Manhunt de Patrik Syversen – Critique

© Studio Canal

Dans les années 70, quatre amis partent pour une randonnée dans les montagnes. Sur la route, ils sont stoppés puis enlevés par un groupe d’hommes armés et cagoulés. Pris au piège dans la forêt, ils sont prêts à être utilisés pour une impitoyable chasse à l’homme…

Au début des années 1970, un certain jeune cinéaste inconnu peine à terminer son tout premier long-métrage, initialement, il s’agissait d’un film porno (l’essor des films X et érotiques était en plein boom à cette époque) le projet sera finalement un film d’horreur, gore, viscéral et ultra-réaliste, La Dernière Maison sur la Gauche se rangeait aux côtés des premiers films cultes du genre et Wes Craven entrait dans la légende… Quelques années après, un autre cinéaste de la même génération, fasciné par la vague hippie sous trip acide, entrait lui aussi dans la légende, originaire du Texas, le jeune Tobbe peine lui aussi à terminer son film : une production louche (appartenant à la mafia selon ses dires) un montage interminable, un budget bien dérisoire sans oublier des conditions de tournage chaotiques (Il fait chaud, très chaud au Texas…) et les odeurs pestilentielles sur le plateau de tournage (une maison délabrée abritant tout bonnement un ossuaire) allait donner du fil à retord à toute l’équipe technique et au réalisateur dont c’est sa deuxième expérience dans le cinéma : le résultat ne se fera plus attendre, Tobe Hooper signait là un chef-d’oeuvre emblématique du cinéma horrifique, explorant les pires recoins de son lieu de naissance, le Texas ou comment un Massacre à la Tronçonneuse de hippies des années 1970 allait traumatiser plus d’une génération.

Patrik Syversen, scénariste et réalisateur norvégien, va s’approprier sa propre “maison sur la gauche” et sa propre relecture de Massacre à la tronçonneuse, fortement inspiré des slashers et survivals des années 1970 à la sauce Craven/Romero/Hooper, il place son histoire dans les années 1970 et dans son pays d’origine : la Norvège. Dans ces contrées lointaines, forestières à perte de vue et quelque peu étranges, une petite bande de jeunes hippies norvégiens prennent la tangente à bord d’une camionnette en plein été 1974.Le film commence sur une bande-son célèbre chantée et écrite par l’auteur et acteur David Hess, Wait For The Rain déjà entendue dans l’introduction du film La Dernière maison sur la gauche de 1972. Après s’être arrêtés dans une auberge, ils s’aperçoivent que les locaux sont assez inquiétants, voire menaçants. Repartant à bord de leur camionnette en compagnie d’une jeune femme apeurée, ils vont croiser le chemin d’un trio de chasseurs locaux consacrant leurs temps à chasser du gibier en l’occurrence des touristes qui s’aventurent un peu trop près de leur terrain. La bande va devoir affronter des psychopathes, à coup de carabines, couteaux de chasses, arbalètes, pièges à loups et sévices sadiques. C’est le début d’une véritable hécatombe sanglante dans les bois.

Après avoir réalisé deux courts-métrages, Syversen signe là, un de ses premiers coups de maîtres avec au menu : un film terriblement violent et viscéralement gore. Pas de répit pour nos héros qui n’ont pas une seconde de répits, les personnages sont peu à peu décimés pendant que d’autres sont ligotés à des arbres, attendant leur sort… La caméra, constamment en mouvement offre un spectacle malsain, avec une image saturée à l’extrême avec une bande-son fracassante, un lieu des plus inquiétants au plein cœur d’une immense forêt, offrant aux spectateurs, une tension maximal constante et où les amateurs de gore trouveront leur bonheur.

Le film rend avant tout un hommage évident digne des premiers films de genre des années 1970. Si le film fait écho au chef-d’oeuvre de Tobe Hooper, il rappelle fortement aussi Délivrance (1972) de John Boorman ou encore et un peu plus proche dans le temps : Haute Tension (2003) d‘Alexandre Aja, Wolk Creek (2005) de Greg McLean ou encore Hostel (2005) d’Eli Roth. Si le scénario est simpliste et peu innovant, le film parvient audacieusement à y maintenir un cap horrifique extrême sans rentrer dans l’excès tout en ajustement parfaitement les meilleurs ingrédients d’un film de genre.

Manhunt (en suédois : “Rovdyr” signifiant “Prédateurs”) est un film audacieux, il fait partie de quelques films du cinéma de genre norvégien à avoir fait sensation, notons également le film Dead Snow (2009) , considéré comme l’un des plus célèbres et plus déjantés, narrant l’histoire d’un groupe de jeunes en haute montagne, harcelés et poursuivis par une unité de nazis zombies revenus à la vie suite à une malédiction, la trilogie Cold Prey (2006) ou là encore, une groupe de jeunes s’aventurent dans un hôtel infernal sans oublier le Found footage The Troll Hunter (2010) et bien d’autres films remarqués pour la plupart en festival, comme l’affiche l’indique, le film sera sélectionné au Festival de Gerardmer en 2009, ce qui lui vaudra une reconnaissance internationale.

Malsain, gore, terrifiant, Manhunt renoue avec le mythe du survival 70’s au pays des Fjörds, sans aller dans l’excès, le film ne s’éloigne jamais des codes du genre et rend un hommage honnête aux pionniers américains du cinéma de genre.

Manhunt de Patrik Syversen – Critique
Conclusion
Malsain, gore, terrifiant, Manhunt renoue avec le mythe du survival 70's au pays des Fjörds, sans aller dans l'excès, le film ne s'éloigne jamais des codes du genre et rend un hommage honnête aux pionniers américains du cinéma de genre.
3.5
Note du film

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