[CRITIQUE] « The House of the Devil », réalisé par Ti West

the-house-of-the-devil-2009-poster
Samantha est une universitaire qui décide de signer pour louer une maison. Pour trouver l’argent nécessaire, elle doit trouver d’urgence un petit boulot. La journée même, elle tombe par hasard sur une offre pour du babysitting. Samantha doit donc se rendre dans une maison reculée, chez les Ulman, le soir de l’éclipse lunaire. Samantha découvre alors une maison étrangement calme et se retrouve embarrassée quand le propriétaire des lieux lui avoue que les tâches qu’elle doit accomplir sortent un peu de la norme du gardiennage. Les Ulman convainquent néanmoins Samantha de rester en lui offrant un montant qu’elle ne pourra refuser.
Il y a des réalisations qui passent malheureusement inaperçus ou jouissent d’une réputation de mauvais film, à tort. C’est par exemple le cas de The House of the Devil réalisé par Ti West. Il suffit de faire un tour du côté de Allociné où le film récolte un 2,3/5 ou un 6,4/10 sur IMDb pour se rendre compte que le public passe souvent à côté de petits bijoux sans s’en rendre compte. Il y a toujours eu un écart entre ce que le spectateur lambda attend d’un film d’horreur et ce que le passionné souhaite voir dans ces œuvres souvent destinées à un public d’amateurs. Pas étonnant donc, en allant faire un tour sur Netflix France par exemple, de voir une multitude de productions horrifiques n’atteignant pas les 2/5 malgré leur qualité indéniable. Évidemment que Shining ou Scream sont plébiscités sur la plate-forme de streaming : ce sont des films cultes. Mais pourquoi un Starry Eyes, petite production de qualité pour qui aime le glauque et le gore, essuie-t-il autant de mauvaises critiques ? Il est temps de replacer les choses dans leur contexte.
vlcsnap-2016-08-23-19h53m28s353
The House of the Devil
est un très bon film d’horreur. On est loin de la perfection, mais le résultat est assez intéressant pour figurer parmi les sorties horrifiques les plus réussies de ces dernières années. Le petit bébé du réalisateur Ti West se veut comme un hommage aux films d’horreur des années 80 avec tous les clichés qui en découlent. Ne pensez pas vous retrouver devant un produit vide enchaînant les références sans âme à la manière d’un Stranger Things. Ici le boulot est bien fait et le réal va jusqu’au bout de son entreprise. Avec un budget riquiqui, West utilise du matos d’époque pour obtenir un grain véritable qui se voit à l’écran et mise tout sur la tension ainsi qu’une ambiance travaillée. Le résultat est impressionnant, tout est parfaitement millimétré, l’action s’installe petit à petit et la tension monte progressivement. Si vous avez déjà regardé les autres films de Ti West, vous savez que celui-ci aime filmer l’angoisse qui monte pendant plus d’une heure avant de balancer la sauce dans les dernières minutes. The House of the Devil ne déroge pas à la règle et vous donnera de belles sueurs froides dans un climax des plus flippants. Comme énoncé plus tôt, le film fourmille de clichés volontaires qui feront plaisir aux amateurs du genre. Tout y passe : la traditionnelle baby-sitter, le cadran téléphonique qui sert à appeler la meilleure amie mais aussi le livreur de pizza, la maison angoissante et silencieuse…
vlcsnap-2016-08-23-19h53m46s088
La caméra, souvent fixe, permet d’apprécier les décors travaillés et 80′ de The House of the Devil. Incarnant parfaitement l’innocente baby-sitter loin de se douter où elle a foutu les pieds, Jocelin Donahue est la véritable révélation du film. Une vraie “Final Girl“. L’actrice arrive à maintenir la tension tout le long et partager ses questionnements sur ce baby-sitting des plus étranges en nous immergeant dans le récit. Pas étonnant donc de voir Jocelin Donahue jouer par la suite dans Insidious ou des series B comme Midnight Sex Run ou Summer Camp (avec des petites surprises comme Fast & Furious 7 ou… Knight of Cups de Terrence Malick !). Mais ce n’est pas tout niveau casting puisque la meilleure amie de notre héroïne n’est autre que Greta Gerwig avant son explosion dans le milieu du cinéma indépendant américain avec France Ha ou l’excellent Mistress America. Mais ce ne sont pas les seuls noms qui raviront les fans du genre puisqu’on trouve également Dee Wallace ayant tourné avec des réalisateurs emblématiques comme Wes Craven, Spielberg, Peter Jackson, Tobe Hooper… ou encore Mary Woronov et Tom Noonan eux-mêmes habitués aux films de genre.
vlcsnap-2016-08-23-20h28m27s885
Vous l’aurez compris, The House of the Devil méritait une réhabilitation face au flot de mauvaises critiques qui fleurissent sur la toile. Loin d’être parfait, le film de Ti West reste tout de même une valeur sûre de l’horreur. Le réalisateur a trouvé une formule qui marche et sait comment l’exploiter entouré d’acteurs talentueux et en misant sur une ambiance 80′ des plus… cool ? Pas de références vides de sens balancés pour flatter l’égo du cinéphile mais bel et bien un film qui se les approprie et les utilise avec justesse sans jamais les singer.
4

Conclusion

Oui. On met 4. A-t-on besoin vraiment d’en dire plus après notre critique ? Si ce n’est pas déjà fait, sautez sur The House of the Devil, sinon matez-le à nouveau.

Balance ton commentaire

Suivez-nous sur facebook

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 38 autres abonnés