[CRITIQUE] “Visions”, réalisé par Kevin Greutert

visions poster

Un an après un accident de voiture, un jeune couple décide de s’installer dans un vignoble pour commencer une nouvelle vie. Eveleigh attend un enfant. Très vite, elle commence à apercevoir des phénomènes étranges. Ces visions vont faire de sa vie un véritable cauchemar.

Après avoir été une demoiselle d’honneur excentrique et une accro du shopping, Isla Fisher revient / échoue dans une Blumerie en détective médium en herbe. Un mari bien musclé, un récent déménagement et un bébé en préparation, tels sont les ingrédients initiaux de cette nouvelle aventure dans non pas un pavillon de banlieue, mais une maison répondant aux mêmes critères. Simplement située cette fois en bas de vignes. Après une pendaison de crémaillère voyant la plus importante convive parler au lustre, les visions du titre s’imposeront rapidement à Eveleigh pour ne pas perdre un spectateur exigeant que ça démarre vite. Ces mêmes visions qui ne seront finalement qu’un prétexte pour lancer une enquête aussi facile qu’inutile. Les scènes diurnes d’un côté – dans lesquelles aucun danger n’interviendra – les scènes nocturnes de l’autre, propices à des apparitions bien fades qui renverront juste au hooded horror (menace encapuchonnée). La terreur en moins. Des rouages convenus désamorçant s’il le fallait encore, la moindre notion de surprise. Excepté à une surprenante occasion, où une idée originale s’insérera le temps d’une courte scène, cassant ainsi deux codes d’affilé d’un genre jusqu’ici respecté, appliqué, décalqué.

Visions 1

Tous les clichés chers à Blumhouse (les producteurs ndlr.) sont présents, du jeune couple californien confronté à des problèmes financiers aux autochtones portés sur les rituels non chrétiens, mais très gentils puisqu’étant mexicains. Ayant placé leurs derniers espoirs et dollars dans cette affaire vigneronne, le couple principal se verrait donc bloqué dans la résidence. Condamné à subir d’énervantes manifestations précédées par des jump scares jamais las de faire péter le son de votre télé. Rigueur et codes respectés oblige, seule notre jeune maman en devenir sera tourmentée. De quoi créer l’habituel conflit avec son partenaire. Une mauvaise communication doublée d’un refus de compréhension, soit l’éternel ingrédient qui divise pour mieux persécuter. L’intention est lancée mais l’effet fera juste pétard mouillé.

Si les personnages masculins sont tous prêt à désigner les hormones de la grossesse comme fautives, les femmes qui entourent Eveleigh seront toutes à l’écoute. Résultat : Un enchainement mécaniques des relations, des manifestations et des révélations. Rien ne surprend mais beaucoup agace. Il sera presque impressionnant à ce titre, de constater que chaque élément soit disant horrifique n’existera que par le biais des jump scares.

Visions 2

Une flopée d’acteurs de séries vient en renfort pour camper les personnages secondaires. Jim Parsons reste docteur même hors de Big Bang Theory, Gilliam Jacobs reste la blonde dans l’vent sans incarner la Mimi-Rose Howard de Girls et Eva Longoria… Ne retrouvera décidément jamais un rôle aussi important que Gabrielle Solis. Comme le veut la politique de la maison Blumhouse, zéro prise de risque. Que ce soit dans le choix du réalisateur, des acteurs ou des lieux de l’action. En 76 minutes, cet inoffensif produit hollywoodien s’autorisera donc à exister sous lointaines influences de Rosemary’s Baby et d’un twist basé sur une réussite française grandement appréciée outre Atlantique. Que reste t-il à sauver dans Visions ? Probablement tout ce qui incarne les commandes de sa boite de production. A savoir, une réalisation très scolaire, une photo lisse, un schéma convenu et des acteurs corrects qui font avec ce qu’on leur donne.

Visions 3

Visions
1.5

Conclusion

Sans surprise, le film se voit classé dans la catégorie horreur alors qu’il ne fait qu’augmenter le son à chaque claquement de porte. Kevin Greutert parvient ainsi à certifier après deux Saw et un Jessabelle qu’il n’a rien à apporter au cinéma d’horreur en dehors d’un divertissement du niveau d’un téléfilm M6.

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