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Locke and Key – Critique

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Après le meurtre de leur père dans d’étranges circonstances, les frères et sœurs Locke emménagent avec leur mère à Keyhouse, leur maison ancestrale, où ils découvrent des clés magiques potentiellement liées à la mort de leur père.  Alors que les enfants Locke explorent les pouvoirs uniques de ces clés, un mystérieux démon s’éveille et ne reculera devant rien pour les leur voler.

L’incroyable série de comics Locke and Key, écrite par Joe Hill et illustrée par Gabriel Rodriguez, s’est bien battue pour arriver sur nos écrans, avec un projet de films avorté et plusieurs pilotes refusés. Il faut savoir que l’œuvre originale est un vrai challenge à adapter ; intensément noire et dérangeante, dotée d’un univers riche et terrifiant, elle fait partie de ces ovnis littéraires et graphiques dont on se doute que le passage à l’écran va forcément décevoir d’une manière ou d’une autre. Et la bande annonce annonçait déjà un gros virage par rapport aux comics, s’encrant plutôt dans la fantasy que dans l’horreur, mais comme on a envie d’y croire ici, on a regardé quand même. Verdict mitigé.

L’histoire de la famille Locke commence dans la violence avec la mort du père, absurde et traumatisante (encore une famille frappée par le deuil, décidément un gros thème ces dernières années dans le genre). Les survivants – sa femme Nina et leurs enfants Tyler, Kinsey et Bode – quittent Seattle pour la maison d’enfance du père, Key House. Rapidement, ils découvrent que la maison est bien plus qu’un énorme manoir mal chauffé puisqu’elle regorge de clés aux fonctions toutes plus extraordinaires les unes que les autres. En parallèle de ces découvertes, parfois merveilleuses, parfois terrifiantes, les personnages naviguent leurs traumatismes et leurs deuils respectifs face aux monstres de leur passé. Ah, et puis il se font emmerder par un démon, aussi. Locke and Key a été écrit par Joe Hill, le fils de Stephen King, et l’influence de ce dernier se ressent clairement ; plus on avance dans l’histoire et plus on plonge dans une horreur aussi surnaturelle qu’humaine, peuplée de monstres mais aussi de bon vieux gore qui tache. Joe Hill a travaillé sur la série, ce qui permettait d’espérer au moins un maintien du niveau de peur original.

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Malheureusement, cette critique n’est pas une critique du roman graphique, donc passons à la série. La première chose qu’on peut en dire, c’est que malheureusement, ce n’est pas de l’horreur. On est clairement plus proches de Narnia que de l’œuvre originale, et il est clair que la production a privilégié la création d’une série familiale à la préservation de l’atmosphère poisseuse et violente. La série ne s’ouvre pas sur la morte du père, mais sur l’annonce de celle-ci, qui nous est finalement montrée dans un flash back édulcoré et sans saveur. On perd beaucoup de l’identité forte de l’univers de Locke and Key en perdant sa noirceur, pour finalement arriver à une série qui rappelle un peu The Umbrella Academy, un peu Harry Potter, un peu Stranger Things, et au final pas grand chose.

Autre problème, le monde des clés est assez peu exploité au final – question de budget ? – et si certaines scènes présentent des idées visuelles intéressantes, on reste vraiment sur notre faim pour ce qui est du côté surnaturel de l’univers, surtout comparé au graphisme extrêmement riche de Gabriel Rodriguez. Pour les lecteurs des comics, la trame narrative peut perturber, puisqu’elle saute entre les trois premiers albums et des évènements bien plus lointains dans l’intrigue, qui du coup tombent parfois à plat. Pour ceux qui ne les ont pas lu, on sentira tout de même qu’on reste en surface de quelque chose de beaucoup plus riche. Certains évènements semblent précipités, et certains personnages un peu plats, ce qui est dommage sachant que le format série aurait permis de beaucoup plus les développer eux ainsi que la complexité de leurs relations.

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Pour autant tout n’est pas à jeter, et la performance des acteurs est surtout à signaler, notamment Jackson Robert Scott dans le rôle de Bode et Emilia Jones dans celui de Kinsey. Celle-ci trouve une place beaucoup plus centrale que dans les comics, ce qui fait d’elle le personnage le plus travaillé, appuyé par une performance touchante et nuancée. Par ailleurs, la série trouve quand même moyen de développer une histoire suffisamment mystérieuse et intéressante pour qu’on ait envie de continuer. Les plans sont jolis, les décors sympas (Key House est assez magnifique). Le mystère entourant la famille Locke est assez bien mené, et ce jusqu’à la fin, apportant de nouvelles surprises à chaque épisode. Le seul problème, c’est que, ben c’est pas de l’horreur. Ça ne posera pas de souci à la majorité du public, mais si vous avez lu et aimé les comics et/ou que vous êtes sur ce site, c’est qu’à priori ça a une certaine importance pour vous.

Alors pourquoi parler ici de Locke and Key ? Déjà, parce que ça fait toujours plaisir de conseiller les comics. Ensuite, parce que la série est une bonne série à gentils frissons à regarder avec son petit frère, ses petits cousins ou ce/cette pote qui ne fait que nous dire « ah mais comment tu fais pour regarder des films d’horreur, moi je dors jamais après, je pourrais pas m’infliger ça ». Pour eux, il y a Locke and Key sur Netflix. Et pour nous – au cas où ça n’aurait pas été assez dit – il reste les comics.

Locke and Key – Critique
Conclusion
Locke and Key est une bonne porte d'entrée pour vos potes avec qui vous n'avez jamais rien en commun à regarder, et reste une bonne série à suspense, mais sans jamais retrouver le vrai caractère horrifique de l'original.
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