[CRITIQUE] “Cooties”, réalisé par Jonathan Milott et Cary Murnion

Cooties

Un nugget de poulet contaminé provoque la transformation des enfants d’une école élémentaire en monstres psychopathes forçant un professeur remplaçant et ses collègues à s’unir pour s’en sortir vivant.

Une comédie horrifique écolière sur le thème des zombies, soit un postulat de départ plutôt enthousiasmant mais qui sera surtout sauvé par ses acteurs. En choisissant une horde de morveux prépubères comme menace principale, Cooties s’engage à montrer un tabou encore peu franchis même dans le cinéma d’horreur : de la violence sur des enfants. Un classement R pour “gore, violence, dialogues incluant des références sexuelles et utilisation de drogues” est donc des plus rassurant quant au bon traitement du propos. Les deux réalisateurs débutants en charge du projet s’en sortent plutôt bien grâce à un humour efficace et du gore correct.

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Elijah Wood campe le rôle de Clint, un écrivain raté doublé d’un professeur remplaçant sur le point de découvrir que les enfants d’aujourd’hui sont d’horribles personnes. Le premier acte rappellera d’ailleurs à ceux qui l’ont vu, le court métrage triplement primé Fool’s Day, dans lequel une école primaire devenait également le théâtre de sanglants événements. La première partie, qui expose les personnages est hélas la plus réussie. Tous les employés de l’école incarnent chacun un cliché suffisamment construit pour être intéressant, de la jolie blonde sympa, à la républicaine pète-sec en passant par le prof efféminé et exubérant. Une équipe hétéroclite qui favorisera les prises de becs mais aussi l’entraide une fois confrontée au chaos. De l’humour, il y en a pas mal, d’une part dans les dialogues, de l’autre dans les réactions et situations. Mention spéciale à Alison Pill (Kim dans Scott Pilgrim) et Nassim Pedrad (Gigi Caldwell dans Scream Queens) qui auront recours à plusieurs reprises à des mimiques très expressives, en réponse aux propos de leurs collègues masculins.

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Pour ce qui est des enfants, le premier contact sera des plus horripilant avant de tempérer progressivement. Banlieue middle class oblige, la totalité des élèves ne sera pas détestable de prime abord. Mais sous leurs allures proprettes se cachent (pas bien longtemps) d’insupportables petits produits résultants d’éducations très discutables. Le jeune prof commencera donc avec un clash intergénérationnel où la situation qui alimente la comédie en confrontant des façons différentes de penser et d’agir. Le principal morveux (très convaincant Cooper Roth) verra ainsi en Clint l’adulte à contester plutôt que le jeune mec cool que ce dernier croit être.

Le soin apporté aux détails étoffe l’ensemble, la chambre de Clint est un vrai musée du cinéma de genre et une affiche de A Girl Walks Home Alone At Night fera plus tard une apparition discrète. Sans compter la totalité de la déco de l’école, suffisamment crédible et minutieusement travaillée pour qu’on y prête pas attention. Tant d’éléments au service de la création d’un univers coloré et surtout singulier. L’occasion de contempler des plans créatifs comme celui montrant deux enfants se disputer un bras humain sur fond d’arc-en-ciel une fois le chahut d’écolier poussé à l’extrême.

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Si les premières scènes d’attaques se montrent généreuses en gore, en dépit d’une shakyman pas toujours là où il faut, la suite des événements évoluera dans un huis clos dont le rythme souffrira. Des péripéties nocturnes dans lesquelles les répliquent fusent mais où les rares moments d’action n’éveillent plus l’attention. Les petits infectés ne se montreront pas très persévérants pour aller chercher leur goûter, préférant apparemment vaquer à des occupations moins carnassières. Le virus cannibale étant moins dévastateur sur les fonctions cognitives, contrairement à ce qu’on nous sert généralement. Le montage alterne ainsi le cloisonnement volontaire des survivants et les jeux anodins des enfants recouverts de sang (et des “croutes” du titre). S’en suivra des confrontations nécessaires mais toujours décidées par les gentils. L’élément de surprise ne faisant de toute évidence plus partie de la note d’intention à ce stade du film. L’arrivée d’un nouveau personnage à mi parcours n’apportera rien, si ce n’est quelque sourire en plus. Une ultime tentative pour relancer l’action et l’exploitation des mini zombies permettra de ne pas finir sur une mauvaise note. Il aurait été préférable qu’elle ne se fasse pas attendre aussi longtemps. Néanmoins ne partez pas trop vite, une conclusion primordiale vous attend à la fin du générique.

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Conclusion

Une comédie efficace sur gore respectable. Joliment emballé mais flingué à mi-parcours par le cloisonnement trop efficace des gentils. Mais est-ce censé d’attendre une complète réussite de l’union des scénaristes de Glee, Saw et Insidious ?

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