The Rental de Dave Franco – Critique

© Metropolitan Filmexport

Deux couples louent une sublime maison face à l’océan pour un week-end de fête. Les quatre amis comprennent très vite que derrière la beauté de l’endroit, un danger les guette : une présence mystérieuse semble les espionner et révèle des secrets inavouables sur chacun d’eux. La tension monte et le week-end de rêve va virer au cauchemar absolu…

Prenez vos affaires, on part en week-end avec The Rental. Plus le temps passe, plus les films s’enchaînent, et plus il est difficile de s’enthousiasmer à l’idée de passer une heure trente en compagnie d’un groupe de jeunes trentenaires plus ou moins actifs partis se mettre au vert. Ce genre de semi-huis clos, reposant si lourdement sur la qualité de ses dialogues et le talent de ses acteurs, reste brillant quand il est réussi, mais tragiquement facile à rater.

Pour son premier long métrage à la réalisation, Dave Franco s’associe avec Joe Swamberg (The Zone, Silver Bullets), le grand spécialiste des films d’ensemble, des ambiances lourdes de non-dits et des triangles amoureux. Le cast est solide : Dan Stevens, qu’on est contents de revoir après The Guest, Alison Brie, qu’on est contents de revoir tout court, l’excellente Sheila Vand, qu’on a pu voir dans le non moins excellent A Girl Walks Home Alone at Night, et Jeremy White Allen. Comme Joe Swamberg est au scénario, ils sont bien sûr deux couples compliqués par leurs liens qui s’entremêlent et se contrarient. Charlie et Michelle (Dan Stevens et Alison Brie) sont mariés, Josh est le frère de Charlie, Charlie et Mina sont associés, Mina et Josh sont en couple, bref, le quatuor est aussi proche que possible, ce qui forcément amène les problèmes.

Dès les premières minutes du film, on peut deviner les tensions sous-jacentes, entre Mina et Charlie, Charlie et son frère, Mina et Michelle. Malgré cette lourdeur latente, le groupe part en week-end dans une immense maison perchée au bord d’une falaise, avec au programme drogues et jacuzzi.

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Bien sûr, tout se délite très vite, que ce soit entre les personnages qu’autour d’eux. Le gardien est raciste et à la limite du menaçant. Les secrets se révèlent doucement, les rancunes aussi, et dans l’arrière plan de cette toile naturaliste le danger se rapproche, pour exploser durant la dernière demi heure.

Ensemble c’est tout (et c’est pas grand chose)

Il est difficile de ne pas voir dans The Rental l’envie de rejoindre des films du genre de l’immense The Invitation, de Get Out, ou d’autres perles du sous genre « mauvais week-end ». Il y a dans ce premier film de Dave Franco un élan assez touchant, une envie de porter un regard sur la solitude qui nous gagne parfois quand nous sommes en groupe. Quelques scènes subtilement cruelles nous ouvrent une porte vers ce regard avant de la fermer aussitôt. La tentative de Mina de confronter le racisme du gardien, pour finir seule face à lui pendant que ses proches fixent leurs pieds, ou le moment où Charlie rabaisse, sous couvert de jeu, l’intellect de son petit frère devant sa petite amie font partie de ces instants d’illumination où le film semble nous donner un aperçu furtif de ce qu’il aimerait être, sans y jamais y arriver. Il n’atteint jamais la tension, la justesse nécessaire, les dialogues tombent à plat.

Les acteurs sont irréprochables, surtout Alison Brie et Sheila Vand, justes du début à la fin, et Toby Huss, généreux et réjouissant dans le rôle du gardien inquiétant de la propriété. Avec un scénario plus solide, une écriture plus fine, aucun doute que cet ensemble aurait crevé l’écran. Mais le scénario pêche cruellement, et aucun acteur ne peut aller au bout de ses possibilités, trop occupés qu’ils sont à tenter de donner une profondeur à des personnages qu’on croirait découpés dans des boîtes de ceréales.

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Overdose de brume et carence d’idées

Il aurait suffi d’une seule idée, d’une unique nouveauté pour faire de The Rental autre chose qu’une pile de rebondissements réchauffés s’achevant dans une ambiance de slasher sans inspiration. Si l’intention derrière le film se rapprochait de The Invitation, l’exécution rappelle plutôt l’infernal The Open House. Jamais de peur, tout au plus quelques sursauts fatigués soutenus par une musique omniprésente mais sans âme. On pourrait espérer une justesse dans l’horreur si la dimension drame humain tombe à plat, mais rien ne marche. Ça ne fait pas peur, ça ne surprend pas. La mise en scène et la photographie sont plates au mieux, laides au pire, se reposant sur une brume épaisse tellement sur-utilisée qu’on se sent suffoqué par les machines à fumée rien qu’en regardant l’écran.

Malgré tout, il y a un cœur derrière The Rental. On sent l’envie sincère de faire un bon film d’horreur, et de faire un film sur le couple, ses silences et ses trahisons. Mais l’envie ne suffit pas toujours, et parfois avec tout le cœur du monde on finit malgré tout par faire un film sur rien. Il est difficile, en sortant de la séance, de voir The Rental comme autre chose qu’un gâchis d’acteurs. C’est un premier film raté, une ébauche qui aurait sûrement dû rester dans les tiroirs, afin de laisser à ses acteurs le temps pour les meilleurs rôles qu’ils méritent.

The Rental de Dave Franco – Critique
Conclusion
Malgré une envie sincère et des acteurs excellents, The Rental ne décolle jamais et reste bloqué dans des clichés et des rebondissements attendus. Restez chez vous.
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1.5
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