Underwater de William Eubank – Critique

© 20th Century Fox

Une équipe scientifique sous-marine fait face à un tremblement de terre. Piégés sous l’eau, ils vont devoir survivre et remonter à la surface. En plus de l’eau, ils vont affronter de mystérieuses créatures.

Cinq ans en arrière, la rédaction découvrait The Signal, second film du cinéaste William Eubank. Un film loin d’être convaincant mais reflet de la sincérité de son réalisateur, aujourd’hui à la tête d’Underwater. Un Underwater qui, sur le papier, affiche la promesse d’une virée horrifique en mer profonde, la claustrophobie qui va avec, et la présence d’un ennemi aux résonances de Xénomorphe dans Alien le huitième passager. Ajoutez à cela une Fox à la production et la nouvelle réalisation d’Eubank a tout de l’hommage à l’oeuvre de Ridley Scott. Pourtant, il n’en est rien, et si Underwater rappelle par bien des approches Le huitième passager, le tout se révèle moins fort – tout le monde n’est pas Hans Ruedi Giger ! Mais ne crachons pas dans la soupe : après tout, la Fox nous a proposé l’un des meilleurs divertissements horrifiques en 2019 avec Wedding Nightmare, honorable défouloir. Et dans le cas d’Underwater, le moment passé devant le survival est plutôt agréable.

Plongée dans le bain

Dès les premières minutes, Underwater nous révèle son héroïne, Norah, incarnée par Kristen Stewart. Dix ans en arrière, un tel projet avec l’actrice aurait peu retenu l’attention, son seul fait d’arme étant la franchise Twilight. Mais aujourd’hui, Kristen Stewart a fait ses preuves, notamment avec ses deux (excellentes, d’après votre rédacteur) collaborations auprès du cinéaste français Olivier Assayas.

Peu surprenant que Kristen Stewart, garçon manqué crâne rasé et gros bomber militaire, marque immédiatement l’écran avec son look. Et dès les premières minutes, Underwater démarre et ne s’embarrasse pas d’une présentation artificielle de ses personnages – qui seront dépeints progressivement. Eubank veut rentrer dans le vif du sujet et mettre à profit son gros budget après la petite production The Signal.

L’héroïne, montrant ses failles (voix tremblante, hésitation…), n’hésitera jamais à prendre son courage à deux mains pour sortir l’équipe de la panade. Dans une station sous-marine lourdement endommagée, Kristen Stewart donnera la réplique à Vincent Cassel, commandant (étonnant ?), et le reste d’une distribution assez attachante.

C’est lorsque l’équipage enfile les grosses combinaisons qu’Underwater dégaine son esthétique plutôt réussie, ces dernières plutôt bien pensées (on pense un peu à Prometheus, le mésestimé). Les personnages bougent avec lenteur et l’occasion d’une mise en scène “badass” – comme disent les anglophones – lors de la préparation à affronter les eaux profondes.

Ce sont ces expéditions sous-marines qui marquent le vrai danger d’Underwater : une créature agressive hante les lieux.

Une créature… faisant la part belle aux CGI

© 20th Century Fox

On ne le dira jamais assez : les créatures en animatronique fonctionnent toujours mieux ! Quitte à peu montrer la menace, cette méthode aurait pu faire d’Underwater un film totalement différent. Car à l’image de la bouillie CGI de The Signal, Eubank fait une nouvelle fois le choix des nouvelles technologies dans la création de sa créature sous-marine. Résultat : une déconnexion totale des enjeux à cause de trucages visibles. C’est pourtant le choix des animatroniques qui aura fait de certains films des œuvres cultes qui vieillissent très bien – Jurassic Park, Alien le huitième passager (et même Le retour de James Cameron), etc. 0 pointé pour Eubank sur ce point !

C’est également dans la direction artistique que la créature déçoit. Jamais marquante, son design n’inspire jamais la crainte et l’envie d’Eubank de créer une mythologie (après tout, l’homme s’attarde le temps d’une scène sur un “bébé” du monstre) tombe rapidement à l’eau. Comme si le cinéaste avait décidé, d’un coup, de recentrer son récit sur la survie des protagonistes, changeant d’avis sur sa direction.

Une narration qui peine à progresser…

En dehors du design de la créature, un autre point noir vient plomber la réussite d’Underwater : la progression des personnages. Après une première partie dévoilant le “vaisseau”, des combinaisons et une exposition solides, une psychologie travaillée, le tout s’enlise progressivement. Les protagonistes finissent par errer dans les eaux sans que le spectateur ne puisse comprendre l’action, la faute à une caméra trop secouée et la présence d’un found footage inexpliqué. Si jamais l’ennui ne pointe le bout de son nez, Underwater donne l’impression de tourner en rond. Sans oublier les tics de réalisation ringards du cinéaste, entre ralentis puis reprises successifs. Le dernier quart du film souffre d’un gros problème de rythme et peine à passionner : encore une fois, l’interprétation de Kristen Stewart représente la seule corde à laquelle se raccrocher.

… Mais des mises à mort réussies

© 20th Century Fox

Mais qui parle de survival sous-marin à l’inspiration sous-marine dit mises à mort pointant le bout de leur nez. Et quand ce n’est pas la créature à l’origine des effusions de sang, les dangers que représentent un “vaisseau” sous-marin lourdement endommagé sont bien présents. A l’image d’une mort à cause d’une faille de sécurité (on n’en dira pas plus…), les morts ponctuent avec efficacité la survie des protagonistes – suffisamment attachants pour que leur disparition “fasse chier”, comme on dit. A part deux morts quelconques, Underwater se montre assez généreux et ne verse jamais dans le gore outrancier – même si un peu de sang n’aurait pas été pour déplaire à votre rédacteur.

Un survival efficace auquel il manque ce petit quelque chose

Qu’on se le dise : malgré les points négatifs, Underwater se montre suffisamment efficace pour être suivi sans déplaisir, contrairement à un The Signal un peu lourdingue et franchement moche – ne l’ayant pas revu depuis 2015, j’imagine que le film a déjà pris un coup de vieux niveau effets spéciaux. Une réussite grâce à sa distribution, Kristen Stewart en tête, ultra iconique par son look, et une direction artistique au niveau du vaisseau et ses composantes bien construits (merci à l’équipe technique !). Se suivant sans déplaisir, pas sûr qu’Underwater puisse survivre à un second visionnage. Il manque au métrage ce petit quelque chose qui aurait pu en faire une oeuvre autrement plus solide. Au final, la Fox se montre plutôt généreuse avec les amateurs d’expériences horrifique entre ce long et Wedding Nightmare. Le studio, sous l’égide Disney, continuera-t-il à produire des films horrifique – avec une place pour une future révélation cinématographique ? Seul l’avenir nous le dira.

Underwater
Conclusion
Devez-vous aller voir Underwater ? Réponse positive. Certes, le film est ponctué de défauts et il serait de mauvaise foi d’affirmer le contraire. Mais entre Kristen Stewart, l’expérience claustrophobique sous-marine offerte, la générosité du métrage avec ses 1h50, le prix du billet vaut le coup et ses 3 étoiles méritées malgré la légère déception lorsque les lumières se rallument. Underwater est bon, mais ne possède pas ce petit quelque chose qui aurait pu en faire un long-métrage un cran au dessus.
Note des lecteurs0 Note
3
Note du film

Balance ton commentaire

Suivez-nous sur facebook

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 34 autres abonnés