Harpoon de Rob Grant – Critique

Shadowz ©

Rivalités, tensions et secrets inavouables (re)font surface lorsque trois amis se retrouvent bloqués sur un yacht au milieu de l’océan.

Sorti en 2019 dans de nombreux festivals, Harpoon, écrit et réalisé par Rob Grant a été plébiscité par les critiques et le public. Disponible sur Shadowz, la première plateforme de screaming, à partir du 27 novembre, on ne peut que vous conseiller cette bonne surprise de comédie-horrifique indépendante.

A priori le contexte du film est simple et déjà-vu, une bande de potes paumés sur un rafiot au milieu de l’océan (on ne pourra jamais faire pire que Donkey Punch cependant) ça n’a rien de nouveau. Pourtant Harpoon va se démarquer en imposant un style décalé bourré d’un humour noir, diégétique mais aussi par le biais d’un narrateur hétérodiégétique, qui surplombera l’entièreté du long métrage. Cette utilisation d’un narrateur extérieur à l’intrigue, comme une intervention divine absolument sarcastique du réalisateur, va faire d’Harpoon un conte d’1h20 (l’inspiration littéraire est très présente, ne serait-ce que les références à Edgar Allan Poe) qui ne cherche pas à faire plus que de raconter une histoire ubuesque où vont être torturés des personnages un peu clichés dans leur triangle amoureux sorti tout droit d’un teen drama.

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Une des manières ingénieuses de faire évoluer le récit commence par l’introduction des protagonistes: le beau gosse blindé fils à papa, la love interest et le meilleur ami troisième roue du carrosse; les rôles précis dans lesquels ils sont ancrés (et un jeu de mots sur le langage marin, un!) vont se déconstruire au fur et à mesure des mises à l’épreuve et des révélations. Rob Grant va s’amuser avec perversion de l’horreur de la situation, oscillant entre originalité et ficelles scénaristiques qui le sont moins sans pour autant qu’elles ternissent l’aspect divertissant d’Harpoon, au contraire. Si on devait le comparer à un autre film du genre pour vous mettre l’eau (salée) à la bouche, Cheap Thrills d’Evan Katz (2014) nous vient tout de suite à l’esprit.

En effet, on prend un malin plaisir à regarder ces personnages s’auto-détruirent dans un sacré concours de circonstances. Dès le début, le trio d’apparence solide va être déstabilisé par une affaire de tromperie et leur amitié être mise à mal, faisant planner dans l’air une tension malsaine qui va de plus en plus s’intensifier. L’océan n’est que le lieu d’un massacre qui n’avait pas lieu d’être, un prétexte qu’Harpoon va s’accaparer car ce n’est pas la vraie menace ici, mais bien eux, Sasha, Richard et Jonah qui au delà de devoir survivre au milieu de nulle part vont devoir survivre à eux mêmes. Malgré des parti-pris que certains pourraient trouver prétentieux et un léger ventre mou en milieu de film, c’est un huit-clos tout ce qu’il y a de stimulant et de réussi, garni de sang et de sadisme.

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Harpoon de Rob Grant – Critique
Conclusion
Bonne surprise indépendante d'un réalisateur à suivre, qui mélange diaboliquement bien horreur et comédie.
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3.5
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