Peur Bleue de Daniel Attias – Critique

© Paramount Pictures

L’histoire se déroule dans la petite ville de Tarker’s Mill (Maine) où vit la famille Coslaw. Jane, la fille aînée, a des rapports difficiles avec son jeune frère Marty qui est paraplégique Depuis quelque temps, des meurtres sanglants ont lieu dans les environs à chaque pleine-lune. Marty soupçonne un loup-garou d’en être la cause. Ayant assez de tous ces meurtres, une quarantaine d’hommes venant de la taverne décident alors de partir à la chasse au monstre une nuit de pleine lune dans la forêt. Plusieurs d’entre eux trouveront la mort cette nuit-là mais le monstre ne sera pas tué…

Seulement âgé de 25 ans et encore inconnu, le jeune Stephen King peine à terminer son premier roman. Il raconte les déboires d’une jeune adolescente, souffre-douleur de ses camarades de lycée, développant progressivement des pouvoirs de télékinésie. L’auteur est peu satisfait de ses écrits et finit par les jeter à la poubelle. Sa femme les découvre le lendemain, entièrement convaincue et certaine du talent de son mari, elle l’encourage à continuer à écrire et terminer son roman. Le mythe de Stephen King était né. Devenu célèbre écrivain, ses romans sont adaptés à tour de rôle par les plus grands cinéastes d’Hollywood. Auteur de nombreuses nouvelles et romans, c’est en 1983, quand il décide d’adapter en scénario l’une de ses nouvelles intitulée L’année du loup-garou, qu’ un film voit le jour la même année : Peur Bleue.

Nous sommes au milieu des années 1980, les films d’horreur prennent une place importante dans le cinéma américain, les écrits de Stephen King se portent très bien, certains films tirés de ses romans sont devenus cultes comme Carrie (1976) ou Shining (1980). À cette même époque, un certain producteur italien Dino De Laurentiis fait adapter au cinéma les romans de l’écrivain, de succès en échec en passant par des critiques mitigées, De Laurentiis s’associe à la Paramount et développe le prochain film tiré de l’auteur : Peur Bleue, ou comment Stephen King pense et raconte une histoire de loups-garous.

Peur Bleue (titre original : Silver Bullet) sort en 1985, alors qu’a la même époque, George Romero terrifiait toute une génération avec ses zombies délabrés dans Le Jour des morts-vivants et que d’autres réalisateurs comme Dan O’Bannon les parodiaient avec Le Retour des Morts-vivants, ou encore Stuart Gordon et ses expériences fauchées avec Re-Animator en passant par un cinquième chapitre de Vendredi 13 réalisé par Danny Steinmann, le projet du film s’avérait complexe, d’autant que les loups-garous au cinéma n’ont depuis, le début des années 1980, le vent en poupe, Daniel Attias revisite le mythe fantaisiste du lycanthrope, se démarquant au passage du cinéma conventionnel.

Un savant mélange au ton spielbergien, le film a des allures d‘E.T. L’extra-terrestre, dans une Amérique profonde et puritaine, le film se déroule dans la petite ville fictive de Tarker’s Mille, dans le Maine à la fin des années 1970. Une narratrice, qui n’est autre que Jane, la grande sœur de Marty, enfant paraplégique et rêveur, va se confronter à une terrible créature qui sème la terreur et la mort depuis quelque temps dans le coin. En effet, des meurtres sordides apparaissent dans la ville, un lycanthrope repend la terreur à chaque pleine-lune, enfoui dans la forêt environnante, les habitants de la petite ville, se constituant milice citoyenne et armés de fusils ne parviendront pas à traquer la bête, laissant derrière eux des morts. Marty, armé seulement d’une fusée d’artifice et tombant nez à nez avec la bête un peu plus tard, le blessera à l’œil, reste à savoir qui dans la ville, est à présent éborgné…

Parsemé d’ici et là de scènes sanglantes, la créature semble rappeler le Loup-Garou de Londres, réalisé par John Landis de 1981, ce dernier, renouait avec le mythe du lycanthrope en narrant les aventures sanglantes d’un jeune touriste américain semant la terreur dans les rues de Londres en se transformant à chaque pleine lune en loup-garou. Notons aussi la ressemblance avec Hurlements de Joe Dante et sorti aussi en 1981, où là encore, l’héroïne principale est confrontée à une horde de loups-garous dans un centre de repos à la campagne… Responsable des effets spéciaux pour ce film, Carlo Rambaldi, célèbre superviseur FX s’était déjà fait remarquer pour bon nombre de films cultes comme E.T. L’extra-terrestre (1982) Alien, le 8e passager (1979) King Kong (1976) ou encore Possession (1981)

Peur Bleue n’a pas eu le succès escompté à l’époque, se démarquant du genre classique de loups-garous et préférant s’attarder sur l’histoire personnelle de Marty (son handicap, sa passion pour la vitesse, ses amis, la relation avec sa sœur) mais aussi sur la petite ville de Tarker’s Mille, ou le shérif, débordé ne parvient pas à contenir la colère des habitants en quête de vengeance. Le film se veut avant tout, une métaphore de l’Amérique profonde avec ses craintes et sa violence. La trame du film semble faire écho à d’autres romans de l’écrivain, tout comme la ville de Derry dans le roman Ça, un fléau s’abat sur la ville, alors qu’à Derry, une mystérieuse entité terrifiante sous les traits d’un clown de cirque s’en prenait aux enfants, là, un mystérieux lycanthrope s’adonne au meurtre à chaque pleine lune, les victimes sont diverses : un travailleur des chemins de fer, une jeune femme suicidaire, un vieux jardinier alcoolique et un enfant.

Son réalisateur, Daniel Attias, dont ce film sera son unique expérience en tant que long-métrage, consacrera sa majeure partie à la réalisation d’épisodes de télévision comme Beverly Hills, Dr House, Entourage, Les Soprano ou encore The Walking Dead. Son scénariste, Stephen King, continuait dans sa lancée d’auteur de scénarios originaux comme il avait fait pour Creepshow (1982) film à sketchs coécrit avec George Romero, il réalisera son premier film l’année suivante avec Maximum Overdrive (1986) sans remporter de grands succès.

Intimiste aux airs d’aventures, Peur Bleue renoue avec le mythe du loup-garou au cinéma, renouant contact avec Stephen King et ses écrits horrifiques, quelque peu oublié ou passé sous silence depuis quelques décennies, cette adaptation de l’écrivain a le mérite de garder en haleine son spectateur et nous offre un des plus beaux spectacles de loups-garous rarement vu au cinéma.

Conclusion
Intimiste aux airs d'aventures, Peur Bleue renoue avec le mythe du loup-garou au cinéma, renouant contact avec Stephen King et ses écrits horrifiques, quelque peu oublié ou passé sous silence depuis quelques décennies, cette adaptation de l'écrivain a le mérite de garder en haleine son spectateur et nous offre un des plus beaux spectacles de loups-garous rarement vu au cinéma.
3.5
Note du film
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