Vierges pour le bourreau de Massimo Pupillo – Critique

Daniel Parks organise un shooting photo dans un vieux château laissé à l’abandon. Il investit les lieux avec son équipe et des événements inquiétants commencent à se produire. Il semblerait en effet qu’un meurtrier extrêmement cruel habitait autrefois entre ces murs…

120 Journées de Sodome du pauvre

On pourra dire ce qu’on veut de notre monde mais parfois, un rien suffit à redonner espoir en l’humanité, Archive.org est un de ces “rien”. C’est sur ce site où est catalogué tout ce qui tombe dans le domaine publique que vous pouvez tomber sur des pépites comme The Sadist, un des films préférés de Joe Dante, The Child Molester, un court métrage de prévention contre -vous l’aurez compris- les pédophiles, ou bien le film dont il est question ici, Bloody Pit of Horror pudiquement traduit Vierges pour le bourreau dans la langue de Molière.

Quand on parle du cinéma de genre des années 60, certains pensent à Vincent Price, adepte des adaptations filmiques des romans d‘Edgar Allan Poe (Le Corbeau, La Chute de la maison Usher…). Si Vierges pour le bourreau avait été un roman de Poe et une petite production américaine, il apparaîtrait sûrement dans la filmographie du King of Grand Guignol. Mais il n’en est rien, puisque ce thriller horrifique de 1965 est un long métrage italien, dont l’acteur sous le masque du bourreau a joué dans un autre film au titre ô combien évocateur “Lady Frankenstein, cette obsédée sexuelle(accessoirement, il a aussi eu un rôle de grand père dans la série New-York: Unité Spéciale). Quant à l’inspiration romanesque, c’est au tour du Marquis de Sade de passer sous le Pit and the pendulum, avec la torture de femmes comme sujet de prédilection. Rassurez vous ou non, nous sommes loin du chef d’oeuvre Salò ou Les 120 Journées de Sodome du grand Pasolini.

Sébastien Patoche

Rentrons dans le vif du sujet, Vierges pour le bourreau n’est pas terrible. Un groupe paumé dans un château à l’ambiance austère qui cache une chambre de torture, ça n’a rien d’original. Les personnages sont majoritairement insignifiants, les femmes ne sont rien de plus que des poupées en petite tenue vouées à la torture… Nous sommes bien dans une série z où l’érotisme et l’horreur se frôlent comme un martyr frôlerait les pics d’une Vierge de fer. A partir du moment où une scène de torture est rythmée par une musique de kermesse, plus rien ne vous oblige à prendre ce film au sérieux.

D’un tueur en série baptisé Crimson Executioner (wait, is this a JoJo reference?) apparemment abominable, on se retrouve avec un ancien acteur dément prônant le culturisme, tout nu dans un collant rouge avec le masque de Robin et une grosse chaîne autour du cou telle une mauvaise parodie de rappeur. Chacune de ses interventions le rend aussi ridicule qu’Isabelle Huppert lorsqu’elle lâche des phrases hongroises en random dans Greta. Crier sur les effets spéciaux pour l’époque serait de mauvaise foi, pourtant ils participent également à rendre ce film “so bad it’s good” (notamment une fausse araignée tellement nulle qu’elle a dû guérir plus d’un arachnophobe). Les rares beaux plans sont d’autant plus frustrants qu’ils suggèrent un potentiel inexploité du film. De même pour la morale voulant critiquer les délires patriarcaux et artificiels de manière bien trop peu subtile. Ou peut-être que tout ça n’est qu’une tentative méta volontairement ridicule du réalisateur pour appuyer ses propos? C’est peu probable.

Conclusion
Vierges pour le bourreau est un de ces films auquel vous savez à quoi vous attendre au vu du titre. Il n'y a pas de vierges mais vous rirez un peu.
2
Note du film

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