[CRITIQUE CLASH] “[REC] 4 : Apocalypse”, réalisé par Jaume Balagueró

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Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… L’Apocalypse peut commencer !

Critique d’Aymeric : POUR

Aujourd’hui est un jour spécial pour les fans de genre que nous sommes. Un jour spécial car c’est en ce jour que l’on peut enfin aller découvrir, au cinéma, la conclusion tant attendue à cette saga sous-estimée qu’est [REC]. Débutée en avril 2008 par Jaume Balagueró et Paco Plaza, la franchise peut se vanter d’avoir livré avec le premier film, le seul, et unique (oui oui, unique), chef d’oeuvre tourné à la mode, désormais nauséabonde, du “found footage”. Une seule caméra dont la présence est justifiée, un seul point de vue, un huis-clos, et des tonnes d’idées horrifiques, voilà ce qui caractérise ce petit bijou du cinéma d’horreur, désormais culte. Une prouesse que le duo espagnol ne parviendra malheureusement pas à reproduire dans le second volet, une petite erreur de parcours. C’est alors que débarque [REC] 3: Genesis, une sorte de parenthèse humoristique pilotée seule par Paco Plaza, qui s’éclate avec la saga, et lui offre surtout une libération dont elle avait grand besoin: l’abandon du found footage, pour revenir à un style plus classique. Une tournure que conservera Jaume Balagueró pour le grand final, celui dont on va vous parler.

REC 4

Les choses sérieuses reprennent. Ici, il n’est plus question de se trimbaler en costume non officiel de Bob l’Eponge, mais d’éradiquer le virus qui menace la sécurité mondiale. Dès sa première séquence, qui fait office de retour aux sources, Balagueró démontre l’une de ses premières intentions: relier tous les films de la franchise ensemble, et surtout, faire revenir notre chère et adorée Angela Vidal (Manuela Valasco, plus sexy et possédée que jamais) dans le feu de l’action. Comme c’est le cas dans chaque film de la franchise, et ce malgré un titre évocateur d’une plus grande ambition, l’action se déroule dans un environnement isolé, ici un cargo dans lequel une zone de quarantaine à été installée. Il ne faudra pas longtemps pour que les choses se gâtent, et qu’en l’espace de quelques scènes sous pression, Balagueró redonne à la saga ses inspirations horrifiques d’antan. La trouille est donc de nouveau au rendez-vous, mais mieux encore que quelques jump scares un peu faciles, c’est une ambiance nerveuse et ultra-tendue qui bercera l’ensemble de l’intrigue. Armé de références, et surtout d’auto-références en tout genre qu’il s’amuse à éparpiller un peu partout, Balagueró manie un pur scénario de série B, avec son lot de twists et de situations gores et potaches, dont il laisse éclater toute la folie dans un huis-clos percutant, où le hors champ joue un rôle primordial. Si on regrettera un manque de lisibilité durant certaines scènes mouvementées, et un montage parfois chaotique, on saluera l’effort esthétique saisissant, ainsi que le travail assez poussé sur la lumière et les décors.

REC 4

La saga [REC] tire donc sa révérence dans un bain de sang jouissif, ressuscitant des idées horrifiques que l’on croyait enterrées depuis longtemps. Jouant habilement avec ses propres codes, et surtout, en ne sombrant pas la facilité qu’inspirait son sous-titre, légèrement spoileur il faut le reconnaître, mais qui tient bel et bien toutes ses promesses. A conseiller aux fans donc, car après tout, ce film, il a été fait pour nous.

Critique d’Alexandre : CONTRE

Avec la saga [REC], les deux compères, Jaume Balaguero et Paco Plaza, nous avaient habitués à bouleverser les codes du genre horrifique en concoctant pour nous des suites qui, auraient pu être des films à part entière, mais également à un style de mise en scène particulièrement efficace (du found-footage, jusqu’à la caméra traditionnel). Avec ce dernier volet de la saga, ils tentent désespérément de nous faire revivre l’apocalypse du premier film, mais se lancent dans une histoire ship ! (jeux de mots yeah. Ndlr).

Dans [REC] 4 : Apocalypse, il ne s’agit plus d’être enfermé dans un immeuble, ni de se faire voler la vedette par des infectés lors de son mariage, l’histoire ici se déroule sur un navire avec à son bord, une équipe scientifique et des gros bras de l’armée afin de trouver un antidote avant que le virus ne se propage. Sous son synopsis, le film promettait une bien belle aventure : huis-clos, aucun sauvetage possible. Mais, devant, tout est beaucoup plus effroyable…

Rec 4 : apocalypse

Dès les premières minutes du film, nous sommes plongés dans un état de tension absolue. Puis, lorsque les infectés arrivent, tout retombe. Tout ceci est dû au montage trop clipesque lors des scènes d’actions, les plans s’enchaînent à une vitesse folle ; mais également à une mise en scène particulièrement handicapante, pas besoin de nous rappeler le lieu de l’action avec des mouvements de caméra. Jaume Balaguero a conçu [REC] 4 : Apocalypse comme un film expérimental. Il essaye de nouvelles choses, comme il a pu faire avec les précédents volets, mais pour ce volet, le gâteau est trop cuit. Nous sommes devant un film d’horreur qui n’arrive pas à faire son effet. [REC] 4 : Apocalypse se terre dans une suite de scènes toutes plus ringardes les unes que les autres, à coup de CGI grotesque, et de musique épique qui ruine le film. Angela Vidal,  pourtant la pièce-maîtresse de ce film, se retrouve avec une quinzaine de répliques (dont la moitié est à jeter) et nous sommes désintéressés par les acteurs.

Malgré ça, le film bénéficie d’une magnifique photographie par Pablo Rosso (qui a participé à la franchise depuis le début) et propose quelques bonnes idées qui donnent à Angela Vidal du fil à retordre.

[REC] 4 : Apocalypse est la suite de trop, pourtant tout était bon pour rivaliser avec sa grande sœur. Allez, on viendra te voir pour le cinquième volet, parce que rien n’est jamais fini.

[REC] 4 : Apocalypse
  • Aymeric
  • Alexandre
3

Conclusion

Aymeric : La trouille est donc de nouveau au rendez-vous, mais mieux encore que quelques jump scares un peu faciles, c’est une ambiance nerveuse et ultra-tendue qui bercera l’ensemble de l’intrigue.

Alexandre : Un pétard mouillé pour ce quatrième volet qui aurait pu être l’instant final d’une bonne franchise.

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