The Clovehitch Killer de Duncan Skiles – Critique

10 ans après les sévices d’un tueur en série dans une petite bourgade des Etats-unis, Tyler, jeune boy scout issu d’une famille bonne sous tous rapport, soupçonne son père d’être l’auteur des meurtres qui ont terrorisé la ville.

The Clovehitch Killer, premier long métrage de Duncan Skiles, est une de ces bonnes surprises du genre malheureusement passée sous le radar. Encensé par le peu de critiques qui l’ont vu, ce film tient plus du thriller dramatique que du film d’horreur mais n’en reste pas moins efficace dans sa montée en tension constante, préférant travailler la psychologie des personnages, leurs évolutions et leurs dilemmes au fur et à mesure des révélations faites.

The Clovehitch Killer prend le temps qu’il faut pour qu’on s’attache aux personnages malgré une culture surtout destinée à un public américain. En effet, on suit une famille, principalement le fils et son père, tout deux boy scouts, du genre plus catholique tu meurs. Le côté religieux, parfaitement parfait est à ce point poussé qu’il confère au film une aura presque surréaliste, pourtant Duncan Skiles prend cela très au sérieux, installant petit à petit sa grande métaphore sur ce qui nous définit et les dogmes qui s’imposent lorsque la religion rentre en collision avec le “bon sens”. C’est une lecture qu’on retrouvait dans Prisoners de Denis Villeneuve. Utiliser à ce point le cliché peut-être dangereux voire rebutant pour certains, mais dans le cas de The Clovehitch Killer c’est l’intrigue elle même qui en pâti puisque nous autres, spectateurs, sommes habitués au trop beau pour être vrai. Même si le réalisateur tente de nous mener sur de fausses pistes à plusieurs reprises, les quelques instants de doute sont vite rattrapés par la logique de nos esprits de détectives hors pairs nourris aux true crime documentaries.

[Attention ça va spoiler, mais bon si t’es malin t’auras deviné ki cé ké le tueur en série]

Le tueur au nœud de cabestan/le père de famille campé par Dylan McDermott donc, n’a rien de fantasque car très clairement inspiré du B.T.K Killer (Bind. Torture. Kill) qui était également un père de famille camouflant du mieux qu’il pouvait ses fantasmes sadomasochistes (on vous épargne les photos, mais si besoin est Google est votre ami). Se servant sans réserve de la réalité, Duncan Skiles rend son récit encore plus poignant, son questionnement sur l’humanité et la rédemption plus intime. The Clovehitch Killer n’a pas d’issue ni de consensus, la fin pourrait d’ailleurs décevoir car la vérité et la justice ne sont pas rendus à juste titre, en tout cas pas comme le voudrait notre société (ce que cherche à critiquer le réalisateur). Alors qui pour prendre les décisions?

Conclusion
Un thriller dramatiquement proprement réalisé et joué qui vaut le coup d'y jeter un œil, même deux.
3.5
Note du film

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