Retour à Zombieland de Ruben Fleischer – Critique

© Sony Pictures Releasing France

Le chaos règne partout dans le pays, depuis la Maison Blanche jusqu’aux petites villes les plus reculées. Nos quatre tueurs doivent désormais affronter de nouvelles races de zombies qui ont évolué en dix ans et une poignée de rescapés humains. Mais ce sont les conflits propres à cette « famille » improvisée qui restent les plus difficiles à gérer…

Allociné

DOUBLE DOSE DE RECYCLAGE

Dire que la suite au cultissime premier film était attendue relève de l’euphémisme. Dix années se sont écoulées, et elles ne font que confirmer ce que l’on pouvait craindre: La fraîcheur, l’originalité, et l’humour ironisant sur le film de zombie sont des concepts que l’équipe du film a visiblement oublié en 2009, leur préférant ici une grossièreté et une lourdeur dont on se serait bien passé. Ne reste du film original que son casting déjanté, qui se prête au jeu avec, forcément, un peu moins de panache. Il y a bien une pointe de nostalgie à l’idée de retrouver cette petite famille recomposée dysfonctionnelle, mais il aurait été bon de prolonger, voir de casser, les thèmes et dynamiques établies, plutôt que de refaire une intrigue quasi-identique, qui fonctionne sur les mêmes gags et situations.

© Sony Pictures Releasing France

En gros, tout ici n’est qu’un prétexte à un retour à la case départ, sans trop savoir quoi raconter. Preuve en est, un pan entier du film ne mène finalement à rien, si ce n’est une séquence d’action, qui, même si elle est inspirée et solidement réalisée, ne donne qu’une amère sensation de remplissage, flinguant l’intérêt et le rythme d’une intrigue déjà bien mince. Pas question donc de voir les personnages évoluer, puisqu’on les retrouve tourmentés par les mêmes problématiques, résolues à l’identique. Pire, ils sont éclipsés par l’arrivée tonitruante d’une galerie imposante de nouveaux personnages humains, qui ne leur laisse que peu de temps pour exister, là où le premier trouvait sa force et son charme dans la solitude du groupe, forcé de créer des liens, faute de mieux. Si c’est quelque chose qui est rapidement évoqué par les personnages, le film a vite fait d’oublier tout ça, comblant son manque d’inspiration par des scènes d’action qui deviennent vite lassantes.

Seul petit rayon de soleil éclatant du film, au cœur de toutes les situations et gags les plus drôles de celui-ci (un peu sexiste et misogyne sur les bords, on va pas se mentir): Zoey Deutch, en roue libre totale, qui livre une prestation indescriptible dans un rôle de cruche complètement improbable. Et aussi douloureux que cette phrase puisse être à écrire, c’est malheureusement la seule actrice du casting qui a l’air de véritablement s’amuser et de s’investir, les autres ne faisant que répéter ce qu’ils ont l’habitude de faire. C’est, par conséquent, sans grand enthousiasme que l’on revient à Zombieland, comédie dépouillée de ses attraits pour s’engouffrer dans une paresse qui ne lui ressemble pas. Si on nous disait dans le premier film que les Twinkies ont une date de péremption, il est clair ici que celle des scénaristes, et de leurs idées, est largement dépassée.

Conclusion
Alors que l'on espérait une suite aussi inspirée que son prédécesseur, ce Retour à Zombieland ne laisse qu'une désagréable et amère sensation de déjà-vu, où l'humour ironique a laissé sa place à une potacherie paresseuse.
1.5
Note du film

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