Black Christmas de Sophia Takal – Critique

Lors des vacances de Noël et dans un climat de conflit entre confréries universitaires, les jeunes filles d’une sororité se font harceler et agresser par un mystérieux inconnu…

Nous ne sommes pas en 1974. Ni en 2006. Mais bien en 2019 pour un nouveau Black Christmas. Rien que l’idée d’un remake nous fait nous dire qu’Hollywood n’a plus d’inspiration mais alors un deuxième… c’est ce qu’on appelle “s’en battre les boules de noël” pour être polie. Et c’est encore Jason Blum (Blumhouse), a.k.a le boss a.k.a le Tony Montana du cinéma d’horreur populaire, qui régale. Ou pas.

En fait, tout dépendra du taux de féminisme qui coule dans vos veines car c’est bien de ça qu’il s’agit. Dans le même esprit que Get Out qui utilisait le racisme en guise de “sujet” cinématographique et surtout d’horreur, Black Christmas s’attelle au féminisme et à la critique de notre société patriarcale. Et ça il le cri bien haut et fort, jusqu’à vous en faire saigner les yeux et les oreilles. Mais là où le film de Jordan Peele se la jouait subtile, celui de Sophia Takal fonce droit dans le mur. Black Christmas de Bob Clark (1974) peut tout aussi bien être considéré comme “féministe” sans pour autant chercher à nous le faire comprendre façon traitement Ludovico (“et celui de 2006? 2000 quoi? J’entends mal je passe dans un tunnel là. Je te rappelle bsx.”). Néanmoins, quelques idées font mouche, principalement une séquence dans laquelle les personnages principaux féminins s’approprient la fameuse chorégraphie de Mean Girls d’une façon badass et provocatrice (dans le bon sens du terme).

Black Christmas a beau être criard quant à ses intentions, il serait malhonnête de dire qu’il n’est pas ouvert au dialogue car tous les personnages masculins ne sont pas montrés comme de méchants hommes abusifs. Le film est plus appréciable quand il se revendique en sous texte (non pas qu’il faut taire ces combats), par exemple et sans trop en révéler, lorsque la réalisatrice qui est également scénariste, détourne malignement la sorcellerie et l’Inquisition à son avantage. Enfin, ces ambitions ne sont pas sans rappeler le bien plus transgressif et brute de décoffrage Assassination Nation de Sam Levinson sorti il y a un an.

Toujours dans la comparaison, il est difficile de parler de cette deuxième nouvelle adaptation de Black Christmas sans la comparer à l’original. Fort heureusement ce n’est pas un copié-collé. Des éléments de mise en scène comme les appels téléphoniques de Billy (le boogeyman dans la version de 1974) sont remplacés par des messages (qui ne font plus vraiment peur), et bien qu’il soit normal de se raccorder à notre époque, ce changement nous soustrait un cachet authentique et bien plus angoissant qui avait d’ailleurs fait du film de Bob Clark un précurseur des Halloween et autres slashers qui suivront. Sophia Talak n’oublie pourtant pas son matériel de base, n’hésitant pas à lui faire des clins d’œils qui plairont aux puristes. Malgré ses grosses ficelles et quelques bêtises, Black Christmas reste un divertissement signé Blumhouse, qui arrive à faire pencher la balance un peu plus en sa faveur grâce à quelques fulgurances visuelles et des scènes d’actions jouissives, dont on ne pourra pas en dire autant des meurtres qui sont absolument sommaires et oubliables.

Black Christmas de Sophia Takal – Critique
Conclusion
Encore une production Blumhouse qui ne casse pas trois pattes à un canard mais qui est un bon divertissement.
3
Note du film

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