[JEUX-VIDEO] Tout sur le Survival Horror – Partie 1

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“Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abîme, l’abîme te regarde aussi. “

-Nietzsche-

Jeune média, le jeu vidéo n’a eu de cesse d’évoluer, éprouvant des techniques acquises et en en créant au fur et à mesure que les puissances de nos machines évoluaient avec le temps. Pourtant, et même si le genre a aussi connu des évolutions qui ont marqué le monde vidéo ludique, le survival horror lui, a conservé de nombreuses mécaniques qu’il a su en fin de compte embellir avec le temps. Voici un dossier qui retracera la vie du genre, un voyage en plusieurs tomes qui n’aura comme fin que l’horreur.

Avant toute chose, il me semble essentiel de revenir sur la définition du genre, qui n’en est pas un en réalité. Le survival horror est avant tout un sous-genre, celui de l’action-aventure vous mettant au contrôle, bien souvent, d’un personnage ordinaire qui, par sa fragilité met le joueur dans un sentiment de peur constante. Aussi, ne vous attendez pas à trouver des armes de destruction massive, ici elles seront très rares, voire introuvables, poussant le joueur à jongler avec des armes de poing et souvent obligé de jouer avec une visée des plus approximatives… Oui le survival n’a aucune pitié, mais c’est pour mieux vous obliger à être attentionné, votre héros n’a qu’une vie et la mort est bien souvent synonyme de retour en arrière… Le survival horror se démarque aussi par ses phases, enchaînant action avec résolution d’énigmes plus ou moins difficiles. Nous ne tuons pas pour juste tuer, nous survivons et donc il n’y a pas forcément plaisir, l’adrénaline prenant le pas sur l’aspect jouissif d’un headshot et mettant notre cerveau à contribution pour nous sortir du faux pas que nous aurions pu faire. Bon j’avoue que le genre a beaucoup évolué et que l’action a pris une part très importante dans le sous genre mais nous n’en sommes pas encore à ce point, ce dossier débutant par le commencement, les années 80. Bienvenue dans ce dossier qui je l’espère vous en apprendra un peu plus sur le survival horror.

Survival Horror 00
Venez avec nous vers une destination où personne ne vous entendra crier.
  • 1ère partie : la genèse :

Si je voulais être tatillon, je ne débuterai pas notre dossier avec les années 80 mais avec Howard Phillips Lovecraft qui, s’il n’a pas créé l’horreur, a largement contribué au code du genre, magnifiant l’horreur, la peur et le mysticisme, plongeant le lecteur dans une ambiance bien souvent malsaine et oppressante, cette ouverture tirée de L’appel de Cthulhu – I L’Horreur d’Argile met de suite dans le bain :

«Ce qu’il y a de plus pitoyable au monde, c’est, je crois, l’incapacité de l’esprit humain à relier tout ce qu’il renferme. Nous vivons sur une île placide d’ignorance, environnée de noirs océans d’infinitude que nous n’avons pas été destinés à parcourir bien loin. Les sciences, chacune s’évertuant dans sa propre direction, nous ont jusqu’à présent peu nui. Un jour, cependant, la coordination des connaissances éparses nous ouvrira des perspectives si terrifiantes sur le réel et sur l’effroyable position que nous y occupons qu’il nous restera plus qu’à sombrer dans la folie devant cette révélation ou fuir cette lumière mortelle pour nous réfugier dans la paix et la sécurité d’un nouvel obscurantisme. »

Haunted_House 00     Monster Bash 01

Toutefois, je ne vais pas trop m’attarder sur ce grand écrivain que je ne peux que vous invitez à lire. Non, ici c’est de jeux-vidéo que nous parlons et c’est en 1981 ou 1982, les avis divergent sur ce point, que notre périple débute avec Haunted House qui a marqué son époque et surtout mis en place des éléments que nous retrouvons toujours dans les survival horror de notre époque. En effet, en plus de nous offrir un bestiaire qui emprunte au genre, chauve-souris, fantômes et araignées, le jeu d’Atari Inc. et plus particulièrement de James Andreasen va mettre en place un gameplay qui ne fera pas de vous un super héros, mais une personne lambda bloquée dans une maison hantée et où la fuite est votre meilleure arme. Aussi, et au contraire de nombreux jeux de l’époque, vous faire toucher n’occasionnera pas la mort instantanée, 9 coups étant nécessaires pour que vous passiez de vie à trépas. Plutôt basique dans la forme, le jeu vous plonge dans le noir total et une lampe vous illuminant ne sera pas de trop pour trouver les trois objets de l’aventure qui vous permettront de sortir de cette maison aux prises avec les forces du mal. Tuer n’était pas une fin en soi, survivre l’était. Pourtant 1981 n’est pas que l’année de Haunted House, Bandai et SEGA n’hésitant pas à mettre sur le marché deux jeux sur 2 plates-forme différentes. L’un sur une machine portable du type Game &  Watch alimentée par l’énergie solaire et l’autre sur arcade plongée dans les salles sombres qui peu à peu disparaissent, à mon grand regret… Aussi, et n’étant pas le sujet, je préfère revenir à mes moutons et surtout Terror House (Bandai) et Monster Bash (SEGA). A vrai dire, les 2 softs ne sont pas des survivals mais prennent plutôt dans le bestiaire fantastique avec des personnages comme le monstre de Frankenstein, Dracula ou encore le Loup Garou. Tout cela note qu’en fin de compte, et s’il était un échappatoire à la télé, c’est sur les mêmes traces que le sous-genre c’est émancipé à l’image d’un Nosferatu, par exemple.

Beast 01     Infernal Runner 01

Il serait facile à ce stade de ne faire qu’un bon pour aller directement à Shiryou Sensen: War of the Dead sorti en 1987 sur MSX2, machine obscure du soleil levant et très peu connue sous nos contrées, et qui pour beaucoup est le premier vrai survival horror à avoir vu le jour. Néanmoins, et vu que la facilité n’a jamais été mon fort et que l’adage : «qui peut le plus peut le moins » ne fait pas parti de mes principes, je vais encore vous plonger dans la première partie des années 80, quelques titres me semblant essentiels et sortis sur DOS. Prenons par exemple Beast, sorti en 1984 et créé par Dan Baker. Beaucoup à la vue des images ne comprendront pas et pourtant, oui pourtant, le côté stratégique du jeu, vous obligeant à réfléchir, force le joueur à prendre son temps, à ne pas foncer tête baissée. Encore une fois, le mental est bien plus important que la force brute et tel un Sokoban, il faut pousser des blocs pour emprisonner son ennemi, le monstre, pour enfin le tuer. Simple, efficace mais pourtant tant stressant, l’ennemi pouvant jouer avec les diagonales au contraire de vous qui ne pouvait qu’aller en haut, en bas, à gauche et à droite. Pas forcément survival mais en en prenant tant de codes. L’horreur peut aussi prendre un autre visage avec un Infernal Runner qui ne vous confrontera pas avec monstres, ennemis, zombies ou autre bestiaires torturés. Non, ici c’est le lieu même qui devient votre pire ennemi ! Sorti en 1985 sur Commodore 64 et Amstrad CPC (adapté librement par Eric Chahi), Infernal Runner est considéré comme le premier jeu gore de l’histoire, les pièges vous offrant une mort sanglante et sans retour possible. De plus, et pour rajouter un peu au sous genre, la faim devient aussi votre ennemi, vous poussant à faire attention à votre nutrition, oui, il n’a pas fallu attendre le 21ème siècle pour voir apparaître ce genre de chose, le jeu Sapiens utilisant la même chose et lui aussi développé par Loriciels un an plus tard. Cette façon de gérer son environnement apportera beaucoup par la suite au survival. Pour ne rien retirer et une nouvelle fois faire en sorte de se raccrocher au survival horror, vous devrez ramasser les divers objets posés ici et là dans les différents tableaux et n’allez pas penser que c’est anodin, sans cela, pas de survie.

Castlevania 01     splatterhouse 01

Les années passent, quelques jeux sortent mais rien ne vient bouleverser le genre et il faudra attendre deux jeux sortis respectivement en 1986 et 1988. Le premier n’est autre que le célèbre Castlevania de Konami et le second, le tout aussi célèbre Splatterhouse de Namco. Ici le survival est totalement effacé pour de l’action pur ne laissant que peu de place à la réflexion. On avance, on tue, on avance, on tue, basique mais tellement jouissif. Alors pourquoi ces deux titres dans ce dossier, tout simplement car ils mettent en avant un bestiaire terriblement influencé par, pour le premier, les films d’horreur, et le second, des monstres torturés, gores et gênants au possible ! D’ailleurs le second nous met aux mains d’un (anti) héros qui reprend les traits de Jason Voorhees. Anecdote en passant, il se dirait que les développeurs de chez Namco se serait inspirés du célèbre Boogeyman après que les producteurs du film n’aient pas donné les droits au développeur japonais. Déjà à l’époque, tout cela n’était qu’une histoire de gros sous. Toujours est-il que Splatterhouse, avec son ambiance très glauque, est l’un des premiers jeux à avoir une interdiction de moins de 16 ans. Normal me direz-vous lorsque l’on affiche corps démembrés, boss satanique (l’un des boss est un crucifix retourné) et des mises à mort violentes. Oui, Splatterhouse n’était pas un survival horror mais l’ambiance malsaine se dégageant du titre a beaucoup marqué les esprits et reste un jeu à essayer au contraire de Vendredi 13 (Friday the 13th) sorti en 1985 sur NES, qui lui est un vrai survival, mais au combien mauvais et extrêmement dur, et ce, même pour l’époque…

Shiryou Sensen 01
Un écran d’accueil qui met de suite dans le bain.

Shiryou Sensen 02     Shiryou Sensen 03

Pourtant notre périple ne s’arrête pas ici pour la première partie consacrée au survival horror. Vous vous souvenez, il y a deux paragraphes de Shiryou Sensen : War of the Dead ? Connaissez-vous au moins le jeu vidéo ? Non ? Laissez moi vous guider alors ! Nous sommes en 1987 et le terme Survival Horror n’a pas encore été créé, néanmoins se profile à l’horizon l’arrivée d’un jeu développé par Victor Music Indutries. Anodin me direz-vous mais pas du tout, Shiryou Sensen est considéré comme le premier titre du sous genre et si l’histoire n’a pas retenu ce titre sorti sur l’obscure MSX2 c’est certainement car le jeu de Victor n’a jamais dépassé les frontières du Soleil-Levant hormis pour ceux s’adonnant au marché de l’import. L’histoire se veut très simple mais a t-elle réellement tant changé que ça mis à part dans la mise en scène ? L’histoire tourne autour d’une jeune femme membre du SWAT qui devra sauver les habitants d’un village isolé, confrontée à des monstres ne voulant qu’une  chose, non pas conquérir le monde, mais tout simplement les bouffer. Un monstre ça n’a pas non plus mille et une raisons pour exister, et si vous vous sentez l’âme d’aider ces pauvres villageois, vous devrez les ramener dans une église, seul lieu qui saura les préserver du mal. Oui, le personnage principal sait faire preuve de compassion et d’altruisme, vérité qui se confirmera dans tout bon survival horror qui se respecte, même dans la plus terrible des situations. Nous aidons notre prochain, quitte à se faire tuer dans d’atroces souffrances. Si l’histoire met dans le bain, c’est le système de jeu qui se montre intéressant. Avec un monde ouvert à la Final Fantasy, ou Dragon Quest, et un système de combat en temps réel, à l’image de Zelda II : The Adventure of Link, le titre édité par Fun Factory devient, en utilisant le bestiaire approprié, le jeu qui donnera ses lettres de noblesses au survival horror, et ce même si les développeurs n’en ont pas conscience et encore moins les joueurs qui s’essayeront à ce Shiryou Sensen : The War of the Dead !

Sweet Home
Oserez-vous entrouvrir la porte ?

Ainsi se conclut cette première partie sur le survival horror et déjà nous pouvons prendre la mesure des avancées qui séparent Haunted House en 1981 et Shiryou Sensen en 1987. Après avoir survécu à des fantômes, combattu des monstres tout droit sortis de film aujourd’hui des classiques, échapper à un lieu rempli de pièges ou encore sauver la veuve et l’orphelin dans une terre envahie par la vermine, il est temps pour nous de prendre l’air, de quitter les verts pâturages pourris par la mort pour venir se calmer dans un endroit paisible, un endroit où il fait bon vivre, où la vie est plus présente que l’odeur de la chair en putréfaction. Néanmoins, le soleil se cache, peu à peu. Notre groupe, surpris et sans moyen de se protéger de la pluie qui se profile à l’horizon aperçoit au loin une maison. Sans même réfléchir,bt’ nous poussons les grilles et nous enfonçons dans le hall d’entrée, la porte se referme, piégés et dans l’incapacité de sortir, il ne nous reste plus qu’une solution, ouvrir la porte vers une nouvelle décennie qui débutera avec un jeu Capcom qui par bien des points a marqué l’histoire du jeu vidéo !

Sources : Myabandonware ; Survivalgame ; Wikipédia ;

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