[TEST JV] « Dino Crisis » – Resident Evil meets Jurassic Park

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On peut dire que Capcom a de la suite dans les idées. Suite à la réussite de la saga Resident Evil lancée en 1996, le studio nippon décide qu’il est temps de lancer une nouvelle licence. Surfant sur l’immense succès de Jurassic Park (1993), Capcom décide de sortir Dino Crisis sur Playstation en 1999, un Resident Evil à la sauce dinosaure. Et si le jeu n’est pas forcément resté dans toutes les mémoires, rapidement éclipsé par la licence mère, il arrivait avec une volonté de proposer quelque chose de neuf et pas simplement un Resident Dinosaur. Avec plus ou moins de succès – la licence a tout de même accueilli deux jeux supplémentaires, la demande étant plutôt importante pour un tel jeu.

L’histoire se déroule en 2012 sur une île (pas Isla Nublar, je vous rassure), trois ans après que le centre de recherche du docteur Edward Kirk a explosé. Vous faites partie d’un groupe de quatre soldats dont l’objectif est de rapatrier le docteur qui continuait ses recherches dans le plus grand des secrets. Le complexe semble désert et en particulièrement mauvais état. Mais vous vous rendez rapidement compte que la faune locale n’est pas des plus amicales, et que retrouver le docteur va se révéler beaucoup plus compliqué et dangereux que prévu. En effet, le laboratoire et ses alentours sont remplis de dinosaures (il y a même un T-Rex, c’est dire) qui ne vous laisseront que peu de possibilités de la jouer en finesse. Vous aurez donc à vous frayer un chemin à travers les hordes de dinosaures, au fin fond du labyrinthe que se révèle être le complexe pour enfin atteindre votre objectif et pouvoir partir sain et sauf de l’île. Mais évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu, et les dissensions dans le groupe tactique n’aideront en rien votre tâche…

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Autant le dire tout de suite : les mécaniques de jeu de Dino Crisis sont calquées en très grande partie sur la saga Resident Evil. Votre objectif est d’avancer dans des salles sélectionnées en résolvant des énigmes, tuant des dinosaures et récupérant des objets clés. Vous aurez évidemment à backtracker régulièrement, aidés de votre carte, surtout dans la mesure où vous aurez non pas une mais deux clés à trouver pour ouvrir chaque porte verrouillée. Il faut reconnaître que le système de jeu s’en trouve considérablement alourdi, celui-ci étant accompagné du même menuing que Resident Evil pour accéder à un inventaire restreint. Les énigmes sont souvent pénibles ou simplistes, mais vous retrouverez facilement le gameplay efficace du jeu de zombies et les quelques minutes d’adaptation nécessaire pour bien le maîtriser. On notera même un espace un peu plus grand pour se déplacer, ce qui a tendance à rendre les mouvements du personnage moins chaotiques et une progression plus aisée. Mais globalement, on reste très proche des aventures des S.T.A.R.S.

Une expérience qui rate, ça vous rappelle quelque chose ? C’est normal, la saga Resident Evil y fait régulièrement référence. Là encore, Capcom n’a pas spécialement sorti la grosse armada et s’est contenté de reprendre des bouts de scénario pré-établis. On aura souvent la sensation de jouer à un des opus de la saga de zombies où ces derniers auront troqué leurs dents et leurs ongles pour des griffes et des crocs. La faune n’est d’ailleurs pas extrêmement variée (on trouvera surtout des raptors et des ptérodactyles) mais remplit son travail : on tue des dinosaures, que demande le peuple ? L’IA est plutôt stupide et vous permettra de cartonner vos adversaires sans trop de problèmes même si vous devrez vous soigner de temps à autre. Et malgré l’utilisation du système de caméras de Resident Evil, le mouvement de bras de votre personnage trahit la présence ou non de dinosaures dans les angles morts (ces idiots sont toujours en train de dormir au sol, vous attendant paisiblement).

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Comme pour le reste du jeu, l’ambiance est également très proche de la saga de jeux de zombies. Vous pourrez régulièrement vous faire sauvagement attaquer par un raptor qui saute à travers une fenêtre ou un ptérodactyle qui vous porte dans les airs. Et (attention, spoiler d’un jeu qui a 16 ans), le combat final contre le T-Rex ne sera qu’épisodique en regard de la quantité d’autres dinosaures exterminés au cours de votre aventure. Le système de caméra joue beaucoup dans l’angoisse ressentie dans le jeu, ça, les points de sauvegarde rares et les munitions limitées. On aura régulièrement l’impression de traverser les mêmes salles, le choix d’un complexe scientifique ne laissant pas forcément la place à la plus grande des folies en ce qui concerne le design. Mais le vide de certaines salles aura tendance à nous faire encore davantage angoisser sur les salles à venir, certainement moins que contre des zombies, mais l’effet se fait ressentir, tout de même. On aura même le droit à quelques cutscenes aux petits oignons et à des incursions du T-Rex, teaser de la fin du jeu.

Vous l’aurez sans doute compris, j’écris ce test avec un peu d’amertume. Il faut reconnaître que refaire le jeu de nos jours le dénature et ne lui fait pas justice. Le système de déplacement était plutôt bon pour l’époque, la direction artistique peu inspirée mais soignée, la durée de vie tout à fait acceptable et si le scénario ne cassait pas des briques, il n’était pas non plus indigent. Dino Crisis n’est pas un jeu raté, loin de là. Mais on ne peut s’empêcher de voir chez Capcom un copier coller assez évident de leur licence à succès contre les ennemis “bankables” de l’époque. Et on peut imaginer, le cas où la saga Resident Evil voit le jour en 2015 et en 2018 Capcom sort Robot Crisis. Et le jeu aurait peut être du succès (oui, oui, vous avez bien lu, Robot Crisis).

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Conclusion

Dino Crisis est bien le Resident Evil de dinosaures qu’on pouvait attendre. Il est donc à la fois réussi et peu surprenant, à la fois fidèle à son époque et vieillissant assez mal. Mais il faut reconnaître qu’il a su se présenter au bon endroit au bon moment et laissera de bons souvenirs à ceux qui y ont joué. Des souvenirs qui doivent en rester, de peur d’être dégoûté.

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