Bloodride de Kjetil Indregard et Kjetil Indregard – Critique (Saison 1)

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Cette anthologie norvégienne imprègne chaque histoire d’une atmosphère unique, à la fois réaliste et étrange, horrifique et caustique, résolument scandinave.

Tenté(e) par une anthologie d’histoires horrifiques venue tout droit de Norvège ? Alors prenez place à l’intérieur du bus de Bloodride conduisant les protagonistes de ses six épisodes vers une destination que l’on imagine… infernale ! Après tout, s’il n’est plus à prouver que le cinéma scandinave peut engendrer de belles pépites en matière d’horreur, il est légitime de penser qu’une série s’aventurant sur un terrain identique peut être du même acabit…

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Hormis le rapide tableau/fil rouge du bus qui ne connaîtra pas plus de développements qu’une imagerie introductive, Bloodride va se définir globalement comme une espèce de Black Mirror nordique se servant non pas de la technologie mais de la violence d’un événement (extraordinaire ou non) pour mettre en lumière les pires travers de l’humanité au sein de la société norvégienne moderne et terriblement individualiste. Par l’intermédiaire de l’arrivée d’une citadine récalcitrante à la campagne, la virée d’un bourreau des cœurs avec ses deux frères, l’existence bouleversée d’une écrivaine en herbe, un dîner professionnel sombrant dans la paranoïa, une jeune institutrice aux prises avec le surnaturel ou encore une fête d’entreprise devenant le théâtre d’une enquête de deux nouveaux employés sur leurs collègues, les six épisodes explorent avec un malin plaisir nos pires déviances refoulées autour grosso modo de trois grandes thématiques : la famille, le monde du travail et la résurgence d’un passé oublié pour malmener un présent à la vision tronquée.

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Soyons clairs, si vous êtes un habitué de ce type de proposition, des épisodes de Bloodride auront une saveur d’intrigues que vous avez sans doute déjà goûté par le passé, avec pour conséquence de ne pas être si surprenants que voulus. Néanmoins, si l’on excepte le gros raté “La vieille école” (épisode 5), force est de constater que chacun d’eux parviendra à mettre en place son propre univers de manière convaincante et, surtout, sera toujours exécutée avec une réelle maîtrise narrative sur une courte durée en usant malicieusement de twists blindés d’humour noir qui ne s’interdisent rien. Ainsi, même si, comme toute anthologie, Bloodride a un côté inégal sur d’autres aspects, la série fera preuve d’une impressionnante solidité dans la conduite de ses récits pour conserver notre intérêt, et ce malgré le caractère potentiellement prévisible de certains d’entre eux que l’on évoquait. Cette solidité se fera également ressentir aussi bien du côté de l’interprétation que sur un aspect formel répondant aux attentes qualitatives que l’on peut avoir vis-à-vis des productions scandinaves.

Bloodride de Kjetil Indregard et Kjetil Indregard – Critique (Saison 1)
Conclusion
Bloodride ne révolutionnera probablement pas le monde des anthologies horrifiques mais elle n'en constitue pas moins une représentante norvégienne plaisante à découvrir. On reprendra même place dans ce fameux bus avec plaisir si de nouveaux épisodes du même niveau que "Un terrible écrivain".
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3.5
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