Des jeux en films ? Rise and Fall of the Full Motion Video

Harvester – Theme from The Lodge
La FMV c’est d’abord une belle brochette de gueules en tout genre !

En ces périodes de confinement, quoi de mieux que de se caler devant un film de genre, avec un masque, du gel hydroalcoolique, et accessoirement une petite bière (désinfectée au préalable, attention) ? Eh bien, se caler devant un jeu d’horreur ! Mais pas n’importe lesquels, ici exit les Outlast et compagnie, puisqu’on va parler de jeux, oui, mais avec des graphismes entièrement, ou en partie, en film, avec des vrais gens et tout ! Ayant déjà abordé le sujet et la genèse de ce genre, dans une autre chronique qui se trouve ici, nous allons pouvoir entrer direct dans le vif du sujet ! Mais attention, en respectant les gestes barrières.

Welcome to… Harvester !

La grande faucheuse vous attend, sous toutes ses formes les plus douteuses.

On attaque direct sur du lourd, du glauque, du bien malsain ! Harvester, développé par DigiFX Interactive, puis édité par Virgin Interactive, sort en 1996. Dès sa sortie le jeu provoque une énorme controverse. Mais pourquoi donc ? Eh bien, le soft traite, entre autre, de l’infanticide, de l’influence sectaire sur une communauté, ou encore de cannibalisme. Woooh, grosse ambiance!

De quoi ça parle ?

Alors, Harvester nous met dans la peau du jeune Steve, se réveillant amnésique, dans ce qui semble être la maison de sa mère, elle même au sein de la ville plus qu’étrange d’Harvest. Ce dernière semble être contrôlée par une secte appelée L’Ordre (pas du phénix). Il en revient à vous de retrouver la mémoire, et de comprendre ce qui se trame derrière cet Ordre.

On dirait ma chambre d’ado, ah nostalgie quand tu nous tiens.. Ça y’est j’suis ému.

Ce qui surprend dans Harvester, ce n’est pas le jeu des acteurs (qui est presque plus dégueulasse que le jeu en lui même), mais c’est avant tout son ambiance. On sent clairement que la présence de David Lynch trône au dessus de cette ville, par le biais de personnages iconiques et tous plus malaisants les uns que les autres. À l’instar des habitants de Twin Peaks, vous prendrez à cœur de découvrir les sombres secrets, et les vices de tout les habitants de la petite bourgade d’Harvest.

C’est pas si violent regardez, elle fait des cookies ! Maintenant j’ai faim.

Je ne peux que vous conseiller ce jeu, tant son scénario et son ambiance glauque et corrosive sont maîtrisés. J’espère donc que vous prendrez un malin plaisir à parcourir ce petit patelin fourmillant de secrets dégueulasses, et de blagues graveleuses, le tout entrecoupé d’excès de violence, physique et morale, relativement inattendue !

Fun fact, vous avez dit fun fact ?

Le protagoniste principal, Steve, ici joué par Kurt Kistler n’a pas eu une grande carrière. En réalité il n’a même pas eu de réelle carrière, que ce soit avant ou après ce jeu, et vous voulez savoir pourquoi ? Eh bien, parce qu’il n’a pas arrêté de faire des aller-retours en prison (bonne ambiance hein ?), pour possession de vidéos pédo-pornographiques ! Là où ça devient particulier, c’est que lors de ses arrestations, il portait les mêmes fringues que ceux qu’il à utilisé dans le jeu, même 20 ans après !

Après avoir niqué cordialement l’ambiance, je ne peux que vous conseiller ce jeu, qui d’ailleurs était en Abandonware avant que GOG n’en refasse en 2014 une nouvelle version, adaptée aux machines actuelles, qui pue la classe ! Avec un making-off, un jeu entièrement doublé, la B.O. en bonus, des artworks, bref, de bien beaux petits goodies ! En plus il ne coûte que 5 balles, en soi un petit investissement, pour un jeu qui aujourd’hui est devenu culte ! Pour voir la fiche du jeu, c’est par ici que ça se passe. En vous souhaitant une bonne errance dans cette ville !

En cadeau, le p’tit trailer qui met bien.

Obsessions Fatales

Vous vous souvenez de Phantasmagoria ? Maintenant parlons de sa suite, Obsessions Fatales, ou A Puzzle Of Flesh dans la langue de Chuck Norris, sorti à Noël 96′. Toujours développé par Sierra On-Line, il est doté d’un budget conséquent de 4.5 millions de dollars. Le pognon, c’est sympa, mais Phantasmagoria II, de quoi ça cause tout ça ?

Curtis affectionne les bars où tu peux te faire fouetter le cul en buvant ton coca.

Eh bien, le jeu nous met dans la peau de Curtis Craig, un trentenaire travaillant dans une entreprise high-tech nommée Wintech. Ancien psychotique ayant totalement réussi sa réinsertion sociale, il file le parfait amour avec Jocilyn, une de ces collègues. Malheureusement, une série de meurtres va venir bouleverser son petit monde, et faire réapparaître d’anciens traumatismes.

Tu la sens la grosse ambiance ?

Cette fois, oubliez le premier opus, car celui-ci s’en démarque totalement. En effet, ce dernier est intégralement sur des décors filmés, et non plus sur de la 3D pré-calculée, ou du fond vert. Il se démarque également de son aîné, de façon Bigger & Louder, avec des thèmes violemment et sexuellement plus poussés. En effet, niveau gore, les gars de chez Sierra ont franchi certaines barrières, qui ont mené à l’interdiction du jeu dans certains pays, ainsi qu’à la censure (no stress, on peut la virer avec un mot de passe au lancement du jeu) !

En gros, une ambiance malsaine au possible, avec des visites en hôpitaux psychiatriques, dans des open-spaces (horrible, j’ai des frissons rien que d’y penser), ou encore des salons BDSM (bon là j’ai clairement plus les mêmes frissons), bref, pléthore d’environnements de bon augure !

Pour parler du casting, Curtis Craig est joué par Paul Morgan Stetler, et malheureusement c’est son seul vrai rôle (quand bien même le type a fait de la figurations dans quelques séries, genre Buffy contre les vampires). On notera à ses côtés la présence de Monique Parent dans le rôle de Jocilyn, qui elle à eu une carrière prolifique.. dans l’industrie pour adulte, ainsi que Paul Mitri, qui joue Trevor, le meilleur ami de Curtis, également simple figurant dans quelques films.

Alors, certes, les acteurs ne sont pas fous, la réalisation reste plutôt plate, mais l’intensité du scénario, l’interactivité qui s’en dégage, et l’écriture des personnages, nous font oublier ça dès l’instant où l’on se retrouve à contrôler Curtis. Ce serait une erreur de passer à côté de ce jeu, surtout que.. C’est de l’Abandonware !

Fidèle pognon, quand tu nous tiens..

En effet, comme son grand frère, ce jeu est devenu gratuit depuis quelques années maintenant. Vous n’avez désormais plus aucune raison de passer à côté ! Vous trouverez le lien de téléchargement juste : ici. D’ailleurs petit cadeau : le mot de passe demandé au lancement du jeu pour désactiver la censure est : LTF ! Il ne vous reste plus qu’à foncer sur Phantasmagoria : A Puzzle Of Flesh, et découvrir le mystère qui entoure Curtis Craig et ses amis !

Le trailer spoilant toute l’intrigue, je vous laisse sur cette image. Alors, hallucination, bad trip, ou image hors contexte ? Peut-être les trois…

La vérité est.. Ailleurs ?

Ah, nostalgie..

Vous qui avez passés vos samedis soir sous un plaid à mater la trilogie du samedi sur M6, vous qui n’avez loupé aucun épisode des 30 histoires les plus mystérieuses, ou encore vous qui connaissez tout simplement la série, ce jeu est fait pour vous ! Et oui, car si vous ne deviez retenir qu’un seul titre FMV, des années 90, c’est bien X-Files : Le Jeu !

Pour ce qui est de l’histoire, comment dire.. Vous aimez Mulder & Scully ? Eh bien, vous ne les contrôlerez pas directement. Vous êtes dans la peau de Craig Willmore, agent du FBI, qui va devoir enquêter sur la disparitions des deux agents. Avec l’aide de nouvelles connaissances, ainsi que de quelques “gueules” de la série, comme le directeur adjoint Walter Skinner, vous devrez lever le voile sur une affaire qui dépasse de loin une simple disparition.

Voici James Wong ! (Aucun lien, il est fils unique.)

Le soft, doté d’un budget de 6 millions de dollars est clairement le mastodonte FMV des années 90. Les décors en 3D laissent place à de vrais décors filmés, notamment dans la région de Seattle. D’ailleurs, le réalisateur Greg Roach, n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine, puisqu’il avait déjà travaillé sur The Madness Of Roland et les deux Quantum Gate (des jeux bien moins qualitatifs on va pas se mentir), et autant dire qu’il fait le café, quand bien même il ne fait que reprendre les artifices visuels de la série.

All lies lead to the truth…

Pour ce qui est des acteurs, hors les gueules connus de la série comme David Duchovny et Gillian Anderson (les fameux Mulder & Scully), Walter Skinner (interprété par Mitch Pillegi, connu essentiellement pour ce rôle, mais qui pour moi restera Darby, le chef nazi dans Sons Of Anarchy, ou encore Horace Pinker dans Shocker de Wes Craven), “l’homme à la cigarette” (alias William B. Davis, second couteau des séries TV américaines, ayant joué, entre autres, dans Kingdom Hospital de Lars Von Trier) ou encore le trio des “Bandits Solitaires (à savoir Tom Braidwood, Bruce Harwood,et Dean Ha..Glund, pas de wood cette fois-ci) nous retrouvons des acteurs tout de suite moins habitués des plateaux de tournages.

Nous retrouvons donc Jordan Lee Williams dans le rôle de Craig Willmore, l’agent que vous incarnerez (acteur à la carrière très courte, décédé en 2018, dont le seul fait d’arme fût d’apparaître dans la série Action, il y a 20 ans), Paige Witte dans le rôle de Mary Astadourian (son dernier rôle fût celui de la dite inspectrice) et James Lynch pour jouer votre collègue Mark Cook (qui n’a également rien fait de vraiment consistant dans sa carrière).

“Mes bâtonnets de Colin sont délicieux, le vrai trésor du Cap’taine.”

Encore une fois, tout cela est en Abandonware, vous ne pouvez que vous jeter dessus, tant ce jeu recèle de mystères. Surtout qu’il s’adresse autant aux fans de la série, qu’aux néophytes qui ne bitent que dalle à ces histoires d’aliens, de gens du FBI, ou encore de bâtonnets de colins ! D’ailleurs, voilà pour vous le lien du jeu, et c’est ça le vrai trésor du Cap’taine !

Le déclin d’un genre sous-estimé..

Shivers 2 : Harvest Of Souls OST (Opening Track)

Sans trop comprendre comment, les studios de développement sont très vite repassés à la 3D avec l’arrivé des consoles 32 et 64 bits, entre autre la PS1, la N64, la Dreamcast etc.. En effet, le problème des jeux en FMV était qu’on ne pouvait que se baser sur des mécaniques très simplistes, à base d’énigmes agrémentés de quelques séquences de shoot ici et là, et il est bon de savoir que malgré les quelques titres dont nous avons parlé, la plupart était relativement mauvais et programmé avec une poignée de verre pilé dans le fion.

On s’attendrait à voir débarquer Jason Voorhes, mais non.. Ça sera des vampires Lidl, avec des perches dildo.

Nous n’aurons malheureusement eu qu’une légère poignée de jeux FMV dans la mouvance du genre que nous affectionnons… Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Après 20 piges sans vraiment de sorties dans le genre du FMV, qu’en est-il des alternatives, et des enfants de ce sous-genre du cinéma, et du jeu vidéo ?

Le retour de la vengeance

Car oui, des alternatives il y en a ! Bon, certes peu, mais quand même ! On appellera plutôt cela des films interactifs, car ces derniers se rapproche plus du film, que de l’aventure digne d’un Myst ou d’un Phantasmagoria. On notera par exemple, Her Story de Sam Barlow, qui nous met dans la peau d’une personne, dont le rôle n’est jamais vraiment déterminé, qui va tomber sur des enregistrements d’une femme, et ce sera à vous de remettre les pièces dans le bon ordre afin de comprendre le mystère autour de cette jeune femme. Dénué d’interface autre que celle de la base de données des enregistrements, on peut rapidement se perdre dans cet énorme jeu de piste, tant tout les enregistrements sont dénués de contexte et de timeline. Il n’en revient qu’à vous de créer votre temporalité, et de mener l’enquête en remettant les pièces dans le bon ordre afin de tirer vos conclusions.

Et comment ne pas parler de Splendy Games, qui signe avec The Bunker, un des meilleurs FMV d’horreur qu’on à pu voir depuis longtemps ! Ce dernier nous met dans la peau de John, un adulte qui à vécu toute sa vie dans un abri anti-atomique, après ce qui semblerait être l’apocalypse. Lui qui pensait être le dernier survivant du Bunker, va vite déchanter quand une alarme va se déclencher, le forçant à s’aventurer dans les tréfonds du bunker..

Ce qui choque ici c’est la qualité du scénario, mêlant habilement flashbacks et hallucinations. En même temps, les personnes à l’origine de ce scénario ont tout simplement bossé sur SOMA (excellente alternative à Outlast, ou Alien: Isolation), ou encore The Witcher (excusez du peu !). En résulte un FMV particulièrement prenant, claustrophobe et anxiogène, qui malgré sa durée de vie un poil courte, vous prend au tripes de A à Z !

Adam Brown, qu’on a pu voir dans la trilogie The Hobbit.

Et sur mon Nokia 3310, j’ai droit à quoi ?

Malheureusement, à part Snake, mon pote t’es dans la merde… Mais par contre si vous avez un téléphone Android, là des choix s’offrent à vous ! Et oui, le média s’est décliné dans nos chères extensions de bras ! Sous une forme différentes, certes, mais pourquoi se priver ?

Par exemple, avec Sara Is Missing, vous vous retrouvez dans hum.. votre peau à vous ! Et oui, le point fort de ce genre d’oeuvre, c’est qu’à l’instar des “Livres dont vous êtes le héros“, c’est votre personne qui est directement concernée, et placée au sein même du jeu ! Et j’aime à penser que le genre du “Found Phone” est directement inspiré du jeu en FMV (et bon, aussi un peu du Found-Footage).

Dans Sara Is Missing donc, (qu’on appellera SIM pour faire plus court, même si ça me fait penser dans un premier temps aux Sims, mais surtout à Sim, l’acteur à la gueule mythique), vous retrouvez un téléphone qui cache plus de secrets qu’on ne le pense. Et c’est grâce à IRIS (une sorte de Siri, pas copyrighté) que vous allez pouvoir accéder à ses sms, ses mails, ses contacts, ses photos, bref sa vie privée. Et autant dire que ça fonctionne à fond, on est pris dedans à la seconde où l’on déverrouille l’appareil, malgré le côté forcément voyeuriste de la chose. Je ne vous en dis pas plus, tant l’intrigue, encore une fois courte, du jeu, est prenante à 200%, et en plus, c’est gratuit, foncez dessus !

À noter cependant, que le studio à l’origine de SIM, à savoir Kaigan Games, ont donnés naissances à plusieurs spin-off de ce jeu, et le pire c’est que ça fonctionne à chaque fois ! Par exemple, Simulacra, qui est la suite la plus spirituelle de Sim, tout aussi flippante, avec une plus grande durée de vie, et plus d’interactions cette fois. Ou encore, Pipes Dreams. ET NON, je vous vois venir, ça parle d’un clone de… Flappy Bird, bande de dégueulasses !

Pour finir, j’aimerais aborder le cas d’une série qui compte pour l’instant 4 épisodes, et qui m’a littéralement fait l’effet d’une patate de forain en pleine gueule, j’ai nommé Friendzoné ! Derrière ce nom un brin fantaisiste se cache une saga d’une profonde richesse, lourde en rebondissements, et qui ne peux que vous marquer durement.

Autant dire que Hocine Belbouab, à savoir la personne derrière toute la saga, à fourni un travail minutieux et monstrueux. Il ne s’agit pas cette fois d’un “Found-Phone” : cette fois, on parlera plus d’aventure narrative qui oscille entre les genres pour mieux nous surprendre. Thriller, drame, horreur psychologique, et j’en passe, seront de la partie.

Sans trop spoiler, voilà ce que raconte l’histoire : vous venez de rencontrer Eva, cette personne vous plaît, et vous allez commencer à dragouiller de façon cordiale, le tout en respectant les gestes barrières puisque vous êtes sur téléphone ! C’est alors, qu’un soir, Eva disparaît. L’enquête peut alors commencer..

Ce qui commençait comme une simple simulation de drague va évoluer jusqu’à un point qui va faire de lui l’un des meilleurs, si ce n’est LE meilleur jeu de cette sélection. Sincèrement, foncez dessus, ça vaut énormément le coup, surtout que cette quadrilogie est gratuite ! Vous pouvez les télécharger séparément, ou tout simplement passer par l’application .Sutoko qui vous permettra de tous les avoir d’un coup, et d’être tenu au courant des prochaines sorties de Purple Tear ! Désormais, c’est à vous de faire les bons choix.

Il y a encore bons nombres de titres à découvrir, il suffit de fouiller.. (The Infectious Madness Of Doctor Dekker)

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