[CRITIQUE] “Deathgasm”, réalisé par Jason Lei Howden

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Après l’internement de sa mère dans un asile psychiatrique, un adepte de heavy metal, Brodie, est recueilli par des parents évangéliques dans une banlieue douillette. À l’école, il nage au beau milieu de pom-pom girls et de sportifs jusqu’à ce qu’il rencontre Zakk, un alter égo métalleux. Ils forment un groupe et découvrent une partition mystérieuse permettant l’invocation du démon Aeloth et de ses sous-fifres. Les démons livrent bataille dans la banlieue; le sort de l’humanité est entre les mains des métalleux !

Parmi les films indépendants qui ont fait sensation dans les différents festivals cette année comme Yakuza Apocalypse ou Turbo Kid, il y en a un que j’attendais avec une impatience toute particulière: Deathgasm. En tant que grand fan de Metal ainsi que de films gore/fun tels que Piranha ou encore Braindead, le projet ne pouvait que m’enthousiasmer étant donné que son postulat de base était de mélanger ces deux univers, que rêver de mieux ?

Bien sûr, Deathgasm n’est pas le 1er film d’horreur à inclure du Metal, mais la plupart vont surtout se contenter d’avoir une bande originale entièrement dédiée à ce style (comme bon nombre de teenages movies des années 90, comme Ginger Snaps ou Blair Witch 2 par exemple) ou alors en créant une atmosphère générale revoyant à l’imagerie du genre comme l’ont fait Le Maison Aux 1000 Morts de Rob Zombie ou Shocker de Wes CravenLe pari est donc tout autre ici car cette fois, Jason Lei Howden, le réalisateur, désirait bel et bien intégrer le Hard Rock et le Heavy Metal en plein cœur de son récit ô combien délirant.
Headbang assuré ou tentative ratée ? Sortez les cornes du diable et vos albums de Metallica ou autre Iron Maiden, le concert peut commencer !

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Mettons les choses au clair dès le départ : Deathgasm, c’est surtout, et avant tout un pur film de fans, au même titre que l’a été Shaun of The Dead il y a quelques années. Tout dans ce film sent bon la fin des années 80/début 90, que cela soit dans la mise en scène générale, faisant furieusement penser aux œuvres cultes de Sam Raimi et de Peter Jackson, mais aussi dans l’atmosphère en adoptant une photographie assez old-school mais pas kitch pour autant, qui correspond totalement à l’univers un peu délabré que peut représenter le Metal. Mais ce qui est surtout appréciable dans ce film, c’est que les références à cette musique sont directement ancrées dans le récit. On a jamais l’impression que le réalisateur cherche à trop en mettre dans des moments complètement aléatoires, au point d’aller dans le fan-service, ni même en parodiant tellement les préjugés qu’il les rend ridicules.

Au contraire, on ressent ici un profond respect pour les films et groupes représentés, qui se retrouvent évidemment avec leurs clichés parodiés, mais jamais avec un œil négatif, mais plutôt un moyen de s’amuser et de rire des codes du Hard-Rock qui, à première vue, peut en effet nous faire poser des questions sur la santé mentale des personnes écoutant cette musique.

Cette volonté de parodie légère se ressent jusque dans les personnages principaux, aux seconds degrés totalement assumés par des acteurs vraiment talentueux (avec dans les rôles principaux Milo Cawthorne, James Blake et Kimberley Crossman, tous habitués à des DTV obscurs) qui s’éclatent à jouer ces persos caricaturaux mais réellement touchants lors de certaines scènes plus émouvantes. On va bien sur passer très rapidement sur les ennemis principaux du film, des démons ramenés sur Terre après que les héros aient joué une chanson maléfique, car ils ont été vus des centaines de fois et sont au final assez peu intéressants mais pour être honnête, ça n’est pas le plus important dans ce genre de film, mais plutôt le fun qu’il arrive à dégager avec ses monstres.

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Et un film se voulant aussi décomplexé ne pouvait pas l’être sans une bonne grosse dose d’hémoglobine et ce qui est sur c’est qu’on en a pour notre argent. Le sang coule à foison et les effets gores sont tous extrêmement jouissifs, ce qui n’est pas très étonnant étant donné que le réalisateur s’est chargé des effets spéciaux de Prometheus, Avengers ainsi que de la trilogie Le Hobbit, rien que ça ! On pourra juste regretter quelques effets spéciaux par ordinateur qui font un petit peu pitié par moments mais fort heureusement, ils sont vraiment mis de côté au profit de très bons maquillages qui rendent tout de même bien mieux, notamment lors d’exécutions de démons réalisées avec des armes improbables et littéralement faites avec quelques bouts de scotch, ce qui m’a beaucoup rappelé l’un des meilleurs jeu-video de zombie de ces dernières années : Dead Rising.

En voyant le film, on assiste surtout à un vrai tour de montagnes russes, qui en plus de disposer d’une BO du tonnerre (pour les deux-trois Metalleux du fond qui pourraient lire cet article, sachez qu’on y retrouve par exemple du Emperor ou du Elm Street, la classe.), a un rythme très rapide et on a vraiment pas le temps de s’ennuyer devant ce film où la bière et le pop-corn sont de mise.

Si vous avez toujours rêvé de voir la fusion parfaite entre Evil Dead et Wayne’s World, Deathgasm est le film que vous avez tant espéré et il est quasi sur et certain que vous prendrez votre pied devant cette avalanche de gore, de délire et de décibels. Si cependant cette musique vous révulse, elle est malgré tout assez peu mise en avant pour que n’importe quel néophyte puisse également adorer sans être perdu dans les références, en voyant juste le film comme étant un véritable hommage, voire suite spirituelle, à la trilogie de Sam Raimi.

A l’heure actuelle, le film n’a toujours pas de date de sortie Française annoncée, mais avec la sortie du DVD/Blu-Ray en Angleterre et en Allemagne en début 2016 et le sacré buzz qu’a le film depuis quelques mois (il a d’ailleurs récemment gagné le prix du public au festival Absurde Séance de Nantes), il y a fort à parier que les accords démoniaques de Deathgasm vont très bientôt retentir en France.

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Conclusion

Deathgasm est une des plus belles preuves d’amour qu’un fan peut porter à ses idoles. Sans jamais tomber dans la pâle copie, Jason Lei Howden arrive à intégrer son propre style tout en rendant hommage aux films et groupes qui ont marqué son adolescence, ainsi que celle de nombreuses personnes. A voir avant tout entre potes, ambiance garantie !


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