[CRITIQUE] “Sinister 2”, réalisé par Ciaran Foy

Sinister 2

Alors qu’il reprend son enquête inachevée sur les homicides non résolus, l’ex-shérif adjoint fait la connaissance d’une jeune mère de famille et de ses jumeaux. Ces derniers viennent de s’installer dans une maison où des événements macabres se sont produits. Tout porte à croire qu’il s’agit une nouvelle fois de la même entité surnaturelle et que la famille est en danger…

Sacré Jason Blum. Peut-on vraiment lui reprocher d’avoir trouvé une formule qui fonctionne, et de l’utiliser? A vrai dire, finalement, à ce cher Jason, on lui doit quand même Whiplash, soit l’un des meilleurs films de l’année dernière. Comme quoi, sa formule, parfois, elle peut faire des merveilles. Seulement voilà, tous les réalisateurs ne s’appellent pas Damien Chazelle, et en attendant de voir ce que nous réserve Shyamalan en septembre avec The Visit, et bah il faut le dire, les films d’horreur produits par Jason Blum, ce sont tous de sacrés gros ratés. Oui oui, même le premier Sinister. Alors pour ceux qui ne le savent pas, la formule Blum elle consiste à produire des films avec des budgets dérisoires, pour faciliter la rentabilité de ceux-ci, et ainsi laisser carte blanche aux réalisateurs, qui devront uniquement compter sur leur savoir faire. Parfois, ça donne Whiplash, et parfois, bah ça donne Sinister, Paranormal Activity, American Nightmare, Insidious, Unfriended, Ouija, et d’autres daubes dans le genre.

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Sans surprises donc, Sinister 2, puisque c’est de lui qu’il s’agit aujourd’hui, atteint très rapidement le néant horrifique pour ne laisser place qu’à une intrigue barbante et sans aucune originalité digne des plus mauvais épisodes d’Esprits Criminels, les personnages charismatiques en moins. Pas l’ombre d’un frisson, pas l’ombre d’une idée de mise en scène, mais une sacrée dose de jump scares ringards et dépassés, parfois tellement absurdes qu’ils en deviennent drôles. Tout repose presque exclusivement sur les mini-films en 8mm, le seul atout du film, qui ont malheureusement perdu l’effet de surprise dont ils bénéficiaient dans le premier film. C’est bien trop peu pour être recommandable, et ce n’est pas non plus le parti pris adopté, qui se positionne du point de vue des gosses de l’intrigue, qui viendra élever le film à un rang plus respectable.

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Néanmoins, reconnaissons que c’est une année difficile pour le cinéma d’horreur, qui a commencé à un niveau bien trop élevé avec It Follows, qui nous rappelait avec une efficacité et une originalité que l’on rêve de voir devenir des évidences, qu’instaurer une ambiance dans un film de genre est primordial pour que celui-ci fonctionne. Si la peur, tout comme l’humour, restent des émotions essentiellement subjectives, touchant, ou pas, la sensibilité de chacun, elle se doit cependant d’exister sous d’autres formes, moins éphémères, que les jump scares putassiers et bruyants, et de montrer un peu de personnalité et d’idées. Ce n’est pas le cas de Sinister 2, qui ressemble à n’importe quel film d’horreur lambda fait par le premier tâcheron venu pour effrayer pendant dix minutes les gosses avares en fausses émotions fortes.

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CONCLUSION

Dans la pure logique des productions horrifiques Blumhouse, on abuse des jumpscares ringards pour masquer le manque d’idées et de budget.</em

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