Ju-On : Origins Saison 1 – Critique

Un chasseur de phénomènes paranormaux cherche désespérément une maison maudite où une mère et son enfant ont été les victimes d’un drame il y a bien longtemps.

Après 12 films sur deux continents (sept au Japon et 4 aux US), la série The Grudge a perdu de sa superbe. Fini les maisons hantées et les démons pour faire de la place aux jumpscares, aux réalisation vides et au néant scénaristique (tout est résumé ). Il fallait donc redorer le blason de la saga lancée en 2002 par Takashi Shimizu. Pour ce faire, on remballe les cheveux gras, les yeux de crapaud et les hurlements numériques et on retourne à la maison où tout a commencé, celle des origines…

Première série horrifique japonaise de Netflix, Ju-On : Origins surprendra par sa structure puisqu’il s’agit de 6 épisodes de 30 minutes. Une structure courte, ramassée au montage nerveux qui se recentre sur l’élément absent de la plupart des films de genre des dernières années : l’atmosphère. Les fans de yūrei (fantômes japonais) et de massacres resteront sur leur faim tant la terreur graphique est peu présente dans cette saison. Les esprits feront quelques apparitions bien amenées et assez tordus mais le travail d’écriture s’est porté sur la maison et non ses occupants.

Takashi Shimizu étant occupé à finir son Howling Village, l’écriture a été assurée par Takashige Ichise (qui a produit les précédents films et connait donc la bête) et Hiroshi Takahashi (qui a écrit les Ring). On assiste à un véritable retour aux sources en suivant différentes victimes aux prises avec la maison. Car c’est elle la véritable star des épisodes. Une maison à la fois classique et moderne qui semble être un personnage central et vivant qui va piéger ses occupants. C’est sur ce point que la série surprend le plus. Le spectateur a l’impression de voir les premiers The Grudge avec un retour à la Japan-Horror des années 2000. Oubliez jumpscare, filtres dégueux et scénarii torchés au napalm, ici, il n’est question que de pousser l’humain dans ses derniers retranchements.

La série ne ment pas dans son titre et entend revenir sur les lieux du premier film, là où tout a commencé. On notera quelques références aux différents opus mais surtout un tacle aux dernières productions marketées à grands coups de “basé sur des faits réels“. Si les premières minutes du premier épisode le laissent penser, on comprend rapidement que les auteurs ont voulu rappeler au monde ce qu’est le genre horrifique nippon. Tout apparaît naturel, le décor devient anxiogène au possible et les personnages se retrouvent rapidement prisonniers de l’élément urbain.

L’aspect psychologique de la saga est aussi remis en avant. La maison étant le personnage principal de la série, elle apparaît comme une sorte de juge témoin d’exactions humaines. On va évoquer le couple, la violence, les menaces le tout accompagné de morts violentes, de viols et autres éléments qui renforcent la psychologie de la série. La violence est donc verbale en majorité mais deviendra physique par moments, moments qui surgiront sans aucune annonce pour terroriser au mieux.

La série risque donc de dérouter les fans d’horreur actuelle tant celle de Ju-On : Origins semble datée et d’un autre temps. La multiplication des personnages rend l’intrigue complexe et parfois confuse mais au fur et à mesure, tous vont se retrouver notamment via un personnage intriguant. L’un des derniers points forts de la série est d’avoir laissé Kayako en paix et d’introduire de nouveaux esprits. Cela permet de détacher la série du reste de la franchise et aussi de sortir des codes classiques du film de fantômes.

Ju-On : Origins est donc un véritable retour aux sources qui ravira les fans des premiers films des années 2000 mais risque de perdre ceux formatés aux derniers efforts insipides des studios de genre.

Ju-On : Origins Saison 1 – Critique
Conclusion
Ju-On : Origins est une véritable résurrection de cette franchise usée jusqu'à l'os. Sous couvert de s'inspirer de faits réels, elle revient au-coeur de la Japan-Horror des années 2000 et prouve qu'on peut encore terroriser sans jumpscare et autres artifices.
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