L’Au-delà de Lucio Fulci – Critique

Une jeune femme hérite d’un hôtel dans la Nouvelle Orléans. Alors qu’elle entreprend des travaux de rénovation, des phénomènes étranges font de sa vie un véritable enfer.

De la comédie, au macabre…

Le début des 80’s au cinéma marque une certaine tendance d’évolution du Giallo vers l’épouvante pure. L’initiateur Mario Bava étant sur le déclin, la succession n’est pas vraiment présente, et les spectateurs commencent à manquer à l’appel. Seul Dario Argento, ainsi que quelques consorts, tirent leurs épingles du jeu, grâce à une réalisation ultra stylisée, et des histoires tantôt fantastiques, tantôt macabres.

C’est dans cette mouvance, que le futur pape du cinéma poético-macabre va débarquer, alors qu’il n’était qu’un réalisateur de Giallo aujourd’hui culte, mais à l’époque réal’ de films plutôt modeste tel que La Longue Nuit De L’exorcisme, ou encore L’emmurée Vivante.

Lucio Fulci est né à Rome le 17 juin 1927, et y mourra le 13 mars 1996. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il était loin de se douter qu’il allait signer des œuvres d’une grande poésie morbide, lui qui était destiné au pire à une carrière de faiseur, dans le domaine de la comédie, au mieux à une courte carrière dans le Giallo, sans réellement laisser d’empreinte indélébile.

Copieur, copié, jamais égalé…

Après le succès aux Etats-Unis de la saga des mortsvivants de George A. Romero, notamment Dawn Of The Dead, Fabrizio De Angelis, producteur de polar sans grande estime (ainsi que de Black Emmanuelle Autour Du Monde), décide de pomper allègrement le succès de Dawn Of The Dead, baptisé Zombie dans nos contrées, ainsi que Zombi en Italie, et décide de lancer pour 240 000 dollars la production de Zombi 2, dont la réalisation écope à Fulci. Et c’est un succès, en partie grâce aux scènes gores, ainsi qu’à la réalisation particulièrement léchée de notre ami Lucio.

Grâce à ça, et se sentant à l’aise dans le genre, il va se permettre de tourner Frayeurs (La Paura), qui sera d’un moindre succès, sans pour autant parler d’un échec, mais malgré une patte visuelle cauchemardesque, il lui reste encore des choses à prouver.

Et grand bien nous fasse, car il va tourner l’année suivante, soit en 1981, un des plus beaux (Sans déconner ? -me chuchote une voix dans l’oreillette) film cauchemardesque que j’ai pu voir. Et c’est le film dont nous allons parler, il s’agit du seul, de l’unique, j’ai nommé… L’Au-delà !

Mais L’au-delà de quoi ça parle me direz-vous ? Je vais vous le dire, jeune lecteur assidu !

Les maçons du cœur :

Le film nous conte l’histoire de Lizza Merril, brillamment interprétée par la sublime Catriona MacColl. Cette dernière à héritée d’un hôtel dans lequel elle s’installe, ayant pour but de le retaper afin de faire un peu d’argent… que dis-je DES GROS SOUS ! Sous son apparence de grande demeure baroque, se cache en réalité une des sept portes de l’enfer, ouverte 54 ans plus tôt à cause d’une malheureuse crucifixion qui a dérapée (euphémisme quand tu nous tiens…). Ainsi l’enfer va s’abattre sur elle et les gens qui l’entourent.

Mettre les cauchemars en image :

Un pitch de base, certes convenu, mais gratifié d’une réalisation d’une énorme richesse.

En réalité Fulci nous offre littéralement une toile vivante, la péloche remplaçant l’acrylique, où se côtoie, vivants, morts, cadavres en putréfaction, animaux en tout genre, peintres en bâtiment, enfin vous avez compris. Le film est extrêmement graphique, sans pour autant, se hisser à l’échelle d’un Guinea Pig, ou d’un Slow Torture Puke Chamber bien évidemment. Malgré tout, il n’est pas à mettre devant tout les yeux (essayez de le passer à un repas de famille, devant mémé, et faites-moi part du résultat.), quand bien même certaines scènes ont vieilli. Cela dit ça n’empêche pas de ressentir l’impact des scènes, qui comme dans un cauchemar, peuvent à tout moment basculer dans l’horreur la plus viscérale (la magnifique scène des araignées, à du tâcher plus d’un froc.).

On passe le film à voguer entre des visions oniriques de ce que pourrait être l’enfer, notamment avec le tableau de Schweik, le peintre crucifié en début de film.

4
Note finale
Conclusion
Fulci signe ici sa plus grande œuvre, un film à la fois onirique, et tellement nihiliste, que l’enfer qui nous y est dépeint est à la fois réel et surréaliste, tellement que l’on s’y croirait. On pourrait croire qu’il a visé juste à tel point que tout est aussi cohérent qu’un cauchemar, en soit complètement faux et irréel, mais si juste, la sublime B.O. de Fabio Frizzi y contribuant énormément. Avez-vous conscience que vous rêvez lors de vos cauchemars ?  A ranger entre Suspiria et Ulysse 31. Et surtout à regarder en boucle, tant ce film n’a pas fini de vous surprendre...

Suivez-nous sur facebook

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 32 autres abonnés