Y’a quoi dans le genre ? #2 – Critiques Express

Pour cette nouvelle rubrique, des auteurs de la rédaction vous proposent une mini critique de leurs visionnages horrifiques du mois.

Rudy – BASKIN réalisé par Can Evrenol

Présenté dans de nombreux festivals, Baskin est un des rares films de genre du cinéma turc à s’imposer comme l’un des plus sanglants films de l’histoire de son pays. À mi-chemin entre Martyrs de Pascal Laugier et l’univers glauque de Clive Barker, Baskin présente une histoire sordide sur fond de créatures démoniaques longtemps enfouis sous terre. Non loin, dans la banlieue d’Istanbul, des policiers vont se retrouver sans le savoir dans les décombres d’un bâtiment délabré où ils feront la rencontre d’une secte étrange menée par un inquiétant gourou, c’est le début d’un long et interminable cauchemar…  Pépite du cinéma fantastique turc et devenu culte, Baskin est un conte macabre malsain et gore, le film est un sort de train fantôme cauchemardesque ou le spectateur ne parvient plus à différencier le réel et l’imaginaire et surtout : Jusqu’à ou l’horreur peut-elle s’arrêter ? À découvrir au plus vite, attention ! âmes sensibles s’abstenir..

Laura – DOOM ASYLUM réalisé par Richard Friedman

Énième slasher perdu parmi tant d’autres productions horrifiques de la fin des années 80, époque où s’essoufflait le sous genre avant qu’il renaisse de ses cendres grâce à Scream en 96, Doom Asylum est pour le moins atypique. Le film enchaîne les scènes improbables et ce dès le début, combien de fois ai-je mis pause car j’étais abasourdie devant tant de génie (vous raconter en détails gâcherait la surprise). Le jeu d’acteur à côté de la plaque, les situations sans queue ni tête, les effets spéciaux ratés, les répliques bordelines…  Malgré tous ses faux raccords et le wtf constant, je me suis retrouvée dans Doom Asylum entre les (j’espère) bonnes intentions d’un premier film fait par des amoureux du genre et l’originalité d’un objet cinématographique techniquement mauvais. Qu’il ait été conçu au premier degré ou au contraire comme une comédie horrifique absurde, dur d’être insensible à cet OVNI.

P.-S.: Est sorti la même année le tout aussi barré Return to Horror HighWes Craven lui a tout pompé, mais en mieux (Scream toujours dans les bons coups).

— Autre critique de Laura : Happy BirthDead 2 You

Alexandre – THE FINAL WISH réalisé par Timothy Woodward Jr.

On en attendait un peu avec sa bande-annonce rempli de suspens, mais il en n’est rien. The Final Wish est un téléfilm horrifique qui ne délivre rien de ce qu’il prétend vendre. Rien n’est effrayant, pas même les jump scares. La photographie et le montage sont mauvais. Le pitch n’est pas une idée originale : une urne magique qui exauce les vœux. Du déjà-vu. Mais on aurait pu être surpris, car derrière ce film se cache le scénariste des deux premiers Destination Finale. Malheureusement, les codes ont bien changé et le pauvre scénariste est resté dans les années 2000. Si on pouvait compter sur des personnages travaillés, mais non les personnages sont antipathiques. Les acteurs professionnels, Lin Shaye et Tony Todd, tentent de donner leur maximum dans une bouillie de dialogues digne de soap-operas. Rien n’est rattrapable dans ce film qui ignore totalement les enjeux de son histoire. À croire que les meilleures scènes ont été coupées du montage final.

Isabelle – VELVET BUZZSAW réalisé par Dan Gilroy

Après le très bon Nightcrawler, Dan Gilroy collabore de nouveau avec le tout aussi bon Jake Gyllenhaal pour un film d’horreur qui se veut satirique, dénonçant le narcissisme, la vanité et la cupidité du milieu de l’art contemporain. Gyllenhaal est merveilleux en critique impitoyable avec option coupe au bol et bise dans le vide, et ça fait toujours plaisir de voir John Malkovitch et Toni Collette, mais le film en lui même tombe malheureusement totalement à côté de la plaque; son propos est vu et revu en plus d’être sans profondeur et son horreur peu enthousiasmante. Le film passe comme un mauvais slasher, avec quelques jumpscares sans goût, des morts pas si inventives que ça et surtout, un scénario bancal et plat. On s’ennuie, on s’ennuie, et c’est fini; les rouages sont grossiers et attendus (pourrait-on arrêter avec le trope du “il a séjourné en hôpital psychiatrique, oh non !” par pitié ?). On attendait mieux de Velvet Buzzsaw après l’atmosphère lourde et malsaine de Nightcrawler, et le résultat est très décevant, car sur le papier le film faisait envie. Pour ne rien arranger, la bande annonce révèle tout le film; si vous l’avez vue, ne perdez pas une heure de votre temps. Et si vous êtes en manque de Jake Gyllenhaal, regardez plutôt Zodiac.

Aymeric – HAPPY BIRTHDEAD 2 U réalisé par Christopher B. Landon

Deux ans après un très surprenant premier volet, rafraîchissant dans sa façon d’utiliser la recette de Un Jour Sans Fin, en y ajoutant la sauce comico-horrifique typique des productions Blumhouse, Christopher Landon remet le couvert avec Happy Birthdead 2 U, qui s’aventure cette fois beaucoup moins dans l’horreur, et beaucoup plus dans la science-fiction. Un Retour Vers le Futur-like, qui se montre encore plus drôle que son prédécesseur, et plus inventif aussi, notamment dans tout ce qui touche aux multiples exécutions et suicides que le film met en scène. On pouvait craindre un essoufflement, et une répétitivité lassante, ce qui est souvent le cas avec les films à “high concept”, mais il n’en est rien puisque l’écriture fait le choix, malin, de se réapproprier le premier film, et de l’approfondir, en donnant, par exemple, plus de temps d’écran à des personnages secondaires, qui deviennent ici centraux. Mais loin d’être un petit film rigolo un peu borderline, le film se montre, à l’instar de son prédécesseur, étonnamment émouvant dans sa finalité, à savoir le deuil, thème central des deux films, et quête principale inavouée de notre héroïne, campée une fois de plus avec panache par l’excellente Jessica Rothe. Et s’il fallait chipoter, on pourrait, néanmoins, reprocher au film son besoin redondant d’expliciter oralement à quels films il fait référence, et, mais là c’est un autre débat, sa timidité graphique lors des scènes de meurtres, qui ont, par conséquent, un goût un peu aseptisé. On appréciera néanmoins à quel point les deux films se répondent, intelligemment, et on se les reverra avec plaisir en attendant, espérons-le, un troisième et ultime volet?

Conclusion
BASKIN
DOOM ASYLUM
THE FINAL WISH
VELVET BUZZSAW
HAPPY BIRTHDEAD 2 U
2.6
Note du film

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