[CRITIQUE] « Conjuring 2 : Le cas Enfield », réalisé par James Wan

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Après Amityville et Harisville, Conjuring 2 : The Enfield Polstergeist reprend l’histoire, basée sur des faits réels, de Lorraine et Ed Warren, deux chasseurs de fantômes américains. Cette fois-ci, direction l’Angleterre, dans une petite banlieue du Nord de Londres. Peggy Odson y élève seule ses enfants et, tranquille malgré sa pauvreté, sa famille se retrouve brutalement confrontée à des évènements paranormaux : la cadette, Janet, semble épisodiquement possédée par l’un des anciens propriétaires de la demeure. Alertée par les médias et incertaine de la véracité des faits allégués, l’église locale fait appel aux époux Warren afin de déterminer si la maison est effectivement hantée par un poltergeist ou s’il s’agit d’un canular.

Avec Conjuring 2 : Le cas Enfield, on prend les mêmes et on recommence. En 2013, le monde du cinéma horrifique était heureux de découvrir James Wan (Saw, Insidious) dans un registre plus éloigné du gore. The Conjuring : les dossiers Warren mettait en scène deux écrivains, Ed et Lorraine Warren, chasseurs de fantômes notoires dans les années 70-80 aux Etats-Unis. Un scénario inspiré de faits réels, ingénieux ancrage dans le réel qui permettra à The Conjuring : les dossiers Warren de hisser les drapeaux de l’effroi plausible. Joli jeu de funambule sur la ligne qui sépare le doute cartésien de la foi personnelle, le film est une réussite, porté par une réalisation fluide et de beaux travellings en steadicam.

3 ans plus tard, on retrouve le couple Warren à Amityville et à Enfield en 1976. Comme pour le premier volet, la narration se construit sur deux intrigues qui évoluent en parallèle et finissent par se rejoindre. À l’Ouest de l’Atlantique, le couple Warren (campé une nouvelle fois par Vera Farmiga et Patrick Wilson) sur le point de prendre sa retraite de chasseurs de fantôme, alerté par les visions de Lorraine ; À l’Est, Peggy Odson (Frances O’Connor), une mère célibataire confrontée à la possession de sa cadette Janet (géniale Madison Wolfe) par un esprit mal intentionné. La volonté de faire de cette nouvelle production le début d’une franchise « Conjuring » est totalement assumée par l’équipe qui emploie à nouveau les ingrédients du succès précédent : aux commandes, James Wan et sa réalisation précise, les frères Chad et Carey Hayes à la co-scénarisation, le duo Farmiga/Wilson en tête d’affiche, Joseph Bishara à la BO… Rien de nouveau sous le soleil donc. Le choix s’avère pourtant bienheureux ; le film est un plaisir d’épouvante, tout en jump scare maîtrisés et longs plans séquences dosés avec parcimonie.

Conjuring 2
© Warner Bros

James Wan se place, comme dans le premier volet, là où l’on ne l’attend pas. L’ampleur et la quantité de ses mouvements (travelling, plans séquences, zooms) pousse le spectateur à chercher un hors-champ délibérément ignoré pour semer le doute… Car c’est toujours du champ innocent que surgit l’effroi. Les jump scares tombent à point et permettent de soutenir un état de tension permanente qui tient le spectateur sans cesse en haleine. Le rythme est parfaitement géré, les classiques du film de possession sont réutilisés simplement (un simple jouet camion de pompier se transforme en élément horrifique) et les violoncelles grincent pour faire monter la sauce. Les couleurs désaturées donnent un cachet d’époque à des images de qualité, mises en valeur par des plans fluides et naturels. L’esthétique joue aussi beaucoup sur le renversement du cadre, comme pour répondre au bouleversement des vies produit par la présence de l’esprit démoniaque.

Conjuring 2
© Warner Bros

Côté scénario, rien de transcendant. La trajectoire du couple Warren est moins bien suivie que dans le premier volet, et son évolution se cantonne à une simple romance dégoulinante et idéalisée. Aussi, on retrouve le motif du père absent déjà utilisé dans The Conjuring : les dossiers Warren, saupoudré ici d’une touche psychanalytique avec un Ed Warren mièvre et érigé en remplaçant paternel. Une touche de prosélitisme religieux en sus pour un résultat peu brillant. Pourtant, la maîtrise de l’effroi est telle que ces inconsistances ne parviennent pas à ternir la qualité du film. On aurait préféré, sûrement, une fin moins évidente, mais James Wan tient ses promesses avec une réalisation haletante, visuellement marquante et dosée avec soin.

Conjuring 2 : The Enfield Poltergeist
4

Conclusion

James Wan, malgré un scénario faiblard, confirme son esthétique et son statut de maître de l’effroi : jump scare, travellings intérieurs, champ/contre-champ… Tout est dosé avec classe et sérénité, la sérénité d’un réalisateur qui sait ce qu’il fait et qui emmène son spectateur exactement là où il veut, sur le droit chemin de la terreur…
À ne surtout pas manquer, Conjuring 2 : Le cas Enfield restera sûrement l’un des films d’horreur de l’année.

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