[TEST JV] « Penumbra : Requiem » – Mauvais rêve

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Malgré les soucis de développement, Penumbra a toujours été prévu pour être une trilogie. Et même si le cliffhanger de Black Plague est efficace et se suffit à lui-même, on ne crachait pas sur la possibilité d’une suite. Ou du moins c’était vrai jusqu’à ce qu’on ait mis les mains sur le choix final de Frictional Games, Penumbra : Requiem.

Penumbra : Requiem reprend là où vous aviez laissé Philippe à la fin de Penumbra : Black Plague. Vous avez envoyé le fameux message “kill them all” (tuez les tous) quand un infecté rentre dans la pièce et vous assomme. Vous vous retrouvez dans une tombe où, vous l’avez deviné, votre objectif est d’avancer en accomplissant des énigmes qui vous empêchent de progresser. Vous pénétrez dans des endroits que vous avez déjà vus dans d’autres parties du complexe et recevez des communications de personnes avec lesquelles vous avez déjà parlé dans les deux premiers opus : le Dr. Richard Emminis rencontré dans Black Plague et Red rencontré dans Overture. Vous parlerez également avec un membre de l’Archaic Elevated Caste (littéralement, la Caste archaïque élevée). L’opus met l’emphase sur l’étrange et a tendance à rendre le joueur et Philippe confus. Vous aurez le sentiment d’avancer en étant contacté par une IA, à la GlaDOS dans Portal. Le scénario vous donne le choix entre deux fins qui affectent considérablement votre vue sur le jeu que vous venez de finir.

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Inutile de prendre des pincettes : le scénario de Requiem est franchement plat et inintéressant. On pouvait certes l’excuser dans Overture puisqu’il s’agissait avant tout d’une première partie un peu plus faible qui met en place l’univers. Mais avec la nette embellie de Black Plague, on attendait une fin digne de ce nom avec un final impressionnant. Certes, le choix ultime est plutôt intéressant et a le mérite de mettre votre aventure en perspective. Cependant, le rythme est bien trop constant dans sa platitude et le jeu ne vous offrira que quelques passages inspirés et des clins d’oeil aux anciens opus plutôt qu’une vraie aventure prenante. On a quasiment le sentiment que Requiem a été ajouté à la suite de ses deux prédécesseurs par pure nécessité d’un troisième épisode, tant dans le fond que dans la forme (Requiem est un add-on pour Black Plague et pas un standalone). Dommage pour une licence qui partait dans le bon sens et qui avait su dépasser les écueils du début. On en viendrait presque à déconseiller de faire le troisième opus pour garder les bons souvenirs de Black Plague.

Requiem utilise le même moteur que Black Plague et donc qu’Overture. L’accomplissement des énigmes sera donc identique et pas forcément toujours inspiré, même si l’on pourra apprécier certaines d’entre elles. Jamais avant un jeu de la série des Penumbra n’avait autant ressemblé à une succession d’énigmes à résoudre. Évidemment, l’absence de scénario crédible y est pour beaucoup, mais c’est aussi dans leur traitement que le bât blesse. Le layout des salles fait vraiment penser à une suite ininterrompue d’obstacles à franchir sans qu’on sache vraiment pourquoi on le fait. La motivation de connaître la suite de l’aventure a fatalement disparu pour rester dans Black Plague. On peut également rajouter à cela les commentaires un poil robotiques que vous entendez dans les haut-parleurs qui vous entourent pour rendre l’expérience encore moins immersive. Le jeu se présente purement et simplement comme une succession d’énigmes et un choix final, si l’on veut forcer le trait.

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Mais le pire n’est pas dans le traitement des énigmes qui est davantage un dommage collatéral des autres choix effectués par le studio scandinave. Car le pire changement qui a été fait dans ce dernier opus est l’absence totale d’ennemis. Plus de raisons d’avoir peur d’avancer ou de prendre des risques puisque vous savez qu’on ne viendra pas vous agacer pendant que vous progressez. Et là encore, fatalement, l’ambiance s’en verra profondément affectée. Requiem n’apparaît plus alors comme un jeu d’angoisse dans lequel vous devez résoudre des énigmes pour progresser dans le scénario, mais à un Portal low cost pas fun avec un moteur capricieux et particulièrement laid. Et sans portal gun, évidemment. Ça ne donne pas vraiment envie, pas vrai ? Et quand on pense aux efforts qui ont été fait entre Overture et Black Plague pour nous rendre plus vulnérable (absence d’arme, schizophrénie), on peut vraiment regretter ce choix pour Requiem et se demander pourquoi Frictional Games en a décidé ainsi. Requiem est un jeu sans substance et sans âme qui vous fera progresser tel un zombie dans des salles et des couloirs.

Il est vrai que Penumbra : Requiem vous en apprend davantage sur ce qui arrive à Philippe. Et forcément, on a envie d’en savoir plus après le scénario beaucoup plus intéressant de Black Plague. Malheureusement, la sauce ne prend pas (à part le ketchup qui traîne un peu partout bien sûr…) et nous force à penser que Frictional Games a fait une grosse erreur dans ce dernier opus qui restera avant tout une grande déception.

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Conclusion

Penumbra : Requiem est un troisième et dernier opus franchement dispensable, les deux premiers épisodes se suffisant à eux-mêmes. Intéressant uniquement si l’on veut absolument savoir ce qu’il advient du héros.

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