[CRITIQUE] “Knock Knock”, réalisé par Eli Roth

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Un soir d’orage, un architecte, marié et bon père de famille, resté seul pour le weekend, ouvre sa porte à 2 superbes jeunes femmes mal intentionnées…

Cette année, Deauville nous a proposé non pas un mais deux films de Eli Roth : Knock Knock et
Green Inferno. Tandis que celui-ci bénéficiera d’une sortie E-Cinéma l’autre sortira dans les salles obscures avec Keanu Reeves à l’affiche : qui dit star internationale dit violence plus modérée et un peu de retenue de la part du réalisateur. Alors est-ce que Eli Roth a su trouver la formule pour mélanger son amour pour le trash et grand public ? Avant de retrouver sur le CinemaClubFR la retranscription de notre rencontre avec le cinéaste ainsi que Lorenza Izzo à Deauville voici un début de réponse.

Knock Knock (5)

Dans Knock Knock, Eli Roth reprend le même schéma que dans Hostel. Une vie paisible jusqu’à ce que le personnage principal commette une faute et se voit châtier avec grande violence. Dès les premières minutes nous est présenté Evan, incarné par Keanu Reeves, père de famille aimant. Inutile de vous dire que l’acteur est très bon et convaincant dans son rôle. Le réalisateur nous montre une maison calme où l’art est très présent chez cette famille aisée. Puis vient rapidement l’élément perturbateur : l’arrivée de deux femmes que Evan va avoir le malheur d’accueillir chez lui, Genesis (Lorenza Izzo) et Bel (Ana de Armas). Rapidement ne veut pas dire que l’action commence directement. Eli Roth fait monter doucement la sauce jusqu’au point où tout va basculer. De petites notes de piano très angoissantes, des dialogues à double sens prononcés par le duo faisant douter de plus en plus Evan, une petite touche d’humour par moment… Tout est là pour que le spectateur se demande si Evan va céder aux avances ou repousser Genesis et Bel.

Knock Knock (3)

Mais vous vous en doutez ce ne sera pas le cas et à partir du moment où Evan ouvre la boîte de Pandore, tout bascule. Genesis et Bel vont prendre un malin plaisir à torturer et rendre fou le père de famille. Détruisant sa maison et les œuvres d’art de sa femme, le duo de psychopathes s’en prend à l’unique endroit où l’on pourrait se sentir en sécurité… son propre nid douillet. Alors que Eli Roth a toujours fait voyager ses personnages que ce soit dans Green Inferno, Hostel ou Cabin Fever, l’horreur prend ici place dans le propre lieu de vie d’Evan. Alors on ne le vous cache pas, Knock Knock n’est pas gore une seule seconde, alors si vous êtes amateur d’hémoglobine vous n’en trouverez pas ici. La violence est beaucoup plus psychologique, Eli Roth ayant voulu tester une autre formule plus accessible pour son introduction dans le cinéma grand public. Genesis, la tête pensante du duo, et la beaucoup plus spontanée Bel prennent un malin plaisir à torturer notre « héros » jusqu’à pousser ce dernier dans des colères noires lui qui paraît si calme ou au contraire le faire craquer nerveusement. On se demande à chaque fois jusqu’où vont s’arrêter les sévices et si tout ce qui se passe à l’écran est du bluff ou non jusqu’au twist final.

L’intrigue est tout ce qu’il y a de plus basique mais bien menée du début à la fin. Eli Roth ne s’intéresse pas au background des deux femmes, ne cherche pas à leur donner des excuses et même si il peut se montrer moralisateur à première vue ne fait que se servir de l’excuse de l’adultère pour offrir un thriller psychologique en y ajoutant le pouvoir destructeur des réseaux sociaux, élément évidemment absent dans le film Death Game réalisé en 1977 et dont Knock Knock s’inspire énormément.

Knock Knock (2)
Knock Knock est également porté par son trio d’acteurs. Comme expliqué plus haut rien à redire du côté de Keanu Reeves. Celui-ci a toujours su jouer et le démontre une nouvelle fois ici et pour la première fois incarne un père de famille. Lorenza Izzo passe de victime dans Green Inferno à bourreau dans Knock Knock et glace le sang par la froideur de son interprétation à côté d’une Ana De Armas tout aussi flippante par le côté borderline de son personnage et moins mesurée que Genesis. Des carrières à suivre pour ces deux jeunes actrices.

Pour finir il faut avouer qu’esthétiquement Eli Roth a aussi changé de direction avec ce film. Celui-ci dit adieu au côté crasseux de Hostel et Cabin Fever pour une image beaucoup léchée, avec de beaux plans symétriques et travaillés. Le côté « maison parfaite aux abords de Los Angeles » renforce cette sensation où tout est propre, carré avec un danger inexistant dans cette maison qui sert ce huis clos. La musique est brillante et le choix des morceaux écoutés par Evan sur ses platines sont surprenants… quelque chose nous dit que comme nous vous aurez envie de chercher sur Youtube l’OST en rentrant chez vous.

Knock Knock
3.5

Conclusion

Knock Knock est un bon film. Sans doute pas le meilleur de Eli Roth, sans aucun doute le plus
accessible au grand public mais très plaisant il faut l’avouer. Malgré des maladresses par moment le réalisateur offre un film à l’ambiance toute particulière et au stress assez intense par moment porté par un magnifique casting : Keanu Reeves, Lorenza Izzo et Ana De Armas. On ne se trompe sans doute pas en disant que ces deux actrices sont à suivre, cinéma horrifique ou pas ! A souligner un choix de morceaux musicaux très audacieux.

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