Child’s Play : La poupée du mal de Lars Klevberg – Critique

© Paramount Pictures

Karen, une mère célibataire, offre à son fils Andy une poupée, ignorant tout de sa nature sanguinaire et violente.

Il y a des projets qui font grincer des dents, dès les premières images. Et si la nouvelle adaptation de Ça avait de quoi inquiéter, le résultat se montrait plutôt convaincant. Les producteurs du film, boostés par cette réussite, ont décidé de jeter leur dévolu sur un autre monstre sacré du cinéma horrifique : Chucky, la poupée tueuse. Mais plutôt que d’opter pour l’âme d’un psychopathe dans le corps d’un jouet, les scénaristes ont joué la carte des nouvelles technologies – smartphones et voitures autonomes au programme. Et à la barre de cette réalisation : Lars Klevberg, illustre inconnu au maigre CV.

© Paramount Pictures

Une poupée bien trop gentillette

C’est un fait : Chucky est bien trop gentil. Alors que l’origine du nom vient ici d’une vanne en rapport avec Star Wars (rire jaune), cette réécriture du mythe se destine clairement au grand public. Entre mises à mort sages, casting mainstreamAubrey Plaza y interprète une mère de famille tandis que Mark Hamill double Chucky – et rythme mou du genou, Child’s Play : La poupée du mal a du mal à convaincre sur la longueur. D’autant plus qu’alors que dans les films originaux, le tueur se dotait d’une vraie personnalité, cette nouvelle poupée semble bien creuse, sortie d’un épisode de Black Mirror, gros sabots au rendez-vous.

Car dès son introduction, Child’s Play : La poupée du mal nous gratifie d’une publicité parodique : il est possible de connecter la poupée à son device (un iPhone sous iOS, on est bien aux USA) pour contrôler divers objets connectés de sa maison façon Amazon et son assistant personnel Alexa. La critique, grossière, laisse entendre que, attention, la technologie pourrait un jour nous dépasser et devenir meurtrière ! On a connu plus fin.

Mais tout n’est pas à jeter : les premiers pas de la poupée ont quelque chose d’intriguant. La (maigre) personnalité tueuse de Chucky se dessine progressivement et une certaine forme d’attachement naît pour cet être qui croit bien faire. Après tout, le jouet ne cherche qu’un meilleur ami. C’est petit à petit, entre quiproquos et mésententes, que Chucky va vriller jusqu’à devenir dangereux. Le groupe d’ami(e)s, dirigé par le héros Andy, n’est pas spécialement attachant mais suffisamment drôle pour remplir le cahier des charges.

© Paramount Pictures

Des mises à mort sans imagination

La gentillesse de cette poupée (et du métrage plus généralement) vient également des mises à mort trop sages évoquées précédemment. Lars Klevberg fait preuve de trop peu d’imagination avec l’un des meurtres les plus soporifiques de ces dernières années à bord d’un véhicule connecté – parodie des services de VTC comme Uber, encore de gros sabots. Pourtant, Child’s Play : La poupée du mal dispose d’un budget conséquent et même sans verser dans le gore outrancier, aurait pu se montrer plus enthousiasmant. L’indifférence règne à chaque mort, laissant espérer une scène plus couillue dans les minutes à venir.

Il faudra attendre l’acte final pour de franches effusions de sang comiques tandis que l’affrontement contre Chucky aura le mérite d’offrir un beau plan impliquant une pendaison. Dans les sept précédents films, la poupée nous aura gratifié des morts les plus réjouissantes de sa saga, la palme d’or revenant au très bon Cult of Chucky. Child’s Play : La poupée du mal ressemble à un bond en arrière et une oeuvre aux relents de DTV quelconque, un produit lisse destiné à surfer sur la vague récente du revival au cinéma : l’évocation de Star Wars et la présence de Mark Hamill au casting ne sont pas un hasard. Chucky semble avoir les mains liés, bloqué dans le corps d’une poupée connectée (pas forcément ratée niveau design, au passage) qui ne va pas au bout de son délire psychopathe.

2.5
Note du film
Conclusion
Que reste-il de ce Child’s Play ? Des premières minutes intrigantes, morts peu spectaculaires qui suscitent un semblant d’intérêt, un acte final plutôt réjouissant mais trop peu généreux. Malgré son rythme creu vers le milieu du métrage, Child’s Play se laisse tout de même suivre sans déplaisir - mais ne survivra sans doute pas à un second visionnage. Les ingrédients des sept précédents films, reposant sur la personnalité ravagée de la poupée doublée par Brad Dourif, semblent bien loin dans ce revival lisse.

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