Eli de Ciarán Foy – Critique

© Netflix

Eli, un jeune garçon atteint d’une étrange maladie se retrouve dans une clinique isolée où d’affreux cauchemars viennent le hanter.

Ça devient difficile d’être enthousiasmé par une énième sortie d’horreur Netflix, on va pas de mentir. Le déluge de nouveaux films de genre de la plateforme apporte plus de déceptions que de bonnes surprises, et on en vient à soupirer légèrement quand la page d’accueil nous saute à la gorge avec le trailer d’Eli, parce qu’on sait qu’on va le regarder, mais qu’on a pas envie ; d’autant plus qu’on peut lire partout que Paramount a refilé le film à Netflix parce qu’ils ne savaient pas comment en faire la promo, ce qui n’est rassurant à aucun niveau. Mais bon, quand il faut, il faut, et donc c’est parti pour passer un après-midi pluvieux en compagnie d’Eli.

Eli (Charlie Shotwell) est très malade, c’est son principal trait de caractère. Il est allergique à l’eau, à l’air, au monde, et vit dans une bulle aseptisée pendant que ses parents (Kelly Reilly et Max Martini qui ont l’air de jouer au jeu du plus mauvais parent pendant tout le film)remuent le pays pour trouver un moyen de le guérir. Quand on les rejoint au début du film, ils sont sur la route de leur dernier espoir : la maison (stérile) du Dr Horn, et son traitement miracle. La propriété du docteur pourrait facilement figurer dans le top 10 des maisons les plus flippantes des États-Unis et Eli est pas giga confiant, ce qui se comprend. Non seulement le traitement est désagréable, mais en plus il voit des trucs dans les miroirs, dans les couloirs, et dans la buée des vitres, et une gamine du voisinage vient lancer des cailloux sur sa fenêtre quand il essaie de dormir, pas moyen d’être tranquille.

© Netflix

Tout le monde dans ce film cache quelque chose. Le Dr Horn (Lily Taylor) l’est tellement qu’on dirait que c’est son but d’avoir l’air louche, ce qui rend la confiance aveugle que lui font les parents d’Eli encore plus incompréhensible. Durant son premier traitement, Eli demande à une des infirmières d’où elle vient, et elle répond « Tu sais ce qui est arrivé au garçon qui posait trop de questions ? ». Ce genre de réplique menaçante absolument pas justifiée (il a douze ans et te demande d’où tu viens, c’est vraiment nécessaire d’être désagréable comme ça ?) sort un peu du film et empêche le sentiment de malaise de monter. On nous martèle sur la tronche que quelque chose ne va pas, du coup quand ça commence à ne pas aller, ça laisse un peu de marbre.

Malgré l’aspect presque trop inquiétant de la maison et son armée de fantômes, Eli ne fait jamais très peur. Certaines scènes sont plaisantes, font monter un peu de pression, mais sans jamais réussir à faire vraiment décoller l’atmosphère. Les personnages, que ce soit le docteur, la voisine lanceuse de cailloux (Sadie Sink ! De Stranger Things ! Ce sera la seule chose que vous retiendrez de son personnage), ou les esprits eux-mêmes, ne sont jamais vraiment assez inquiétants. Le premier acte du film, cependant offre assez de mystères et de questions sans réponses pour qu’on ait envie de voir la suite.

© Netflix

Sans spoiler, Eli repose tout entier sur son twist de fin, et c’est un peu dommage. La fin est presque complètement déconnectée du reste du film et ne présente pas grande cohérence avec les constructions des personnages. On dirait un dernier paragraphe rédigé en urgence à la fin de l’exam, un peu bâclé, enthousiaste mais peu convaincant. Le problème principal d’un film comme celui-là, c’est que la nécessité de préserver le twist final l’emporte sur tout le reste, et on passe donc la majorité du film avec des dialogues vagues et pseudo-mystérieux, qui font à peu près sens quand Eli est présent, puisqu’on lui cache des choses, mais beaucoup moins quand il ne l’est pas.

Eli n’est pas un mauvais film. C’est peut-être l’un des films de genre les plus divertissants dans les récentes offres de la plateforme, ce qui malheureusement ne veut pas dire grande chose vu le niveau de base. Certains jeux d’acteurs (Charlie Shotwell, surtout) sont convaincants, d’autres beaucoup moins (Kelly Reilly, mais c’est peut-être une affaire de goûts). Le mystère est plutôt plaisant sans être captivant, et c’est un petit film sympa pour un dimanche de pluie. On peut plier son linge en même temps, et d’ici dimanche prochain, il ne sera plus qu’un souvenir assez vague.

Conclusion
Pas le pire film d'horreur de Netflix, pas le meilleur non plus, Eli reste assez divertissant et contient quelque bonnes idées, malgré une fin faible.
3
Note du film

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