Grotesque de Kōji Shiraishi – Critique

Un couple de jeunes japonais (Aki et Kazuo) sont brutalement kidnappés alors qu’ils marchaient dans la rue. A leur réveil, ils se retrouvent ligotés sur des tables d’opérations, l’un face à l’autre, en présence d’un troisième homme, qui se révèle rapidement être un bourreau sadique. Dans l’impossibilité de fuir, les amants se voient contraints de subir les pires tortures…

” J’ai pris conscience que de mon côté j’en avais déjà sept [films]. J’apprécie de pouvoir faire une pause, de regarder en arrière et d’examiner le chemin parcouru. Il y a treize ans, je montrais Hostel à Gérardmer. Une personne s’est évanouie. Je l’avoue, je suis fier quand des spectateurs font un malaise ou ont la nausée face à mes images ! À l’époque, je voulais réaliser le long métrage le plus choquant qui soit. Cela a été un des moments-clés de ma carrière. Je suis content de ce que j’ai accompli car je n’ai accepté aucune concession”

Eli Roth – Réalisateur

Bienvenue au pays du Soleil Levant

Fin des années 2000, le cinéma de genre connaît son apogée. Des réalisateurs émergent avec toujours et encore plus de violence et de gore, les remakes et réadaptations ne sont pas rares, au Japon, les cinéastes se ruent dessus, ajoutez-y des esprits malfaisants et quelques histoires morbides, vous obtiendrez un cinéma en fureur. Des cinéastes locaux comme Hideo Nakata, Kiyoshi Kurosawa, Takashi Shimizu ou encore Noboru Iguchi constitueront le mythe du J-Horror, terme désignant la multitude de films d’épouvante au pays du soleil levant, reconnus internationalement, mettant en scène des esprits malfaisants et autres frayeurs.

Chirurgie douloureuse

Dans les ruelles inquiétantes de Tokyo, un couple se fait enlever par un mystérieux individu qui les assomme et dépose leurs corps dans sa voiture, en route vers l’enfer… Aki (Tsugumi Nagasawa) et Kazuo (Hiroaki Kawatsure) se réveillent dans un endroit inconnu — une sorte de salle d’opération — ligotés et bâillonnés, ils subiront les pires sévices et tortures. Mutilations, ablations, sévices sexuels. Le troisième homme (Shigeo Osako) en présence, qui s’avère être un dangereux psychopathe dont la recherche de la jouissance sexuelle le pousse à commettre tant d’atrocités s’avère être aussi paradoxalement chaleureux et soucieux auprès de ses victimes, et quand il obtient un orgasme, il se sent redevable de ce couple et décide de les soigner tout en leur promettant de les libérer une fois sur pied… Malheureusement, les deux louveteaux ne sont pas prêts d’en finir et les sévices reprennent de plus belle.

Il était une fois le torture Porn

Prétendu nommé comme un sous-genre médiocre du cinéma horrifique émergeant des années 2000, le torture porn puise ses sources dans le cinéma d’exploitation des années 1970 et avec l’apparition d’un des chefs d’œuvres du cinéaste italien Piere Paolo Pasolini avec Salò ou les 120 Journées de Sodome (1975), sorte de conte macabre narrant les fantasmes morbides suivis d’actes de torture, humiliation et obscénités en tous genres par un groupe d’individus nostalgiques du pouvoir mussolinien vers la fin de la seconde guerre mondiale.

Difficile de passer à côté et de ne pas mentionner notamment ce qu’est le Nazisploitation, sous-genre nanardesque où sont représentés systématiquement des officiers féminins SS sadiques, passant leur temps à humilier et torturer leurs prisonniers dans des Stalag dont le plus emblématique reste Ilsa la Louve des SS (1975). Le torture Porn connaît un rebond et une notoriété dans les années 2000 quand des cinéastes de renom comme James Wan ou Eli Roth reprennent le flambeau avec des sagas tout aussi cultes et horrifiques comme Saw et Hostel. Un mystérieux tueur jouant avec ses victimes dans l’espoir qu’ils s’entretuent, ou encore une bande de richissimes hommes d’affaires payant pour torturer de pauvres individus en Europe de l’Est.

Citons sans oublier également, le sous-genre Rape and Revenge, sorte de vengeance féminine brutale et sans concessions, initié dans les années 1970 par Wes Craven avec La dernière Maison sur la gauche (1972), jusqu’au remake brutal I Spit on your grave (2010) où des violeurs apprendront à leurs dépens que le viol, c’est mal… très mal !

La fièvre japonaise

Véritable ovni sorti tout droit des entrailles du sous-genre extrême, Grotesque va dans la continuité des films brutaux japonais. La liste des films les plus morbides de ce cinéma asiatique particulier est bien longue, à commencer par les films sulfureux de Takashi Miike dont le plus emblématique est Audition (1999) racontant les mésaventures d’un producteur de films, dont la rencontre avec une jeune femme lors d’une audition de casting va l’attirer dans le pire des enfers. Ichi The Killer (2001) où là encore, le réalisateur joue avec les codes du genre pour y présenter un film de yakuzas déjanté, avec sadisme, torture et flopées de sang. Dans les années 1980, un cinéaste et mangaka japonais Hideshi Hino, défrayait la chronique avec son film Guinea Pig : Flowers of Flesh and Blood (1985) d’une durée de 42 minutes seulement, le film présentait une pauvre jeune fille se faisant démembré, s’octroyant aucune censure, suscitant des légendes urbaines et autres canulars quant à l’authenticité d’un snuff movie.

Une destinée horrifique

Kōji Shiraishi, réalisateur et scénariste, est principalement connu pour réaliser des films essentiellement horrifique, après avoir réalisé en 2005 un found-footage Noroi-The Curse, il excelle et pousse encore plus loin son univers macabre avec Grotesque. Présenté comme le Hostel Japonais, le film n’en demeure pas moins, raté… Scènes de torture interminable et sans grand intérêt, des jeux d’acteurs médiocres et une fin tout aussi bâclée. Montrer ce qu’il a de plus abjecte au travers d’un long-métrage ne serait pas à la portée de tous ?

Scènes abjectes, coulées de sang, sadisme extrême poussé à son paroxysme, Grotesque n’est ni plus ni moins qu’une vulgaire série B pour le moins grotesque comme son titre l’indique et inutile.

Grotesque de Kōji Shiraishi – Critique
Conclusion
Scènes abjectes, coulées de sang, sadisme extrême poussé à son paroxysme, Grotesque n'est ni plus ni moins qu'une vulgaire série B pour le moins grotesque comme son titre l'indique et inutile.
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