[CRITIQUE] « Stung », réalisé par Benni Diez

594030

Un dîner mondain tourne au cauchemar lorsque le jardin est envahi de guêpes mutantes, devenues géantes à cause d’un engrais surpuissant illégalement importé.

Dans le cinéma horrifique, on peut prendre n’importe quel insecte ou animal et en faire un monstre difforme pour terrifier le spectateur. C’est le cas dans Stung où des guêpes génétiquement modifiées s’invitent lors d’une réception pour transformer les invités en hôtes pour leur progéniture. Le réalisateur Benni Diez n’a peut-être pas l’idée du siècle mais tente quand même le coup dans son premier film (le monsieur n’a été « que » responsable des effets spéciaux sur Melancholia de Lars Von Trier) édité directement en DVD que vous pouvez d’ailleurs gagner à l’occasion de notre concours.

stung4Stung commence de la manière la plus traditionnelle possible. Nos deux personnages principaux, Paul (Matt O’Leary) et Julia (Jessica Cook) roulent dans une petite camionnette vers un coin qui semble totalement paumé. Seulement nos deux héros ne sont pas des campeurs ou autres ados prêts à être massacrés mais des traiteurs qui doivent préparer une réception. On introduit rapidement les personnages, on laisse plane une tension sexuelle entre Paul et Julia et c’est parti. Puisque le film ne dure qu’1h15, Benni Diez n’hésite pas à rapidement balancer son action avec le premier assaut des bêtes lors de la réception le tout d’une manière grand-guignolesque : tout le monde court et se vautre jusqu’à ce que les transformations aient lieu. Car oui, même si la première attaque des guêpes se fait par nuages de centaines d’insectes minuscules celles-ci infectent les humains pour grandir et devenir géantes. On ne vous cache pas que les effets gore n’y vont pas avec le dos de la cuillère lorsque les guêpes mutantes s’extirpent des corps en lambeau. Mais ce n’est pas tout car au fur et à mesure que les insectes prennent possession du domaine le lieu devient de plus en plus repoussant et gluant, le manoir se métamorphose, Benni Diez offrant du crade à souhait à l’image de cet asticot de la taille d’une balle de football qui fera frémir les plus entomophobes d’entre vous.

518-stungEn fait, les effets spéciaux sont le seul point fort du film (en dehors de ceux en 3D des insectes qui seront déjà désuets dans six mois)  car le reste, ça rame pas mal. Déjà les personnages. Tous ceux avec un véritable potentiel comique comme le musicien se font tuer avant trente minutes. Au final il ne reste que Paul et Julia qui se prennent beaucoup trop au sérieux pour un film qui avec un synopsis pareil aurait dû être plus fun. Enfin quand on dit qu’il ne reste que Paul et Julia on peut éliminer celle-ci qui est trop souvent relayée au second plan. Le réalisateur nous bassine sans cesse avec sa vision de l’héroïsme un peu bancale. Entre le vétéran de la guerre qui dit à Paul que c’est un vrai héros « avec des couilles » et Julia qui lui répond lors d’un dialogue qu’un mâle ne dit pas à haute voix qu’il aime les câlins, on soupire rapidement. Le rythme est mal géré et l’ennui prend rapidement le pas jusqu’à un dénouement final qui tire sur la longueur. Les incohérences s’allongent également : la porte « blindée » du sous-sol qui s’ouvre d’un mouvement de la main (ne devrait-elle pas peser plus lourd et nécessité une multitude de bras si celle-ci est renforcée ?), ce même sous-sol avec des fenêtres donnant sur l’extérieur, Paul qui se bat avec un insecte dehors sans attirer le reste de la ruche… Cerise sur le gâteau Benni Diez ne sait pas tenir une caméra et offre souvent des scènes illisibles qui empêchent de bien voir les meurtres gores par moment.

STUNG_RPXYZ_STILL_35.1

Stung est un film pavé de bonnes intentions mais qui se vautre dans son écriture. Benni Diez tenait un sujet en or mais n’ose pas aller au bout des choses et est maladroit (comme cette vision de l’héroïsme dont je vous parlais plus haut). On peut aussi citer le personnage de Sidney (joué par Clifton Collins Jr.), terrorisé par sa mère tyrannique et plein de haine pour ses parents. Fils à papa frustré par sa propre vie et responsable de l’arrivée des guêpes tueuses. Celui-ci n’est évoqué que trop rapidement et ne sert au final pas à grand chose alors que son background aurait pu être plus travaillé et offrir des scènes réussies. Une sorte de Lionel Cosgrove raté (respectons Braindead).

Stung
2

La Conclusion

Stung est une déception. Irréprochable sur le gore mais à côté de la plaque au niveau des personnages, de l’histoire, du rythme ou encore curieux dans sa vision de ce qu’est un héros… Un mâle un vrai qui ne dit pas ses sentiments à haute voix d’après Benni Diez ! Nous on passe notre tour devant un film qui se prend trop au sérieux et aurait mérité d’être plus fun.

Balance ton commentaire

Suivez-nous sur facebook

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 34 autres abonnés