[CRITIQUE] “Goodnight Mommy”, réalisé par Veronika Franz & Severin Fiala

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En plein été, dans une maison de campagne perdue au milieu des champs de maïs et des bois, des jumeaux de dix ans attendent le retour de leur mère. Lorsqu’elle revient à la maison, le visage entièrement bandé suite à une opération de chirurgie esthétique, les enfants mettent en doute son identité…

Présenté en début d’année lors du 22ème festival international du film fantastique de Gerardmer, où il s’est vu récompensé du Prix du Jury Jeune, et du Prix du Jury SyFy, Goodnight Mommy débarquera chez nous le 13 Mai 2015. L’occasion pour nous de vous en parler un peu à l’avance, après tout, c’est un peu pour ça que nous tenons ce blog, pour vous tenir informés. On serait tentés d’être indulgents avec ce premier film, sur lequel Veronika Franz et Severin Fiala font leurs premiers pas en tant que réalisateurs, mais malheureusement, il va être difficile de défendre leur film.

Goodnight mommy

En effet, Goodnight Mommy, malgré une volonté de bien faire, et un pitch qui annonçait quelque chose d’assez intéressant, se vautre dans presque tout ce qu’il entreprend. Et quand certaines de ses idées fonctionnent, elles semblent toujours être le résultat d’un coup de chance. Le film fait la terrible erreur de répéter, inlassablement, son seul et unique parti-pris de mise en scène, qui consiste à étirer les séquences jusqu’à ce que le malaise de la situation à laquelle on assiste atteigne son paroxysme. Le problème, c’est que si c’est une bonne idée sur le papier, dans les faits, cela ne fonctionne pas. Premièrement, parce que ça ne laisse aucune place à la surprise, le procédé étant toujours le même, et jamais vraiment aidé par un scénario dont on devine les intentions au bout de quelques minutes. Deuxièmement, car à cause de cet effet de répétition, le film devient inoffensif, délestant les scènes chocs de toute implication émotionnelle pour ne laisser que les bribes d’une violence bête, froide, et surtout totalement gratuite. Et enfin, parce que l’association de tout ça coupe l’herbe sous le pied du montage dès lors que celui-ci tente de donner un peu de rythme au film, qui devient interminable alors qu’il ne dépasse pas les une heure trente.

Goodnight mommy

Et le plus triste dans tout ça, c’est qu’il n’y a pas grand chose de plus à ajouter, car comme précisé dans le paragraphe précédent, le scénario ne raconte strictement rien. Les indices sur le dénouement se font tellement gros, et l’écriture tellement maladroite, que celui-ci se trahit au bout de quelques séquences à peine, privant ainsi sa scène finale de toute crédibilité. Pire encore, elle en devient presque risible, car dénuée de subtilité et d’un effet de surprise, elle sombre dans le grotesque. Alors, histoire de ne pas être trop définitifs et sévères, on notera quand même que le casting, et spécialement les deux enfants, s’en sort avec les honneurs et parvient, parfois, à élever certaines séquences un peu pauvres. Sinon, il n’y a malheureusement pas grand chose à se mettre sous la dent.

Goodnight Mommy
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CONCLUSION

Ecriture maladroite et balourde qui dévoile tout ses enjeux en quelques minutes, mise en scène peu inspirée qui répète jusqu’à l’overdose un parti-pris qui ne fonctionne pas, Goodnight Mommy est malheureusement une belle déception qui ne fera pas date dans le cinéma de genre.

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