Possession de Andrzej ŽuÍawski – Critique

Mark retourne chez lui à Berlin alors que sa femme, Anna, décide de le quitter. Il la soupçonne d’avoir un amant en la personne de Heinrich, un illuminé adepte du New Age. Mais celui-ci lui affirme qu’elle l’a aussi quitté pour un autre. Alors que les rapports de Mark avec sa femme deviennent de plus en plus tendus, il se rend compte que le nouvel amant de cette dernière n’est pas humain…

Quelque part à New York, un certain cinéaste en manque d’inspiration, se met à boire jusqu’à s’enivrer, tel un Martin Sheen dans une chambre d’hôtel à Saïgon, ce dernier s’empresse de finaliser l’un des scénarios les plus glauques de sa carrière, portant à l’écran l’un de ses films les plus marquants de sa génération, Andrzej Żuławski, scénariste et metteur en scène polonais vient récemment et par chance, de semer la “muraille d’acier” en Europe et se réfugie aux USA. Ennuyé par les autorités communistes, ce dernier, passé in extremis à l’Ouest, tente de finaliser son prochain film, une oeuvre charnière dans l’histoire du cinéaste. Devenu alcoolique, faisant face à une sévère dépression à la suite d’une séparation conjugale et d’un pénible divorce, Zulawski fait face à ses propres démons. Son histoire ? Toujours un peu plus près d’un mur sordide quelque part à Berlin, séparant le monde libre et l’oppression entre l’Ouest et l’Est, un couple se dévore, se déchire et s’entre-tue. D’un côté, Mark, un mari exigeant, souvent absent mais père adorable, incarné par un Sam Neill dont la carrière semble prometteuse, de l’autre, Anna, son épouse, s’enfonçant dans les pires rouages de la folie, incarnée par une Isabelle Adjani poussée dans ses derniers retranchements.

Tourné au début des années 1980, dans un Berlin sordide, marqué par une guerre froide qui s’enlise. Zulawski projette son histoire dans un sort de cauchemar éveillé, filmant au plus près une descente aux enfers, ou Anna et Mark ne semblent plus rien partager, si ce n’est que leur enfant. Souvent absente, Anna disparaît et réapparaît sans explications, Mark suspecte Anna d’avoir un amant. Découvrant le secret, cette dernière semble possédée, envoûtée par une créature tentaculaire et monstrueuse, Anna se montre suicidaire, agressive, elle n’hésite pas à tuer. L’horreur et le drame composent ensemble et où les personnages ne seront plus les mêmes. Zulawski va atteindre le pire des sommets pour mettre au monde l’un des films européens les plus sombres de ces dernières décennies

Récompensée au Festival de Cannes et ayant reçu le césar de la meilleure actrice pour ce film, l’actrice française Isabelle Adjani se transcende, entraînant son personnage dans l’un des pires des cauchemars, Adjani frise l’hystérie notamment lors d’une scène marquante dans un couloir de métro poisseux, l’actrice aura effectué l’une des performances qui l’auront beaucoup affecté selon ses quelques interviews au sujet du film, le réalisateur l’aurait poussé dans ses derniers retranchements… L’acteur néo-zélandais Sam Neill n’en était pas à son premier coup d’essai, cantonné dans des petits rôles dans les années 1970, sa performance est remarquée lorsqu’il incarne, la même année, le rôle de Damien Thorne adulte, dans la Malédiction Finale, il récidivera dans l’horreur avec L’antre de la folie de John Carpenter pour au final, jouer dans des blockbusters dont le plus connu reste jusqu’à ce jour la saga Jurassic Park.

Carlo Rambaldi, célèbre sculpteur et spécialiste des effets spéciaux pour le film s’était vu confier une lourde tâche en montrant à l’écran une étrange créature sordide, équipés de tentacules. Ses exploits auront d’ailleurs plus de reconnaissance pour le film E.T. L’extra-terrestre (1982) ou encore King Kong (1976) .

Incisif et tracassant, Possession est un long voyage ténébreux dans les abîmes, transcendant le genre, Zulawski nous entraîne dans son cauchemar, au pied d’un mur séparant deux mondes, l’enfer ne peut être que plus proche au travers d’un véritable chef d’oeuvre au mélange sulfureux de drame et de fantastique.

3.5
Note du film
Conclusion
Incisif et tracassant, Possession est un long voyage ténébreux dans les abîmes, transcendant le genre, Zulawski nous entraîne dans son cauchemar, au pied d'un mur séparant deux mondes, l'enfer ne peut être que plus proche au travers d'un véritable chef d'oeuvre au mélange sulfureux de drame et de fantastique.

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