Le gore musical : 3 courts-métrages mêlant genre et metal

C’est bien connu, faire un clip un tant soit peu original et professionnel demande beaucoup de moyen. Qu’il s’agisse d’argent, de logistique ou tout simplement de talent. Bons nombres d’artistes et de producteurs se sont cassés les dents en tentant de relever le pari de faire un clip en se démarquant du régime habituel.

Alors ici, exit les grosses bagnoles, les billets verts et les groupes jouant face-cam dans un squat tout miteux, on va parler d’horreur et vous l’aurez compris, de musique, en passant au crible trois groupes ayant réussis à sortir du lot grâce à une direction artistique fortement réussie. Et oui cher lecteur, aujourd’hui on ne parlera pas de clip à proprement parler, mais carrément de courts-métrages, crées autour de deux passions, le cinéma et le metal.

Here come the ninja :

Vous aimez les années 80 ? Ou dans le cas présent, aimez-vous en rire ? Car eux oui et quand je dis eux, je parle de Twelve Foot Ninja qui nous offre ici 9 minutes ininterrompue de parodie grotesque, mais moins conne qu’elle en à l’air, de pur slasher. Le quintet (Oui, j’ai appris ce mot en écrivant cette chronique, un problème ?) australien, biberonné à la culture geek et au cinéma de genre, se moque ici de cette magnifique époque.

Cette même époque où Leatherface, Freddy Krueger ou encore Chantal Goya se côtoyaient et où la coupe mulet faisait de vous le roi du samedi soir. Force est d’admettre, que certains films, bien que mythiques, ont vieilli, révélant leurs ficelles et leurs tares aux nouvelles générations. Le scénario de ce court-métrage, se permet même de nous offrir un petit twist des familles, la grande mode à l’époque. C’est sur l’album Outlier (2016) que se trouve ce morceau, qui clairement, n’a pas volé sa place ici.

Est-ce que c’est toi John Wayne, ou est-ce que c’est moi ?

Ce court est à l’opposé total du précédent. Froid, frontal et emprunt d’un nihilisme le plus total. Voici la vision du groupe de Death Metal Job For A Cowboy des écrits de H.P. Lovecraft. Le tout shooté par le clippeur/documentariste Michael Panduro, qui nous a, par la suite, pondu le très bon Nasum : Blasting Shit To Bits, documentaire sur le groupe de grindcore Nasum lors du dernier concert de leur carrière.

En somme un petit réalisateur, modeste, mais montrant ici son savoir-faire, par le biais d’une direction artistique ultra minimaliste, mais non dénuée d’effort, comme le montre ce dernier plan sur la plage. Ce fameux plan, est à l’image de notre monde, beau, mais aussi cruel et violent. Un hommage à toutes ces fresques filmiques intemporelles, nous offrant peu de réponses, mais laissant suffisamment de cartes en main au spectateur pour qu’il puisse se faire sa propre idée de ce qu’il vient de voir.

Si c’est une suite, les règles ne changent pas, mais si c’est une trilogie…

Et oui, fait rare de nos jours, les trilogies dans l’univers des clips existent bel et bien. Malheureusement c’est très souvent raté (je pense notamment aux récentes trilogies Jul/PNL ). De plus, confier la barre à B.J. McDonnell, chef opérateur sur de très nombreux films, pouvait sembler être un pari risqué quand on sait que sa seule réalisation, Hatchet III, est très loin d’être un chef-d’œuvre. Pourtant, les pionniers du Thrash Metal purement ricain, Slayer, ont fait appel à lui et quelle idée de grand malade !

À l’aube de la sortie de leur douzième album, Nuclear Blast (le label chez qui Slayer à signé pour cet album) à proposé l’idée de faire, non pas un, non pas quatre-vingt-douze, mais bel et bien 3 clips, liés entre eux par un fil conducteur. Tom Araya (Frontman, et accessoirement le rôle typique pour jouer dans un reboot de Silent Night, Deadly Night), avec l’aide Kerry King, a posé son véto sur B.J. McDonnell.

Quoi qu’on pense de ce réalisateur, il livre ici une histoire qui, certes tient sur un timbre-poste qu’on aurait déchiré en quatre, mais aussi qui défoule. On a droit ici, à une violente histoire de vengeance, très bien mise en scène, très bien chorégraphiée, avec en prime des SFX à l’ancienne, entre autres dirigés par Jason Trost, qui campe ici le rôle principal.

Le choc des titans

Et côté casting, c’est la grosse claque se déposant sur votre nuque avec la finesse d’un éléphant, un éléphant qui aurait bien évidemment tapé énormément de cocaïne. On retrouve notre restaurateur de tapas préféré Danny Trejo (Vu entre autre dans Machete, Une nuit en enfer, ou encore Hidden, où Trejo campe le rôle d’un prisonnier, et dans Maniac Cop 2, où il joue encore un taulard). Ce bon vieux Bill Moseley (Notre Chop-Top national). Tyler Mane (Le Michaël Myers, dans les deux films de Rob Zombie, mais qui restera toujours à mes yeux Hardcore, dans How To Make A Monster). Derek Mears (qui joue Jason Voorhes, dans le remake de Vendredi 13, film dont la nullité ravive des souvenirs douloureux). Sean Whalen (Le jeune Cafard, c’est son nom, pas un insulte, dans Le Sous-Sol De La peur de Wes Craven, ou encore dans La Main Qui Tue, film très con, mais qui, personnellement, me tue à chaque visionnage). ou même un sosie de Stéphane Bern (que je vous met au défi de trouver). Maintenant, il vous reste à choisir l’ordre de visionnage de ces trois parties, celui que je ne saurais trop vous conseiller, est le suivant :

3 clips, 3 visions du cinéma de genre et de ses codes :

Nous avons ici trois exemples extrêmement distincts des différentes manières de traiter le cinéma, quand bien même j’aurais pu en trouver d’autres, ceux-là, pour leurs différences, m’ont paru complémentaires. Alors, vous n’avez plus qu’à sortir le pop-corn, vous munir de votre meilleure paire d’enceintes, allumer votre rétroprojecteur, et passer les 40 prochaines minutes à mater ce déluge de travail. Un bel hommage au cinéma au que l’on aime, que ce soit purement horrifique, bis, gore, ou encore, décalé.

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