In The Tall Grass de Vincenzo Natali – Critique

Un frère et sa sœur s’aventurent dans un champ d’herbes hautes pour porter secours à un enfant perdu, mais découvrent qu’il n’est peut-être pas possible d’en sortir.

Sur le papier, In The Tall Grass a tout pour plaire. La nouvelle originale de Stephen King et Joe Hill (son fils, qui a écrit la merveilleuse série de romans graphiques Locke and Key) est ce que le maître de l’horreur sait faire de mieux : un élément banal devenu hostile et glaçant et surtout une noirceur résolue et impossible à vaincre. L’idée de base tient en une phrase : un frère et une sœur entendent des appels au secours dans un champ d’herbes hautes, y entrent et n’en sortent pas. On ne s’est jamais sentis aussi claustrophobes dans un grand espace vert, c’est l’enfer. Voilà pour l’histoire. L’adaptation Netflix de Vincenzo Natali nous offre un casting largement peuplé d’inconnus à l’exception de Patrick Wilson – agaçant – et se lance dans l’ambitieux projet de nous faire peur avec de l’herbe, un gros caillou, et des effets spéciaux à en vomir son quatre-heures.  

Le premier acte nous tient assez facilement en haleine, avec la montée en panique graduelle des deux personnages principaux et la découverte des lois tordues du champ dans lequel ils se trouvent coincés. Malheureusement, plus l’intrigue avance et plus on tourne en rond – littéralement – et la tension retombe comme un soufflé. Le film se débat dans sa propre idée pour en faire quelque chose qui tient sur la distance, sans succès. Les personnages sont sans saveurs et, sans spoiler, certaines « révélations » sur leurs relations n’ont aucun sens. On a du mal à se sentir assez investis pour continuer.

© Netflix

Le plus dur à supporter dans le film n’est pas la violence, pas l’angoisse ni le sentiment d’étouffement, mais la CGI omniprésente. Les herbes hautes sont le personnage le plus important de l’histoire, organiques et mouvantes, et on aimerait se sentir enfermés dans un véritable champ plutôt que dans un festival d’effets spéciaux psychédéliques. Encore une fois, tout marche mieux au début, quand Vincenzo Natali traite les herbes hautes comme une maison hantée, sans essayer de les faire respirer ou crier (?) ou d’ajouter des séquences d’hallucinations dignes d’un mauvais trip sous acide. On se passerait bien aussi du côté gourou évangéliste option foin de Patrick Wilson, bref, rien ne fonctionne plus et on s’ennuie.

Il n’y a pas grand-chose à dire de plus sur In The Tall Grass, à part qu’il n’est pas nécessaire d’adapter tout ce qui sort de la plume de Stephen King. Certaines (beaucoup) de ses histoires fonctionnent mieux sur la page, qui permet de rendre le caractère étrange et sombres de ses idées, héritières directes dans cette nouvelle de l’horreur cosmique d’H.P Lovecraft. Adapter à l’écran, sur 1h45, 30 pages d’une telle noirceur et d’une telle bizarrerie crée forcément le risque de tomber dans le piège du ridicule. La triste réalité, c’est qu’In The Tall Grass n’a même pas assez de caractère pour être ridicule ; il est juste oubliable, comme la majorité des productions d’horreur de Netflix.

2.5
Note du film
Conclusion
In The Tall Grass se perd dans son propre concept et devient un film sans relief ni grand intérêt. A regarder un dimanche après-midi si vous avez du temps à perdre.

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