de dégoût comme dans les derniers jours d’un mois économiquement difficile. Dans les grandes lignes, parce qu’il n’y a pas grand-chose à en dire, c’est un bête festival de jumpscares inefficaces, entre la contrefaçon (ou la parodie, si vous décidez d’en rire) de l’excellent The Jane Doe Identity, et un très (très) mauvais épisode de Supernatural. Une perte de temps.

PS: Est-ce que j’ai regardé uniquement pour Shay Mitchell? La réponse est oui.

ANTICHRIST
MIRACLE MILE
ESCAPE GAME
BLAIR WITCH
LA MARIÉE SANGLANTE
PSICONAUTAS
L'EXORCISME DE HANNAH GRACE
2.8
Note du film
Conclusion

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