[TEST JV] « Penumbra : Overture » – Philippe ! Je sais où tu te caches !

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Si je vous dis Frictional Games, ça vous rappelle certainement quelque chose. Il faut dire que depuis la sortie d’Amnesia : The Dark Descent en 2010, le studio suédois s’est créé une fanbase assez solide. Mais le “Myst d’horreur” des scandinaves n’est pas leur coup d’essai. Une trilogie moins connue a débuté trois ans auparavant et n’a pas forcément connu le même succès que son illustre successeur. Penumbra est un peu resté en retrait, et peut être à juste titre…

Penumbra : Overture est le premier volet d’une trilogie vous faisant incarner Philippe, un physicien de 30 ans dont la mère vient de décéder. Il reçoit alors une lettre de son père qu’il n’a pas vu depuis des années et qu’il supposait mort. La lettre fait mention d’un livre que Philippe doit détruire. Bien évidemment, notre protagoniste va s’empresser de ne pas le faire, de l’ouvrir, et de partir tout droit au Groenland pour explorer la mine qui y est répertoriée, un an plus tard. Là-bas, les conditions atmosphériques le forcent à s’abriter dans la mine qui s’écroule derrière lui. Enfermé, il n’aura pas d’autre choix que de s’enfoncer plus profondément dans les cavernes. Il y trouve des extraits de journal d’un scientifique qui, lui aussi enfermé dans la mine, avait dû se nourrir d’araignées dont les toxines ont eu des effets non désirés sur lui. En parallèle, Philippe reçoit des messages radio d’un homme qui ne voudra être appelé que “Red” et qui lui donnera des indications pour se frayer un chemin jusqu’à lui. Le jeune physicien devra éviter les chiens possédés, araignées et autres vers géants pour s’enfoncer progressivement dans le complexe et découvrir la vérité sur Red, son père et cet endroit terrifiant.

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Penumbra : Overture propose un style de jeu bien particulier puisqu’il allie des caractéristiques du point & click, du jeu d’aventure et du survival-horror. Le jeu est en vue subjective et vous permet de ranger les objets que vous ramassez dans votre inventaire. Pour autant, vous devrez interagir manuellement avec beaucoup d’éléments du décor pour résoudre des énigmes, et ceci de manière relativement scriptée, faisant clairement penser à des mécaniques du point & click. Enfin, vous devrez survivre à des conditions de vie compliquées, en vous protégeant de vos ennemis (de trois types : les chiens possédés, les araignées malicieuses et les gros vers gloutons) et en les tuant à l’occasion, mais également parfois à des conditions atmosphériques extrêmes – il faut dire qu’il fait froid au pôle nord. C’est là la particularité de la saga Penumbra qui sera également utilisée dans Amnesia : un gameplay atypique, assez rigide mais qui a le mérite de proposer quelque chose de différent. Il faut cependant reconnaître que la formule connaît rapidement ses limites car répétitive et pénible, bien que relativement bien adaptée au jeu d’horreur.

Penumbra : Overture propose une ambiance assez oppressante dès le début du jeu plutôt minorée par des graphismes complètement en retard sur leur temps. Heureusement, la bande son permet au jeu d’avoir une véritable identité avec une angoisse régulière, les graphismes seuls peinant à véritablement faire leur effet sur le long terme. Le jeu n’est pas vraiment aidé par un scénario assez mitigé, et on aura vite tendance à se demander ce qu’on a à gagner de continuer l’aventure, si ce n’est la volonté de s’enfoncer toujours plus profondément. Le jeu est laid, le protagoniste muet, sauf lorsqu’il lit les extraits de journaux, l’IA complètement débile et méchante, à tel point que monter sur une boite pour tabasser un chien suffit à sécuriser une zone. Et c’est bien là l’un des plus gros soucis de Penumbra : Overture. Si vous décidez de tuer vos ennemis (et pourquoi ne le feriez-vous pas ?), vous allez vite oublier votre angoisse pour une série d’énigmes à résoudre sur fond de graphismes hideux. Il est clair que si l’ambiance ne vous transporte pas rapidement, vous aurez du mal à trouver votre compte dans Penumbra : Overture qui n’est, rappelons-le, que le premier opus d’une trilogie.

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Le jeu se finit plutôt rapidement – vous pouvez le plier en 3-4 heures. Oubliez les sauvegardes rapides, vous devrez interagir avec des objets mystiques servant de point de sauvegarde pour pouvoir souffler si l’angoisse est trop présente. Si la découverte d’une nouvelle zone apportera son lot d’incertitudes et de frayeurs, vous la maîtriserez rapidement et grâce aux cartes disposées au sein du jeu vous pourrez y naviguer plus facilement et décider de votre propre rythme : courir et éliminer les ennemis et les énigmes en mode brute force ou prendre son temps et éviter les ennemis pour plus de finesse. On aura tout de même tendance à choisir la première solution, les ennemis étant rébarbatifs. Ne vous méprenez pas, Penumbra : Overture proposera aussi des changements soudains de rythme et des twists dans son scénario. Mais la majorité de l’expérience de jeu se compose de larges zones à nettoyer en remplissant diverses énigmes et en éliminant ou enfermant des ennemis. Bref, un style de jeu pas forcément adapté à tout le monde.

Penumbra : Overture est bel et bien un jeu oppressant et une vraie nouveauté pour les jeux d’horreur. Malheureusement, le moteur limite largement l’expérience de jeu et vous forcera à faire de gros efforts pour véritablement apprécier vos quelques heures de jeu. Personnellement, je n’ai pas été conquis.

Penumbra : Overture
2.5

Conclusion

Penumbra : Overture est le premier jeu développé par Frictional Games et développe un système d’aventure / point & click / horreur qui ne portera véritablement ses fruits que trois ans plus tard dans Amnesia : The Dark Descent. Un jeu à faire si on aime le genre, à éviter sinon.

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