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Slasher : Solstice, saison 3 – Critique

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Les habitants d’un immeuble ayant autrefois ignoré l’appel à l’aide de leur voisin vivent désormais sous la torture d’un tueur masqué… et d’Internet.

Un jour sans fin

20 Août 2018, une troisième saison de la série horrifique anthologique Slasher est annoncée. Après une saison 2 “Guilty Party” aux retours plutôt mitigés la faute à une pléthore de personnages et un ventre mou en plein milieu (la rédac’ a adoré, c’est à croire qu’on aime les ventres mous), la fête a repris de plus belle le 23 mai 2019 sur Netflix.

Ne passons pas par quatre chemins, Solstice est la meilleure saison de Slasher. Le défi est le même: comment adopter le concept du slasher au format sériel sans flirter avec l’ennui ? Aaron Martin a apparemment retenu la leçon. Plus de baisse de rythme, cette fois la trame temporelle dure le temps de 24 heures, toujours scindées en 8 épisodes de 45 minutes. Les meurtres se succèdent s’élevant parfois à plus de 3 morts par épisodes, “pas l’temps d’niaiser” est le credo adopté. Une dizaine de meurtres en si peu de temps, c’est effectivement le jour le plus long de l’année, surtout quand depuis le début de la série, les showrunners nous ont servis sur plateau d’argent des meurtres gores et originaux à gogo (indéniablement leur plus bel atout, toutes saisons confondues). Si cela est très satisfaisant pour nous spectateurs, ça l’est beaucoup moins pour les personnages.

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Marc-Emmanuel

Pleins de personnages et donc pleins de potentielles victimes nécessite qu’ils se démarquent les uns des autres. Aaron Martin l’a aussi compris (cette homme n’a toujours pas de page Wiki, mais que fait la police). Le hipster qui tient un café bio, l’asiatique geek, la professeur nympho, la bitch du lycée et on en passe, à première vue tout cela ressemble à un pot pourri des plus gros clichés du cinéma, mais cette impression s’estompe vite. Au contraire de la saison 2, aucun des personnages n’a cette étiquette de bouche trou collée sur le front, certes certains ont des rôles plus proéminents que d’autres, mais ils sont tous développés de si belles manières, ils ont tous une histoire touchante et/ou attachée aux préoccupations de notre époque.

Aucun jugement malsain n’est porté sur eux, que ce soit à l’égard du suprématiste blanc ou des couples homosexuels, bisexuels, trans-raciaux, personne n’est ni tout blanc ni tout noir. Comme d’habitude, les flashbacks qui amènent au dénouement se concentrent sur les personnages et sont toujours de bon sens. Le contexte de l’immeuble dans un quartier renforce cette idée du lien, ils vivent ensemble sans tous bien se connaître et même si chacun à ses à priori sur son voisin, ils ne sont pas si différents qu’ils le pensent. Slasher veut peser le pour et le contre des individualités et de la vie en communauté, alors l’analogie avec les réseaux sociaux est parfaitement logique.

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Chacun sa mort, mais la mort pour tous

La vengeance, souvent d’une justice coupée au couteau, a toujours été la motivation dans les slashers. Encore une fois, Aaron Martin s’amuse avec les codes. Il est difficile de ne pas ressentir de l’empathie envers qui se cache derrière le Druide tant les raisons de sa vendetta mortelle sont plus proches du valable que de la folie gratuite. Seven Deadly Sins, Guilty Party et maintenant Solstice, toutes ont cette thématique sous-jacente du péché, le tueur lui s’adonne d’une justice divine.

Tout spoiler gardé, la révélation de l’identité du Druide (le tueur de cette saison) et de la final girl sont des choix très osés et rafraîchissants pour le genre, voire à une plus grande échelle.

Le gros thème de cette saison c’est internet et ses réseaux sociaux. Scream de MTV (R.I.P.) avait déjà tenté de s’adapter à notre génération 2.0 sans grand succès (ça reste un guilty pleasure pour certains d’entre nous), Slasher le fait un peu mieux. Les vlogs, les communautés youtubiennes, Twitter, Tinder, même le True Crime dans une moindre mesure, tout y passe. Qu’on soit anonyme ou non, un danger et des répercutions s’impliquent. La liberté que nous prodigue internet nous aspire aussi à des bassesses parfois anodines parfois misérables. Justin Bridou Les réseaux sociaux virtuels créent des liens autant réels que factices selon l’attachement qu’on y apporte. Solstice n’apporte rien de nouveau sous le soleil à ces questionnements, si ce n’est une nouvelle opportunité de folie meurtrière.

Conclusion
Slasher : Solstice est tout simplement la meilleure saison, qui prouve encore que le genre horrifique est très malin. Cette série a encore de belles années devant elle.
4.5
Note du film

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