Scream Resurrection – Critique

VH1

Après deux ans de development hell, la série Scream revient pour une troisième saison, labellisée Scream Resurrection. Si l’idée est bonne sur le papier : on oublie les deux premières saisons, table rase de Brandon James, du côté MTV et de la pop culture; force est de constater que cette résurrection tient plus du rituel vaudou exercé par des lycéens ivres dans une cave que d’un rituel à la Marie Laveau.

On passera sous silence l’intro qui se veut “originale” et “innovante” mais qui n’est qu’une énième variation du début d’un Scream. On plongera directement dans la grande question de cette saison : Qui est Ghostface ? Pourquoi il tue ? Pourquoi ce masque ? Pourquoi la vie ? Pourquoi une saison 3 ?

L’avantage de cette saison 3 est d’avoir été raccourcie drastiquement puisqu’on ne nous propose que 6 épisodes de 41 minutes auquelles on retire 2 minutes de résumé et 3 minutes de générique de fin. On a donc une durée moyenne de 30 minutes par épisode avec le sentiment – déjà présent chez MTV – que cela se déroule en 15 minutes. On nous présente notre groupe de survivants – auto-proclamé The Deadfast Club – et déjà là, les clichés pullulent : on trouve, comme énoncé dans la magistrale séquence de la colle, le geek, le gay, la noire, le sportif, la goth et la Survival Girl. Autour d’eux gravitent des gens qui n’ont absolument aucun intérêt et aucune envie d’être là : parents, boyfriend, demi-frère, policier…

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On retrouve le message ô combien classique de Scream : les parents ne peuvent aider leurs enfants. Pendant ces 6 épisodes, on va assister à quelques meurtres (plutôt bien exécutés), quelques fausses pistes et surtout, un bon gros paquet de dialogues assez inutiles. Cela est dû au fait que dès le départ, nous connaissons l’identité de Ghostface. Si elle n’est pas dévoilée, elle est sous-entendu lors d’un dialogue et cela gâche franchement le reste de la saison. On attend l’ultime révélation en rigolant tellement la saison n’est qu’un amoncellement de clichés et de poncifs du genre. Cette saison ferait un excellent jeu de boisson soit dit en passant.

Le casting n’est pas en reste dans ce gloubi-boulga narratif. On notera la volonté de la production (MTV ? VH1 ? Robert de Los Angeles ? Ce n’est pas clair qui est responsable de cela) d’avoir voulu attirer les jeunes avec, excusez du peu, Paris Jackson (fille de), Tayler Posey (exfiltré de Teen Wolf), Tyga (un obscur rappeur lié à l’une des Kardashian) et Keke Palmer qui, après Scream Queens, développe un intérêt pour le sur-jeu et le kitsch. On pourrait sauver Mary J. Blige qui à un rôle assez inutile mais on préfère supposer qu’elle a perdu un pari avec Queen Latifah, productrice de ce deuxième reboot plutôt que de penser qu’elle a rejoint la série de son plein gré. Le reste de la distribution est composée de nobody qui sont dans un concours de mauvais jeu. La réalisation ne viendra pas sauver ce naufrage. Les couleurs sont ternes, grises, maussades. Il y a un côté années 90 dû au fait que le budget est parti dans les extensions capillaires de Keke Palmer. Aucune recherche visuelle, aucun effet de caméra, c’est plat et ça déroule de la pellicule pour rien. Les meurtres sont plutôt bons car simplistes au possible. On notera toutefois l’hommage à différents films de genre mais cela semble être le leitmotiv de cette saison.

4 ans après ses débuts sur MTV, Scream revient pour une troisième saison qu’on espère la dernière tant elle est vide, fade et insultante envers le travail de Wes Craven.

Conclusion
Si les deux premières saisons de la série TV Scream avaient leur intérêt, la troisième ne cherche ni à copier l'originale ni à s'en affranchir mais simplement à être un énième slasher. Le problème est que le manque de moyens, d'écriture et de casting solides transforme l'expérience en un calvaire dont même Ghostface n'arrive pas à se tirer. 
2
Note de la saison

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