[CRITIQUE] « The Signal » réalisé par William Eubank

THE SIGNAL-Affiche Fr

L’attente autour de The Signal était assez importante : ce second film réalisé par William Eubank, nominé au festival de Gerardmer avec Laurence Fishburne au casting, poussait à se demander ce que pouvait bien donner cette réalisation désignée avant même sa sortie comme un « ovni cinématographique ». Et c’est d’ailleurs ce dont parle – mais pas que – The Signal, des ovnis et extraterrestres, malheureusement sans grande réussite. Inutile de vous le cacher plus longtemps : le film est une déception à la hauteur de son attente malgré de bons points qui n’arrivent pas à faire pencher la balance.

THE SIGNALThe Signal débute assez bien. L’introduction est soignée et nous plonge directement au sein d’un groupe de trois amis : Nic et Haley, qui sont en couple (enfin pas bien longtemps), ainsi que Jonah (celui qui tient la chandelle, grosso modo). William Eubank nous parle immédiatement du signal, que Nic et Jonah traquent depuis des jours et émit par un certain « Nomad » qui s’amuse à les narguer en piratant leurs ordinateurs et en envoyant des « r u agitated » par mail. Dès lors le spectateur est plongé dans un flot de questions à propos de ce mystérieux personnage à l’origine du titre du film, c’est d’ailleurs ces questions qui tiennent en haleine le spectateur… du moins pendant la moitié du métrage jusqu’à la déconfiture totale. On comprend rapidement que le réalisateur a voulu nous offrir un film de science-fiction mind-fuck qui ne donne pas toutes les réponses pour nous pousser à réfléchir après le générique mais la sauce ne prend pas une seconde. Je reste catégorique sur le fait que le début du film est réussi avec une bonne mise en place de la tension mais The Signal devient par la suite un enchaînement d’idées ratés, comme si peu à peu le cinéaste n’arrivait plus à se concentrer sur sa création. William Eubank nous gratifie de scènes d’action avec des ralentis peu esthétiques, de plusieurs flashback placées ici et là pendant lesquelles Nic court avec une caméra contemplative et une musique planante dans un style comédie romantique. Ces choix esthétiques démontrent une certaine immaturité chez le réalisateur.

THE SIGNAL

La cerise sur le gâteau reste le twist ending mal bâtit et absolument ridicule : rappelons-le nous sommes face à un film de science-fiction, donc en théorie les seules limites sont l’imagination dans la construction du monde dans lequel se déroule The Signal mais cela n’empêche pas d’avoir un scénario un minimum crédible. Même si la révélation finale répond à plusieurs interrogations rien ne tient vraiment la route et on se dit « tout ça pour ça ? ».

Mais assez tiré sur l’ambulance, passons aux points positifs. On sent à travers The Signal que William Eubank a voulu offrir un spectacle sincère avec peu de moyens financiers. On en vient à se raccrocher aux détails qui font que le métrage aurait pu être meilleur. Pour commencer les acteurs qui y croient et se donnent à fond, comme Brenton Thwaites, interprète de Nic, qui offre une prestation convaincante. Idem pour Olivia Cooke qui joue Haley. En revanche petite déception pour Laurence Fishburne, tout sauf charismatique contrairement à dans Matrix ou Hannibal, et qui se contente du minimum. Malgré un faible budget  (deux millions de dollars ce qui est très peu) William Eubank utilise ses compétences pour agrémenter son film de maquillages et effets spéciaux sympathiques qui ne révèlent en rien le côté « low cost » de The Signal. Comme dit précédemment la moitié du film est bien gérée, la tension et le rythme sont parfaits pendant la traque de Nomad et l’arrivée de Nic dans le complexe scientifique dans lequel le spectateur se retrouve comme le héros totalement perdu et espère y voir plus clair.

The Signal
2

Conclusion

Partant d’une intention louable, celle d’offrir un film de science-fiction ambitieux avec un scénario plein de rebondissements, The Signal n’arrive malheureusement pas à combler nos attentes. Sa nomination à Gerardmer et les débats qu’il soulève sur le net laissent entendre que le film n’est pas prêt à arrêter de faire parler de lui. De mon côté j’espère que William Eubank apprendra de ses erreurs car je reste convaincu de la sincérité de ce réalisateur.

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