[CRITIQUE] “Dernier Train pour Busan”, réalisé par Yeon Sang-ho

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Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité…

Cela faisait bien longtemps que le cinéma Sud-Coréen n’avait pas eu autant le vent en poupe dans nos contrées. Et pourtant, après la sortie du merveilleux The Strangers de Na-Hong Jin en juillet, voilà que Dernier Train pour Busan débarque en cette rentrée avec un pitch très prometteur. Ajoutons à cela un tonnerre d’acclamations suite à sa projection au dernier festival de Cannes et vous comprendrez aisément pourquoi le film de Yeon Sang-Ho était attendu avec une certaine hâte. Mais tient-il ses promesses pour autant ?

Présenté par la plupart des critiques comme un mélange entre Snowpiercer et World War Z, Dernier Train pour Busan s’échappe pourtant assez vite de cette simple comparaison. En effet, si l’idée d’un film ayant pour seul et unique lieu d’action un train peut faire penser au concept du premier, il surpasse de très loin le second en matière d’intensité. Le spectateur n’a que très peu de moments de répits et sa tension est toujours mis à rude épreuve. Toutefois, ne vous attendez pas à un véritable film d’horreur à proprement parler, mais plutôt à un mélange cohérent entre de action et film de zombies, le tout teinté de drame familial.

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C’est bien ce mélange qui apporte au film toute son efficacité. Si l’on exclut quelques moments d’expositions des personnages pas forcément indispensables au récit, le métrage arrive à allier à merveille l’émotion à l’action, avec même quelques touches d’humour bien senties. On retrouve bien évidemment, comme dans (presque) tout film sud-coréen, une grand importance donnée au lien de la famille mais une fois encore, cela ne semble jamais “de trop” et on se lie davantage au personnage principal et à sa fille.

Les autres passagers du train ne sont d’ailleurs pas en reste puisque, bien qu’ils répondent à des archétypes que nous avons tous pu voir dans le passé, ils demeurent extrêmement charismatiques et attachants, chacun ayant ses propres intérêts. Ils sont loin d’être des héros mais vont bien devoir se battre pour leur (sur)vie. Ce parti-pris réaliste nous permet donc une identification immédiate à la situation et nous permet de nous imaginer ce que l’on ferait si une telle épidémie se produit. Et Corée du Sud oblige, le film se permet bien plus de scènes pessimistes et émouvantes que ses homologues américains, ce qui nous offre des scènes de bravoure et d’émotion véritablement déchirantes, en particulier lors de ses derniers instants.

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Avoir de l’émotion, c’est bien, mais qu’en est-il de l’action ? Si l’on aurait pu craindre à une certaine lassitude causée par un espace restreint (environ 80% du film se passe dans le train), c’est au final tout le contraire. Fort de son expérience dans le domaine de l’animation et du faible budget qui lui était alloué, le réalisateur Yeon Sang-ho a su parfaitement jouer avec sa caméra pour nous proposer une mise en scène inventive et nerveuse, tout en prenant compte de l’enfermement que nous procure le décor du train. Les scènes d’actions sont donc très variées et toutes dosées à la perfection. On pourrait à la rigueur tiquer sur quelques effets spéciaux plutôt limites (notamment les “vagues de zombies”) mais cela serait de la mauvaise foi que de s’attarder sur ces détails minimes tant le reste est visuellement impressionnant.

Bien évidemment, on ressent une certaine influence occidentale dans l’univers et les thèmes abordés dans ce Dernier Train pour Busan. Mais à l’instar de The Strangers, il s’agit avant tout d’une technique afin d’attirer le spectateur vers des retranchements que très peu explorés par ce type de film généralement et qui nous offre un vrai bol d’air. Visuellement par exemple, la photographie adopte plutôt des tons très clairs et lumineux, ce qui nous change des teintes dé-saturées que l’on nous ressort à toutes les sauces dans les productions horrifiques récentes. Le film prend donc de vrais risques par rapport aux modes actuelles, mais c’est ce qui se révèle être sa principale qualité.

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En matière de film de zombies, un film comme Dernier Train pour Busan peut presque désormais faire office d’exemple. En partant d’un pitch très bien trouvé, Yeon Sang-ho nous balade dans de nombreuses scènes référencées mais toujours innovantes, et qui nous transportent du frisson aux larmes à mesure que l’on traverse les wagons de ce train à l’allure endiablée. La Corée du Sud est définitivement LE nouveau pays du cinéma de genre, et ça fait du bien.

Dernier Train pour Busan
4.5

Conclusion

Dernier Train pour Busan s’impose comme le film de zombies à ne pas manquer pour les fans de cinéma de genre. Avec son intensité sans failles et ses scènes d’émotions jamais tire-larmes, le film se place dans le haut du panier des meilleurs métrages de cette année. A ne pas louper.

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