Simetierre de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer – Critique

© Paramount

Le docteur Louis Creed quitte Boston pour s’installer dans une région rurale du Maine, avec sa femme Rachel et leurs deux jeunes enfants, Ellie et Gage. Au fond des bois près de sa nouvelle maison, Louis découvre un mystérieux cimetière. Peu après, une tragédie s’abat sur lui. Il se tourne alors vers un étrange voisin, Jud Crandall. Sans le savoir, Louis vient de déclencher une série d’événements tragiques avec de redoutables forces maléfiques.

 “On ne sent la mort qu’une fois ; celui qui la craint, meurt à chaque fois qu’il y pense….”

Réalisé par le duo Kevin Kölsch/Dennis Widmyer, Simetierre est l’un des nombreux romans les plus marquants de la carrière de Stephen King. Après près de 30 ans, voilà qu’ils remettent au gout du jour l’une de ses histoires les plus sordides à nouveau à l’écran. La machine hollywoodienne étant en marche pour perdurer le mythe de King, l’enfant terrible du Maine nous conte l’un de ses meilleurs romans aux côtés de Shining-L’enfant lumière, Carrie, Ça, ou encore Misery.  Alors que la machine Netflix adapte tour à tour les écrits de King, il s’avérerait ambitieux, prometteur et encourageant d’y dépoussiérer l’un de ses romans les plus sombres de l’auteur, c’est chose faite grâce à ce nouveau film qui s’avère plus flippant qu’il n’y paraît.

Simetierre est un film sinistre, funèbre, obscure qui sent la mort à des kilomètres, à coups de jumpscares et de scènes terrifiantes, le duo de réalisateurs vont renouer avec la peur primale et ce jusqu’aux dernières minutes du film. Pendant presque deux heures, Simetierre entraîne son spectateur au fin fond de son cauchemar, le film est tragique, pessimiste, morose et ce supplice qui s’abat sur cette famille nous fait voyager dans les pires craintes et angoisses.

© Paramount

Un jeu d’enfant

Alors que la famille Creed emménage dans une luxueuse maison au fin fond du Maine (État de l’Amérique et endroit bien familier de l’univers de Stephen King), le père, Louis Creed, interprété magistralement par Jason Clarke, (Zero Dark Thirty, Terminator Genisys) semble composer avec sa femme et ses deux enfants (Ellie et Gage) une famille américaine modèle. Tout aurait été pour le mieux mais l’endroit rêvé s’avère être profane, déchu, une terre maudite ou l’horreur prend une tournure épouvantable et inquiétante. Non loin, un cimetière d’animaux ou jadis, des enfants perpétuaient des rites occultes… Cela aurait pu s’arrêter là mais leur voisin et ami, le vieux Jud Crandall, familier des lieux connaît bien le secret qui s’y cache dans cet endroit et ne tardera pas à le faire découvrir à Louis. Les choses prennent une tournure atroce quand les cauchemars et hallucinations du couple s’accentuent, et quand leur enfant meurt d’un accident due à un camion près de la route, les choses vont commencer à aller mal, très mal… À coups de réveils des morts et de malédictions, la famille Creed auront signé un aller simple sans retour vers le plus horrible des enfers, comme le dit la phrase d’accroche du film : Parfois, il y a bien pire que la mort…Et c’est bien vrai, car tous nos personnages sans exception n’en sortiront pas indemnes… Cauchemar quand tu nous tiens !

© Paramount

Aux contrées de la peur

Simetierre renoue avec la terreur, tout comme Ça de Andy Muschietti, sorti en 2017. La peur au cinéma est avant tout difficile à concevoir, cette nouvelle adaptation semble se détacher de cette nouvelle vague néo-horreur qu’on a pu voir ces dernières années pour renouer contact vers l’univers de King. Un univers terrifiant dont seul l’écrivain peut percevoir, les jumpscares et le gore ne servent que d’accessoires, l’histoire en est bien plus terrifiante et quand la deuxième partie du film fait penser aux premiers films de James Wan ou encore à certains films d’horreur japonais comme Ring (1998), Ju on (2002) autant vous dire que ça promet. L’isolement, les hallucinations des personnages font surement référence à Shining (1980) de Stanley Kubrick, comme pour Jack Torrance et sa femme Wendy, la famille Creed s’enlise dans la folie humaine, et quand il s’agit de ressusciter les morts, autant vous dire que rien ne présage de bon. La seconde partie du film partage nombre de points communs avec le film Esther (2009) de Jaume Collet-Serra ainsi que La Nuit des Morts-vivants (1968) de George A. Romero et termine en beauté en se rapprochant un peu plus du mythe de Frankenstein, célèbre roman mythique de Mary Shelley.

Les cauchemars de Stephen King 

Stephen King est un écrivain célèbre dont on ne présente plus, à la fois scénariste, producteur et parfois acteur, son talent rare est d’une finesse jusqu’à ce jour jamais égalée de 1976 à de nos jours, la plupart de ses films adaptés laissent toujours un écho dans le cinéma de genre, ayant inspiré une vague de cinéastes et d’écrivains entre autres, la plupart des cinéastes de renom n’ont cessé de perdurer sa légende : à commencer par Brian De Palma et son terrifiant Carrie, au Bal du diable de 1976, Kubrick, cinéaste légendaire dont on n’oubliera pas son cultissime Shining de 1980, en passant par Cronenberg avec Dead Zone (1983) et John Carpenter et son film Christine (1983), tous auront la prétention d’y avoir adapté l’un des romans légendaires car oui Stephen King est un et indétrônable, un maître incontesté de la littérature américaine et mille fois talentueux dont on se souviendra longtemps et pour toujours. D’un cimetière d’animaux à une voiture Plymouth modèle 1958 en passant par une entité terrifiante sous les traits d’un clown, King est un auteur qui explore la terreur tel un guide touristique pour univers cauchemardesques.

© Paramount

Un remake ?

La version de Simetierre de 2019 est, rassurons-nous, totalement différente de celle de Mary Lambert. Il y a 30 ans, la jeune réalisatrice, habituée des tournages de clips, entreprenait la première adaptation de Simetierre. Sorti à la fin des années 1980, le film présentait des défauts considérables, vieillissait mal mais jouit à présent d’un statut de culte. La suite, réalisée en 1992, se vautrait dans une série B de mauvais goût. Tout comme le téléfilm “Il” est revenu de 1990, le remake/reboot s’avère parfois astucieux et nécessaire bien que l’on puisse parfois appréhender des doutes sur son sujet. À débattre.

4
Note finale
Conclusion
Simetierre est avant tout un film effrayant, tirant les leçons du cinéma de genre, renoue les liens forts avec l'univers de son écrivain et inflige à son spectateur une rare frayeur, démontrant encore une fois, la quintessence du maître de la littérature horrifique. N'avez vous jamais vu la mort en face ?

Balance ton commentaire

Suivez-nous sur facebook

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 32 autres abonnés