[CRITIQUE DE LA RÉDAC] “Jurassic World”, réalisé par Colin Trevorrow

Jurassic World Affiche

L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

Dans la grande tendance hollywoodienne de proposer des remakes/suites de films cultes, Universal Pictures et Amblin Entertainment proposent au spectateur de retourner à Isla Nublar près de 20 ans après les évènements de Jurassic Park. Retour triomphal ou énième remake raté ?

VALENTINJe n’aime pas

Quand Hollywood n’a plus d’idée, Hollywood adapte des romans ou des comics et quand Hollywood n’a plus de sources d’adaptations, Hollywood se penche sur ses succès passés. Sur le papier, Jurassic World avait tout pour être un film plutôt réussi : on trouve un casting composé de l’acteur bankable du moment – Chris Pratt – et on remet au goût du jour une franchise culte des années 1990. Mais ce qui est beau et attirant sur le papier peut être un gâchis complet à la fin. Il y a clairement 3 défauts majeurs à ce nouveau Jurassic Park : l’histoire, le casting et le contenu. Pour l’histoire, les scénaristes ont vu et revu le film de Steven Spielberg et on repris les mêmes personnages en les transformant en stéréotypes hollywoodiens. On trouve les deux enfants insupportables à outrance, la tante carriériste auto-exilée de sa famille, le militaire savant fou et le héros cool, badass et sexy. On n’épargne aucun cliché au spectateur, de la punchline entendue et ré-entendue au baiser placé au coeur de l’action sans oublier la bataille finale à grands renforts de CGI. Si l’histoire n’est pas des plus fortes, le casting n’est clairement pas là pour tirer le film vers le haut. Chris Pratt retrouve ce qui sera le rôle de sa carrière : le type cool et badass qui sauve le monde. Là où Guardians of the Galaxy lui permettait de révéler son talent, ici il porte le film en faisant le strict minimum. Son principal opposé, joué par Bryce Dallas Howard, ne lui permet pas d’inverser la vapeur et on sent le manque d’alchimie entre les deux. Le reste du casting n’est pas de haute volée malgré Omar Sy qui possède plus de dialogues que dans X-Men : Days of Future Past et les deux assistants un peu toqués que sont Lauren Lapkus et Jake Johnson. Le grand méchant du film – Vincent D’Onofrio – est la caricature ultime du bad guy (son plan final frôle le grand WTF). On a donc une écriture et un jeu loin de la force du premier Jurassic Park mais qu’en est-il de la réalisation ? Les FX sont dans la lignée des effets spéciaux actuels et vieilliront mal mais restent corrects. Le gros souci provient des plans/scènes qui semblent être des copies des deux premiers films combinés à une omniprésence du thème composé en 1993 par John Williams et que Michael Giacchino place partout, à toutes les sauces. Ce Jurassic World apparaît donc comme un énième naufrage dans la quête à l’argent des studios.

AYMERIC – Je n’aime pas

Il y a plus de vingt ans, Steven Spielberg nous ouvrait les portes d’un monde nouveau, un monde que l’on ne pouvait imaginer que dans nos rêves de gosses, et ça tombe bien, puisqu’au moment de l’ouverture du premier parc, nous étions ces gosses assoiffés de magie. Pour moi, à titre personnel, comme pour beaucoup j’imagine, Jurassic Park fait figure de pilier, que ce soit pour ma cinéphilie, ou pour mon enfance. La VHS est d’ailleurs toujours fièrement exposée dans ma collection. Nous, les jeunes des années 90, avions donc toutes les raisons d’attendre énormément de Jurassic World, un retour au source ancré dans notre époque.

La déception est aussi sévère que l’attente que ce nouveau projet a suscité. Sans jamais être véritablement détestable, le film de Colin Trevorrow se vautre dans tout ce qu’il entreprend. Il faut dire que si le monsieur est plein de bonnes intentions, n’est pas Steven Spielberg qui veut. Toute la magie, l’émerveillement, et le sensationnel qui caractérisaient le film culte de tonton Spielberg sont ici sacrifiés pour faire place à une vulgaire surenchère fade et impersonnelle. Une surenchère que le film prétend dénoncer alors qu’il ne fait que l’adopter, et ce, avec un cynisme à gerber (Le requin des Dents de la Mer qui se fait bouffer par un gros dino/crocro, par exemple). Tout est plus grand, tout est plus gros, mais tout est sacrément plus con. Le scénario est une vaste blague qui enchaîne sans temps morts les idées les plus absurdes (dresser des raptors, pitié quoi), et qui se permet, sous couvert d’hommages qui ont souvent l’air de plagiats, de souiller, sans même s’en rendre compte, quelques symboles forts qui ont bercé notre enfance. De cette catastrophe involontairement drôle (on rigole du film, et non pas avec lui), on ne retiendra que la séquence de la gyrosphère, et celle de l’attaque des visiteurs du parc, méchamment jouissive, tout le reste étant enfermé dans le carcan du blockbuster lambda et oubliable, avant de finir sa course dans un final digne d’une production Asylum. Le plus triste dans tout ça, c’est de savoir que Spielberg l’a validé, et qu’il a accepté d’y faire figurer le logo d’Amblin. Alors, si vous êtes en manque de la magie du cinéma de Spielberg, et de sa célèbre société de production, ayez un peu de respect pour vous-même, et pour le cinéma, et allez voir A La Poursuite de Demain.

CHARLINE – J’aime

Cinéphile (un bien grand mot d’ailleurs!) certes, mais fan des films qui ont marqué les années 80-90, soit mon enfance, c’est une tout autre histoire. En vrai, la fille qui vous écrit cet article est sous pression et doit faire face à deux autres rédacteurs en pétard face au dernier film de Colin Trevorrow qui rouvre les portes de Jurassic Park.

Pour être franche, quand l’annonce d’un quatrième volet à la franchise jurassique fût divulguée, je ne m’attendais à rien et plus rien ne pouvait m’impressionner. La faute à l’industrie du cinéma qui ne cesse de nous remâcher et recycler des films emblématiques et tous genres confondus. Remakes, reboots et maintenant des suites qui se passent une vingtaine d’années plus tard, tout comme dernièrement annoncé Ghostbuster ou bien évidemment Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force. Ces films déjà bien populaires et mêmes cultismes qui tentent d’élargir… d’élargir quoi d’ailleurs ? Parce que sincèrement, on ne comptait pas y remettre les pieds sur Tatooine.  Sauf qu’ici, si l’on m’avait dit du haut de mes onze ans que Jurassic Park allait rouvrir ses portes en me promettant quelque chose de plus grand, plus moderne et digne de ce que j’ai connu, je ne vous aurais jamais cru. Mais encore une fois, l’industrie du cinéma n’a pour moi plus rien à prouver, car je sais qu’elle peut-être très surprenante et donc les claques cinématographiques se perdent et tant mieux, car les perles sont rares. Alors oui, Jurassic World ne nous refera pas revivre ces émotions et sensations vécues 22 ans plus tôt chez Spielberg, mais ce quatrième volet stimulera fièrement votre nostalgie.

Digne d’un Blockbuster, mais d’un bon Blockbuster, Jurassic World n’est sans réelle surprise (à quoi s’attendre de plus du gros qui veut bouffer les plus petites après tout?!), mais arrive facilement à stimuler ce brin de nostalgie qui traine encore en nous : les vieilles jeeps, l’ancien logo du parc, le gros plan habituel, ce bon vieux t-rex et tous ces autres petits clins d’œil du premier volet qui vous laisseront ce petit sourire et ce sentiment de chaleur. Et puis quel plaisir de réentendre de thème inoubliable. Ce n’est peut-être pas du Spielberg, mais c’est bel et bien ce parc que nous avons délaissé avec toutes ces attentes.

Beaucoup de rappel qui ne ralentit en rien à la trame de l’histoire, mais tel un film au budget surdimensionné, le scénario est sans complexité et fort prévisible. Malheureusement, ça marque un manque d’attache envers les protagonistes, mais encore une fois on leur pardonne, car ce que l’on veut c’est du dinosaure et du gros. Encore là, l’esthétique du film est épatante. Les finitions laissent même paraître les matières et le travail sur les dinosaures, ainsi que le parc sont assez incroyables et réels à l’écran. Mais le plus appréciable est l’importance que porte le réalisateur pour faire de ces dinosaures des protagonistes aussi importants que leurs confrères humains.

À l’heure ou le cinéma n’a plus rien et à la fois tout à offrir, il faut savoir laisser son cœur d’enfant de côté afin d’apprécier la modernité du cinéma. Jurassic World est l’un des bons blockbusters de l’été accompagné par les derniers chouchous d’Hollywood, dont Chris Pratt et Omar Sy. C’est amusant, esthétique et parfois effrayant, Jurassic World de Colin Trevorrow est un bon divertissement qui ne détrône pas le premier volet, mais qui s’expose comme une belle nostalgie.

Jurassic World
  • VALENTIN
  • AYMERIC
  • CHARLINE
2.2

Conclusions

VALENTIN : Film hybride, croisement entre le reboot et la suite, Jurassic World pêche par une écriture et une réalisation trop formatées et s’englue dans une nostalgie trop présente.

AYMERIC: Difficile de réussir un Jurassic Park lorsqu’on oublie ses ingrédients essentiels: la magie, l’émerveillement, et surtout, le sensationnel. Aussi dispensable qu’oubliable.

CHARLINE :
C’est amusant, esthétique et parfois effrayant, Jurassic World de Colin Trevorrow est un bon divertissement qui ne détrône pas le premier volet, mais qui s’expose comme une belle nostalgie.

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