[CRITIQUE SÉRIE] “The Deleted” – Saison 1

À la suite de la disparition mystérieuse et supposée sans connexion de 3 personnes à Los Angeles, la paranoïa gagne les habitants de la ville. Mais très rapidement, il s’avère que leur disparition semble liée à un culte dont les victimes venaient de s’extraire.

Après 3 ans de “silence” médiatique, si l’on fait abstraction de son compte Twitter, l’un des auteurs les plus représentatifs du mouvement Génération X a fait son grand retour en décembre. Ou plutôt un petit retour puisqu’il revient via une plate-forme de streaming d’œuvres de jeunes artistes et/ou réalisateurs. Bret Easton Ellis, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a choisi FullScreen pour faire ce qu’il fait de mieux : parler des jeunes et de la société avec une sérieuse dose de drogues, de sexe, de sang et de malaise.

Inutile de chercher de l’horreur pure dans The Deleted, il n’y en a pas. The Deleted est avant tout un thriller psychologique mêlant sexe, secte, drogue et perversion mentale. On y suit un trio apparemment sans lien entre ses membres et qui disparaissent du jour au lendemain. Il s’avère que leurs disparitions seraient liées à leur appartenance à une secte qu’ils ont fui auparavant. La question n’est alors pas de savoir pourquoi ils ont disparu mais pourquoi ils ont fui la secte et quel a été son impact sur ces jeunes.

Si on adore Bret Easton Ellis et ses romans trash, violents mais néanmoins miroirs de la jeunesse américaine des années 80, on adorera The Deleted. On retrouve toutes les obsessions de l’auteur : les jeunes sont naïfs, drogués, paumés, accros au sexe et à la technologie mais conscients de leur chute. Les épisodes sont courts – entre 10 et 20 minutes – mais ce format sert le récit à merveille puisqu’il est condensé et découpé de manière chirurgicale. S’il évoque un sujet tragiquement mainstream aux USA, Bret Easton Ellis n’en oublie pas ses racines. Les hommes sont beaux, musclés, tatoués et sexys en diables et les femmes n’ont rien à leur envier avec moultes poitrines et piercing habilement situés. Le sexe est présent, beaucoup mais on ne frôle jamais la rupture du frein tant les scènes de plans à un, deux, trois ou les orgies sont diluées dans le contexte, sacrement excitantes et surtout justifiées.

Jamais datée, The Deleted contient des éléments qui l’accroche à 2016 mais sans la technologie, elle pourrait sortir de 1980. La réalisation, assurée par Bret Easton Ellis, est contemplative avec peu de mouvements mais beaucoup de plans travaillés et solides qui accompagnent un casting de haute-volée. Mené par Nash Grier, Madeline Brewer (Hemlock Grove, Orange Is The New Black) ou encore Spencer Neville (Hashtaggers), il expose une bande de jeunes qu’on a l’impression de connaître sans chercher à vouloir en  savoir plus. En cela, il rappelle le travail d’un autre cinéaste qui aime à décrire la jeunesse et sa dérive : Larry Clark et son film culte Kids. On a l’impression de voir un prolongement des thèmes de son premier roman, Moins Que Zéro, le tout mélangé à la folie et la noirceur d’American Psycho.

Bret Easton Ellis assène pendant 7 épisodes son histoire et son message avant de le confirmer dans un huitième épisode de haute-voltige. Visible à travers un écran d’iPad, cet ultime épisode permet de finir le puzzle mental des personnages et surtout de briser les dernières illusions de cette jeunesse actuelle qui perd pied et se réfugie dans les artifices et l’artificiel quitte à se brûler les ailes…

The Deleted, réalisée par Bret Easton Ellis, est disponible sur Fullscreen.

"The Deleted" - Saison 1, réalisée par Bret Easton Ellis
5

Conclusion

Les fans du travail de Bret Easton Ellis retrouvent l’auteur au meilleur de sa plume. Les autres risquent de passer à côté d’une série différente dans le paysage actuel.

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