[CRITIQUE] “Thankskilling”, réalisé par Jordan Downey

Une dinde maléfique se réveille le jour de Thanksgiving pour venger ses ancêtres, une bande d’amis croisera sa route et c’est ainsi que la chasse commence.

Un film sur une dinde tueuse en série, oui ça existe. Pure série B réalisée avec seulement 3.500$, Thankskilling est l’un des films indépendants le plus indépendant qu’il m’ait été donné de voir. Le réalisateur Jordan Downey est inconnu au bataillon pourtant son long métrage a su trouver une notoriété de film culte auprès des fans les plus extrémistes du genre horrifique. Thankskilling est une de ces perles rares que vous devez voir en en sachant le minimum possible, le visionnage n’en sera que meilleur, mais je me dois d’en parler pour que vous sachiez au moins que ce film de dind(gu)e existe.

“Warning! Boobs in the first second!” et en effet, c’est avec un magnifique gros plan sur un gros tété que démarre Thankskilling, au bout de 32 secondes seulement. Le pré-générique se passe au 17ème siècle un peu après le premier thanksgiving, on suit une femme les seins à l’air (c’est la maison qui offre), poursuivie par Turkie la dinde démoniaque qui voit le monde en rose (la fameuse vue subjective qui vous glissera dans la peau d’une dinde, ce dont vous avez toujours rêvé). Alors qu’elle se fait rattraper après avoir chuté comme toutes les blondes de slasher moyen qui courent dans les bois, on comprend directement à quel genre de boogey-turkie on a affaire: un mélange entre Jack Frost et Freddy Krueger, servi avec des punchlines bien beaufs mais très hilarantes. Après un premier coup de hache bien placé, on découvre un générique très kitsch avec une bande originale des plus surprenantes, entendez un mix electro avec des cris de dinde en fond. Le ton est donné.

Que serait un film d’horreur moyen sans une bande de jeunes bougres clichés et en chaleur? Celui ci a tout ce qu’il vous faut pour remplir votre grille du bingo des clichés: le sportif, le dégueu en chaleur, la fille en chaleur, la timide et le weirdo, sans oublier la musique cliché de la playlist “c’est les vacances!”. Même lorsque Turkie n’est pas dans les parages, l’humour est présent grâce aux personnages justement très clichés (l’alcool et le sexe c’est trop de la balle) mais surtout très mal interprétés, mention spéciale à Natasha Cordova qui surjoue d’une telle puissance la dévergondée de service. Alors oui ça fait beaucoup de fois le mot “cliché” mais ça fonctionne parfaitement dans ce film et ce n’est jamais lassant. Les protagonistes qui apparaissent peu à l’écran sont tout aussi distrayants, du shérif en carton (celui même déguisé en dinde qui parle o.k.l.m avec Turkie incognito) au touriste zoophile.

Thankskilling a son lot de scènes burlesques, il suffit, par exemple, à la dinde maléfique d’enfiler une moustache ou un masque en peau humaine beaucoup moins réussi que celui de Leatherface pour que les personnages ne la reconnaissent pas. Pour ne citer qu’une scène irréaliste, lorsque Kristen (la timide) et ses amis se rendent chez son père (le shérif), alors que ce dernier est mort, Turkie décide de se faire passer pour lui et ça suffit, les personnages lui parlent comme si c’était réellement le shérif. Trop forte cette dinde. Contrairement à Bunny, The Killer Thing qui se prend au sérieux mais qui est juste médiocre, Thankskilling fait dans la surenchère pour tout simplement satisfaire le spectateur et nous faire passer un bon moment devant une modeste série b. Il se permet de partir dans des délires qui fonctionnent dans ce monde où chaque nouvelle situation est aussi wtfesque que la précédente. Le comic timing est parfait à tous les niveaux, j’en ai plusieurs fois eu les larmes aux yeux notamment lors des scènes de flashback, surtout une vers la fin qui est particulièrement magique et à mourir de rire.

On ne peut pas parler de ce film et passer à côté des meurtres plus tordus les uns que les autres. Étonnamment, le gore est plutôt très réaliste malgré un budget aussi petit. Tout est gratuit dans Thankskilling, de la zoophilie au gore, Jordan Downey n’hésite pas à faire des gros plans sur des détails bien crasseux même lorsqu’il est flagrant que les boyaux soient en fait du boudin noir préparé au charcutier du coin. Encore une mention spéciale cette fois à la scène du coït meurtrier, inévitable dans le sous genre du slasher. En ce qui concerne Turkie, la dinde tueuse est tout aussi crédible. Chapeau bas à l’homme qui a du rester des heures à marcher accroupi la main dans le derrière d’une marionnette. La réalisation n’est pas des plus originale, l’image tremble un peu mais ça n’est pas très gênant pour le visionnage. Le film n’est pas toujours logique, à plusieurs reprises Turkie aurait pu tuer les personnages facilement mais décide de les laisser partir pour les trouver et les exécuter chacun leur tour dans leurs propres maisons. Cependant, on n’aurait sûrement pas eu des scènes et des meurtres aussi jouissifs sans certaines pirouettes maladroites.Vraiment trop forte cette dinde. Même si on a connu mieux niveau climax de combat final, Thankskilling reste fidèle à ses ambitions humoristiques jusqu’à la fin. Le long métrage se termine sur une scène de résurrection tout aussi délirante suivie d’un intertitre nous annonçant une suite… dans l’espace!

4.5

Conclusion

Thankskilling est LE film devant lequel vous pouvez désactiver votre cerveau. C’est tout simplement un chef d’oeuvre de série b qui partage un jusqu’au boutisme indentique à celui de Blood Diner. Au diable les productions The Azylum, ce long métrage honnête est 1 heure de pur plaisir.

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