[CRITIQUE] “The Green Inferno”, réalisé par Eli Roth

The Green Inferno

Un groupe d’activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d’une tribu particulièrement hostile.

Avant de commencer cette critique de The Green Inferno, il convient de revenir sur trois éléments. Tout d’abord, j’ai vu ce film dans le cadre du Festival Européen du Film Fantastique de Starsbourg lors d’une soirée à double-programmation sur Eli Roth avec la projection à 22h de son dernier film Knock Knock suivie à minuit de la projection de son avant-dernier film, inédit en salles, The Green Inferno. Autant vous dire que le public était acquis à la cause d’Eli Roth. Ensuite, ce film sera distribué en salles en France par Wild Side sous la forme de l’e-cinema. Cette pratique de commercialisation de films est encore trop jeune pour savoir si elle a un impact ou pas mais je ne peux que vous encourager si vous en avez l’occasion à aller voir The Green Inferno en salles ou du moins sur un écran de taille raisonnable. Enfin, il faut savoir que The Green Inferno est un hommage aux classiques d’horreur italiens des années 70/80 et en particulier au film Cannibal Holocaust de Rugero Deodato. Je considère personnellement Cannibal Holocaust comme le meilleur film d’horreur de l’histoire et pense qu’on ne pourra pas faire mieux. Avec toutes ces informations en tête, il est temps de savoir si Eli Roth a réussi son coup avec The Green Inferno ou s’il s’est planté dans les grandes largeurs…

Le scénario n’est jamais le point fort d’un film d’Eli Roth puisque, bien souvent, celui-ci se résume à des punchlines barrées, de l’humour et du gore, beaucoup de gore. C’est encore le cas dans ce Green Inferno. On obtient un film assez étrange puisqu’il commence par une introduction très longue pendant laquelle Eli Roth choisit de s’appesantir sur la déforestation de la forêt amazonienne avant de nous présenter les personnages. Chacun est presque le cliché des personnages de films d’horreur mais, de manière fort sympathique, leurs caractéristiques vont évoluer et tous ne sont pas ce qu’ils semblaient être. L’un des problèmes de narration vient d’un début beaucoup trop long qui pose le décor et les bases mais de manière peu captivante parce que le spectateur n’attend qu’une chose : du sang ! Et niveau sang, on est servi. Ça découpe, ça tranche, ça mange, ça humilie, bref, ça saigne et le contrat est plus que rempli. Les scènes sont très bien amenées et gérées, on est pas dans la surenchère brouillonne comme on pouvait le craindre. Malheureusement, ce segment de 45 minutes/1 heure passe beaucoup trop vite et perd de sa puissance à cause d’un début trop long et d’une fin un peu expéditive. Je me dois de mentionner la scène post-générique qui est absolument inutile. Là où le film de Rugero Deodato était une satyre de la société de consommation et voulait critiquer l’Homme Moderne en le confrontant à l’horreur pure et animale, dans The Green Inferno, on assiste plutôt à une sorte de documentaire sur les indigènes sans pousser plus loin la critique ou le message souhaité.

The Green Inferno 3Du point de vue de la réalisation, on est face au film d’horreur à budget classique. Tout paraît crédible, surtout les scènes cannibales, mais il manque ce qui faisait le charme et la force de Cannibal Holocaust : le found-footage. Ici, la caméra numérique empêche d’avoir peur et se sentir menacé. On regarde juste un film bien gore dans un cinéma avec des potes, on sait que tout est truqué et cela se ressent. D’un côté, on peut comprendre la volonté d’Eli Roth de ne pas avoir voulu copier ses aînés mais c’est cet aspect crade, sale et mal cadré du found-footage qui fait ce que ce sont les films auxquels il souhaite rendre hommage. La photographie d’Antonio Quercia est particulièrement belle et met en valeur les scènes. Tout est pensé en géométrie mais aussi en contraste entre le rouge des indigènes, le vert de la forêt et le jeune des activistes (je vous laisse découvrir pourquoi le jaune). La musique de Manuel Riviero est également un point fort dans ce film. Sans s’approcher de celle stridente et métallique de Cannibal Holocaust, elle est composée sur une base de tambours rappelant le rythme cardiaque et elle accompagne parfaitement les scènes.

The Green Inferno 2

Au final, Eli Roth propose avec The Green Inferno un film gore, avec un budget, différent de ce que l’on peut voir actuellement mais ne peut rivaliser avec ses glorieux aînés. Il occupera néanmoins une place à part dans sa filmographie puisqu’il est aussi gore et violent que Hostel ou Cabin Fever sans l’aspect sale des débuts mais, surtout, il esquisse également ce qu’est dernier film, Knock Knock, beaucoup plus fun et humoristique.

The Green Inferno sera disponible en France le 16 octobre 2015 en E-Cinema et est distribué par Wild Side.

The Green Inferno
3.5

Conclusion

The Green Inferno est un bon film gore qui réjouira les fans de sang et de démembrement. Pour ceux qui cherchent un vrai film sur le cannibalisme, on passera son chemin loin de cet enfer vert.

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