[CRITIQUE] “Personal Shopper”, réalisé par Olivier Assayas

Personal Shopper

Maureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité.
C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu.
Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…

Quel touche-à-tout ce Olivier Assayas ! Ex-critique de cinéma, le réalisateur nous a pondu nombre de films dramatiques, de Fin Août, Début Septembre à Après Mai, de la fresque de 3h co-produite par Canal+ Carlos à la mise en abyme Sils Maria, il touche à tous les styles. Il revient cette année au Festival de Cannes avec Personal Shopper, un film de fantômes… parisien. Il collabore à nouveau avec Kristen Stewart, qui avait déjà tourné devant sa caméra pour Sils Maria, et est présenté en Compétition du 69e Festival de Cannes, où il a obtenu le prix de la mise en scène. Promesse d’originalité tenue ? Réponse.

Personal Shopper

On sait Olivier Assayas éclectique, amateur de genre asiatique comme de la nouvelle vague française. Son saut dans le thriller fantastique avec sa touche d’auteur sonne comme une évidence, dans une volonté de créer quelque chose de différent et d’inhabituel. Le cadre de la mode parisienne, les appartements luxueux et son personnage principal torturé tranchent déjà avec les habituels poncifs du genre. Mais très rapidement après le démarrage de Personal Shopper, Assayas plante son surnaturel dans un terre-à-terre fascinant, installe une tension efficace par son réalisme et la sobriété de ses spectres inquiétants. Le réalisateur se joue du spectateur avant de montrer la menace avec une frontalité déroutante, puis la cache afin de créer un jeu pervers. Les intentions de thriller moderne sont louables, la tension marche et le long-métrage fonctionne globalement dans son genre. Assayas hésite tout de même à y aller franchement et plonge parfois dans une certaine inégalité, entre fulgurances de tension et longueurs ridicules. Que ses partis-pris de mise en scène aient divisé la critique cannoise n’est finalement pas étonnant, tant il plonge le spectateur dans une curiosité dont il ressortira à chaque fois perplexe : la (déjà !) fameuse séquence des SMS, bonne idée trop longue et répétitive, est la preuve d’une maladresse dommageable.

Personal Shopper

Dans son errance moderne et son attente du surnaturel, Maureen s’avère une héroïne intéressante, au parcours inégal mais campée par une Kristen Stewart à la photogénie impressionnante. Elle traîne un corps émotionnellement fatigué, comme si le spectre fantomatique qu’elle devient en mettant les robes de sa patronne de fiction se rapprochait de celui, surnaturel, de son frère décédé. Dans cette imagerie spectrale et visuelle variée, Personal Shopper fascine, intéresse, crée l’angoisse, repousse, se ridiculise, s’alourdit avant de finalement se libérer, laissant le spectateur au mieux dans une perplexité absolue mais positive, au pire dans un rejet total. Et c’est bien ce qu’on attendait de ce film…

3

Conclusion

Fascinant, déroutant et parfois repoussant par ses maladresses, Personal Shopper rend perplexe mais reste porté par d’intéressantes fulgurances dont Kristen Stewart en sort épatante.

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