[TEST JV] « Limbo » – Ombre et lumière

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Les jeux vidéo indépendants ont la côte. Depuis les premiers gros succès que sont Braid ou Super Meat Boy (parmi beaucoup d’autres), ils se sont développés et ce dans tous les secteurs du jeu vidéo, mais en particulier dans le genre plate-forme / réflexion. Et pour ce qui est des jeux angoissants, un nom revient régulièrement. Un nom qui a le mérite de bien le situer dans le spectre vidéoludique par sa profondeur d’univers, d’ambiance et sa direction artistique. Je veux bien entendu parler de Limbo.

Limbo vous donne le contrôle d’un jeune garçon qui se réveille dans une forêt et dont la mission est plutôt obscure. Sans HUD, sans tutoriel, votre seule certitude, est que vous devez avancer vers la droite de votre écran dans cet univers en 2D. Qu’importe la raison. Jusque là, tout va bien. Mais le hic, c’est qu’en même temps que le personnage, vous venez de faire vos premiers pas dans un monde impitoyable. Limbo vous donnera des secondes chances, mais ne vous laissera pas pour autant échouer sur la moindre patte d’araignée. Vous aurez à braver tous les dangers qui se présenteront sur votre chemin, qu’il s’agisse de redoutables et terrifiants ennemis (l’araignée vous hantera particulièrement longtemps), d’énigmes à résoudre (parfois pas évidentes) ou de séquences de pure plate-forme. Et souvent, cette dernière phase sera sous pression, d’un élément du décor ou d’un ennemi. A la manière d’un die & retry, vous échouerez souvent jusqu’à saisir ce que le jeu attend de vous et vous passerez un bon moment à vous gratter la tête (ou à la retourner si vous avez changé la gravité) avant de trouver une solution à l’énigme.

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Limbo est une mécanique bien huilée qu’il vous faudra comprendre et apprivoiser pour vous frayer un chemin vers une fin inconnue. Et pour cela, vous n’aurez que vos bras et vos jambes pour courir, sauter et pousser ou activer des objets… Peu d’outils dans votre panoplie du petit aventurier, mais pas de panique. Effectivement, vous pourrez toujours trouver une réponse aux mécaniques proposées par le jeu, aussi nombreuses soient-elles : cordes, piège à ours, montée du niveau de l’eau, changement du sens de la gravité, électricité, … A vous d’observer ce que l’on vous a laissé sur votre chemin pour éviter de succomber une fois de plus. Il vous faudra également une bonne estimation des distances, de la vitesse et du momentum de votre personnage. Si l’on peut penser au premier abord que la tâche est ardue (et elle l’est, je vous rassure), le jeu se prend plutôt rapidement en main. Il vous faudra surtout vous habituer à chaque nouvelle mécanique lorsqu’elles sont introduites, en particulier les changements de gravité qui sont assez traîtres au début.

D’un point de vue ambiance, Limbo tire avant tout son épingle du jeu grâce à ses graphismes. Peu de jeux auront eu l’effet qu’a eu Limbo sur moi, et probablement sur un grand nombre de joueurs. Dès les premières secondes, on est comme absorbé par les nuances de noir et de blanc que le jeu propose, le tout ponctué d’un grain donnant au jeu un certain cachet. Le level design en profite lui aussi en nous surprenant par des ombres cachées, de petits indices ça et là qui nous indiquent un piège ou … une touffe d’herbe. La difficulté s’en ressent nécessairement, d’autant plus que le décor est utilisé très intelligemment. Mais ces nuances vous feront également vous arrêter devant votre écran face à la beauté d’un paysage, à l’arrière-plan en mouvement et à cette capacité à faire transpirer la mort et l’angoisse à tous les étages. Car au-delà des simples couleurs qui jouent beaucoup dans l’angoisse que vous ressentez, le décor entier est pensé pour vous faire ressentir un mélange de nostalgie et d’inquiétude. La nostalgie prendra nécessairement le pas si vous faites le jeu une seconde fois et elle sera accentuée par le grain des images. Recommencer Limbo, c’est un petit peu comme ouvrir un vieux livre qu’on n’avait pas lu depuis un moment mais dont on a de très bons souvenirs et pour lequel on a une certaine crainte.

Mais même lorsque vous êtes habitués au monde de Limbo, il est compliqué de ne pas ressentir une certaine angoisse. L’angoisse du déjà-vu et de la possibilité de retomber dans un piège qui vous avait été posé au début de votre aventure. L’angoisse d’échouer dans une longue phase de tension et de devoir tout recommencer depuis le début. Et cela est aussi permis par les multiples manières dont vous pouvez mourir et leur graphisme. Coupé en deux, transpercé, noyé, rien ne vous sera épargné. La mort fait partie à la fois de l’ambiance du jeu et de votre expérience de joueur. Ce sera probablement la chose que vous verrez le plus dans votre aventure, peut-être plus que votre personnage qui saute. Bon, probablement pas, parce qu’il vous faudra souvent sauter pour échapper à ce qui vous poursuit, mais Limbo s’assume comme un jeu complexe et intelligent.

Le scénario se profile tout au long de votre aventure en filigrane, dans la mesure où votre personnage ne parle pas. C’est une autre des forces de Limbo que de savoir transmettre une ambiance, un univers et une histoire par l’image seule. Et si cela ne vous suffit pas, vous aurez un nombre conséquent de secrets à trouver et pour lesquels vous devrez faire des détours. Encore une bonne raison de retourner dans l’univers sombre et pénétrant de Limbo. Pour 10 €, c’est un must du jeu de réflexion, d’angoisse et du jeu indépendant.

Limbo
4.5

Conclusion

Limbo est l’exemple parfait du jeu apparemment simple et minimaliste qui propose une quantité de défis et une ambiance fabuleuse. Avec un prix très abordable et une durée de vie plus qu’acceptable, le jeu parvient à nous tenir en haleine par des mécaniques complexes et diverses et une direction artistique impeccable. Un jeu qu’il faut avoir fait, si l’on apprécie le genre, et qu’il faut avoir vu dans le cas contraire.

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