[CRITIQUE] “Horns”, réalisé par Alexandre Aja

Horns

SYNOPSISSoupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…

Aujourd’hui nous allons vous parler de Horns, le nouveau bébé de notre français adoré, et exilé aux Etats-Unis : Alexandre Aja. Alex Aja, c’est le monsieur qui nous a offert des perles comme Haute Tension, un petit bijou d’horreur bien de chez nous, un véritable choc avec son remake de La Colline a des Yeux, qui surpasse de très loin l’original de Wes Craven, et dernièrement un chef d’œuvre jouissif et insolent du nom de Piranha 3D. C’est donc avec impatience que l’on attendait Horns, dans lequel un Daniel Radcliffe brisé après la mort de sa copine se retrouve affublé de cornes aux pouvoirs étranges.

Horns

D’entrée de jeu, Aja donne le ton du film, qui naviguera sans cesse entre instants idylliques, envoûtants et presque surnaturels, et un sérieux teinté d’un humour noir ravageur qui donnera lieu à quelques scènes improbables assez jouissives et cyniques. On découvre dans Horns un Daniel Radcliffe méconnaissable, qui tire définitivement un trait sur les débuts populaires de sa carrière, dans un rôle à contre-emploi où il fume, boit, baise, et pète les plombs en balançant des flots d’insultes. On sent le jeune britannique presque libéré, et il va s’en dire qu’il signe ici sa meilleure performance d’acteur à ce jour. Pourtant malgré ça, il y a quelque chose qui cloche dans le film d’Aja. En effet, en adaptant l’œuvre littéraire de Joe Hill, le réalisateur français se retrouve un peu pris au piège de son histoire, sans doute dans une volonté de rester le plus fidèle possible au matériau d’origine. Une histoire qui fait la part belle à une enquête sans grande innovation, et qui est plombée par des flashbacks incessants qui se focalisent sur une romance un peu mièvre. Rapidement, et malheureusement, par le biais d’un montage alterné un peu cassant, Aja délaisse et survole le phénomène surnaturel qui touche le héros, et sans surprise le film perd en intérêt, et en rythme.

Pourtant on sent que le réalisateur a envie d’aller au bout des choses, qu’il fait preuve d’un minimum d’ambition, et il faudra patienter jusqu’à la fin du film et jusqu’au « dénouement final », qui n’a rien de très surprenant vu la façon très appuyée qu’à le scénario à s’attarder sur des détails évocateurs, pour apprécier un brin de folie. Un brin de folie qui n’arrivera cependant jamais à atteindre le degré d’insolence auquel Aja nous avait habitué dans ses œuvres précédentes, et qui se limite à quelques effets gores et spectaculaires, certes assez plaisants, mais loin d’avoir la force nécessaire pour marquer les esprits. Néanmoins, Aja fait à nouveau preuve d’un talent indéniable en tant que technicien, créant des ambiances léchées et soignées qui participent grandement à la réussite des quelques très bonnes idées et séquences du scénario.

Horns

Au final, Horns est en quelque sorte le Jusqu’en Enfer d’Alexandre Aja, la folie sans limites en moins. Un conte macabre qui mélange les genres avec un talent indéniable, mais qui manque cruellement du brin de folie décomplexé auquel le réalisateur nous avait habitués jusqu’à présent. Plombé par un scénario qui s’attarde beaucoup trop sur les points les moins intéressants de son histoire, on serait presque tentés, si le film n’était pas aussi bien soigné et inspiré dans sa mise en scène, à le réduire à une sorte d’épisode version longue, et à gros budget, de Supernatural ou des Contes de la Crypte. Loin d’être mauvais, et aussi loin de rompre le soutient et l’amour que l’on porte au cinéma d’Aja, Horns n’en reste pas moins une belle déception.

 

Horns
2.5

Conclusion

Au final, Horns est en quelque sorte le Jusqu’en Enfer d’Alexandre Aja, la folie sans limites en moins. Un conte macabre qui mélange les genres avec un talent indéniable, mais qui manque cruellement du brin de folie décomplexé auquel le réalisateur nous avait habitués jusqu’à présent. Plombé par un scénario qui s’attarde beaucoup trop sur les points les moins intéressants de son histoire, on serait presque tentés, si le film n’était pas aussi bien soigné et inspiré dans sa mise en scène, à le réduire à une sorte d’épisode version longue, et à gros budget, de Supernatural ou des Contes de la Crypte. Loin d’être mauvais, et aussi loin de rompre le soutient et l’amour que l’on porte au cinéma d’Aja, Horns n’en reste pas moins une belle déception.

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