[CRITIQUE] “Abattoir”, réalisé par Darren Lynn Bousman

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Julia vient de perdre sa famille dans un meurtre sordide et décide d’enquêter, aidée de son ami Grady, sur le mystère qui entoure cette tragédie. Ensemble ils découvrent quelque chose de bien plus grand qu’un massacre isolé.

Surtout connu du grand public pour avoir réalisé Saw II, III et IVDarren Lynn Bousman a également touché au monde du roman graphique avec Abattoir, dont son nouveau film est adapté. Le projet honorable du réalisateur est de créer un univers centré autour d’Abattoir mais surtout de son antagoniste Jebediah Crone, un homme capable de vous embobiner un village entier pour assouvir sa soif de sacrifices. Reste à voir si le parrain de la première édition du Boulogne Horror Show a réussi son pari.

Seven est le premier mot qui vient à l’esprit en voyant le générique d’ouverture, et ce n’est pas surprenant sachant que l’ambition première de Darren Lynn Bousman était de faire un film aux influences de Seven et Hellraiser. Ce générique introduit le personnage de Jebediah Crone en voix off qui fait un peu de philosophie pour nous indiquer de manière subtile son grand dessein. Sont ensuite introduits le personnage de Julia (Jessica Lowndes), une jeune journaliste fan hardcore de Peggy Carter et son ami plus si affinités Grady (Joe Anderson), le détective quaterback de notre héroïne. L’introduction des personnages et du cadre est rapide, Darren Lynn ne s’attarde pas sur les commodités et choisit d’aller droit au but en tuant la sœur et le neveu de l’héroïne afin de baigner le spectateur dans une piscine d’empathie pour son personnage principal #pasletempsdeniaiser.

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“Ça sent le tabac, et quand ça commence à sentir le tabac ça veut dire qu’ça va bientôt sentir le roussi” se dit Julia. C’est alors que commence l’enquête lorsqu’elle et Grady découvrent que la pièce où a eu lieu le massacre de sa famille a disparue. Ils décident d’enquêter de leur côté puisque apparemment ça n’inquiète personne, même pas la police, qu’une scène de crimes disparaisse par enchantement. Au fur et à mesure de l’enquête, on apprend que bon nombre de tragédies similaires ont eu lieu, comptez une femme pendue au lustre de son hall d’entrée, des mondains empoisonnés, une autre femme tuée par son mari à coups de rouleau à pâtisserie etc, toujours avec la pièce du massacre subtilisée. Le film rentre enfin dans le vif du sujet quand nos deux protagonistes décident d’aller là où chaque tragédie semble avoir un autre point en commun, New England. C’est là que le film prend une tournure intéressante. Le reste de l’action se passe dans cette ville fantôme qu’est New England, ce qui plonge le spectateur dans une atmosphère inquiétante renforcée par l’intemporalité du récit. Le style old school est immersif et permet à Darren Lynn d’imposer une ambiance propre à l’univers qu’il veut créer.

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Bien que le film ait enfin réussi à installer une ambiance lugubre et intéressante, il traîne parfois en longueur notamment lorsque Julia reste enquêter chez une habitante jouée par Lin Shaye, connue pour son rôle dans la trilogie Insidious. On sait que quelque chose se trame et le film prend beaucoup trop de temps pour nous servir un twist prévisible à des kilomètres. Outre ce twist, les comportements des personnages sont tout aussi prévisibles. En effet, Darren Lynn Bousman privilégie le mystère morbide qui entoure les habitants de New England au détriment de ses personnages principaux. Néanmoins, cette partie reste importante car elle nous présente Jebediah Crone par le biais d’une vidéo morbide le montrant en plein discours de propagande et qui ira jusqu’à sacrifier un pauvre jeune homme parce que je suis un leader et je vous dis que les sacrifices humains c’est bon pour vos chakras. Le réalisateur avait en tête Dayton Callie pour le rôle de Crone, et ce dernier fait le job à merveille. La plus grande réussite d’Abattoir est son boogeyman. Entant que leader charismatique, il se sert de tout le monde pour venir à sa fin: construire une maison hantée. Il laisse faussement le choix aux protagonistes d’avoir la vie sauve, mais on sait que la fin ne peut-être que fatale. C’est un vilain complexe qui incarne une prestance fantomatique, plus ou moins à l’image de Tony Todd dans Candyman. Bousman peut être fier.

La fin du film se déroule dans la maison hantée construite par Crone et les habitants de New England, située dans la forêt où il y a apparemment des prises électriques dans les arbres puisque les lampes sont allumées. On est sympa on va dire que c’est grâce à l’énergie des esprits. Et ça traîne encore en longueur, la séquence est répétitive: Julia voit des fantômes, Julia a mal à la tête, Julia voit des fantômes, parfois deux fois les mêmes. Les effets spéciaux ne sont pas époustouflants mais on est dans un film à petit budget, c’est pardonné. Quelque chose qu’on ne va pas pardonner par contre, c’est le montage. En effet, il semble que la post-production ait fini par un péter un câble et qu’elle ait décidé de nous mettre une succession de cuts randoms pour en finir au plus vite. Dernière chose, ne vous attendez pas à des scènes trash dignes de Saw. Abattoir est un film noir et fantastique qui favorise le mystère au gore.

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Conclusion

Abattoir est un film de fantôme modeste, l’ambiance met du temps à s’installer et les personnages sont pour la plus part clichés. Reste un mystère intéressant et un boogeyman des plus intriguants. Pari presque réussi.

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