[CRITIQUE] « Warm Bodies: Renaissance », réalisé par Jonathan Levine

4 Comments

Sorti mercredi dernier dans les salles obscures, Warm Bodies: Renaissance est le nouveau film de Jonathan Levine, à qui l’on doit déjà l’excellent et le très touchant « 50/50« . Adaptation d’un roman, cette fois-ci on ne parle pas d’histoire d’amour avec un vampire, avec une sorcière, ou un loup-garou, mais d’un…zombie! Le résultat vaut-il un déplacement en salles? Réponse dans la suite.

Warm Bodies

Un mystérieux virus a détruit toute civilisation. Les rescapés vivent dans des bunkers fortifiés, redoutant leurs anciens semblables devenus des monstres dévoreurs de chair.
R, un mort-vivant romantique, sauve contre toute attente Julie, une adorable survivante, et la protège de la voracité de ses compagnons. Au fil des jours, la jeune femme réveille chez lui des sentiments oubliés depuis longtemps… Elle-même découvre chez ce zombie différent autre chose qu’un regard vide et des gestes de momie…
Perturbée par ses sentiments, Julie retourne dans sa cité fortifiée où son père a levé une armée. R, de plus en plus humain, est désormais convaincu que sa relation avec Julie pourrait sauver l’espèce entière… Pourtant, en cherchant à revoir Julie, il va déclencher l’ultime guerre entre les vivants et les morts. Les chances de survie de ce couple unique sont de plus en plus fragiles…
Warm Bodies Renaissance porte un regard aussi réjouissant qu’étonnant sur l’amour, la fin du monde et les zombies… De quoi nous rappeler ce que c’est d’être humain !

LA CRITIQUE

Pour bien débuter cette critique, il faut dire qu’on peut d’ores et déjà ranger « Warm Bodies » dans la catégorie des films qui déçoivent parce que tout est déjà montré dans la bande-annonce. Oui, toutes les meilleures blagues et les grands moments y sont, ce qui fait que durant la séance ces scènes ne nous arracheront qu’un léger sourire. Alors le film en soit est pas mauvais, mais la déception est quand même là. Si le point de vue qui est abordé est intéressant, et presque inédit: celui de voir le film à travers les yeux et l’esprit du zombie, le résultat est quant à lui déjà moins convaincant. En effet, cela manque de crédibilité et cela est dû à l’interprétation des zombies. Les acteurs sont crispés (Nicolas Hoult en tête de liste, qui gâche d’ailleurs un peu le couple), on sent qu’ils jouent, et du coup la magie met vraiment beaucoup de temps à opérer, les dits zombies faisant déjà beaucoup trop humains.

Warm Bodies

Si techniquement et visuellement y’a pas grand chose à reprocher au film (les séquences des flashs-back sont vraiment réussies), ce sont les choix de mise en scène et les parti pris qui dérangent un peu plus. En effet, l’histoire se déroule dans un univers post-apocalyptique rempli de zombies. Qui dit « zombies » dit forcément des « morts qui bouffent des vivants », et sur ce point-là, le terme sera peut-être un peu fort, mais c’est un beau blasphème qui est fait! On nous montre des monstres appelés « Osseux » (et qui sont d’ailleurs bien réussis également, et partent d’une très bonne idée) mais on les voit jamais réellement en action (tout comme les zombies d’ailleurs), ce qui fait qu’ils sont tout sauf effrayants et perdent donc en crédibilité. Bref, la trop grande volonté de vouloir offrir un spectacle « grand public » se fait sentir, et c’est bien dommage car cela gâche vraiment le plaisir. Et enfin il y a une autre déception qu’il faut évoquer, c’est celle de la fin. C’est clairement expédié, très prévisible, et ça manque d’ambition au niveau du spectacle que l’on était en droit d’attendre vu le genre du film.

Mais il y a quand même de bonnes choses, car répétons-le encore une fois, le film n’est pas mauvais! Première chose, c’est l’incroyable bande sonore qui accompagne le film, qui est étonnamment entraînante et colle toujours aux passages sur lesquels elle est associée. Si on veut chipoter on dira qu’il y a peut-être un tout petit « trop » de musique, mais dans l’ensemble ce point là constitue une des vraies qualités du film. L’autre qualité, c’est Teresa Palmer (qui est d’ailleurs le sosie de Kristen Stewart, en plus jolie et en blonde) dont la fraîcheur et l’interprétation sont renversantes, et qui hausse la crédibilité du couple. Et enfin, bien que la bande-annonce en est montré beaucoup, l’humour du film est réussi et offre quelques bonnes trouvailles réellement drôle, mais sans qu’on attrape non plus le fou rire du siècle. Les effets spéciaux sont convenables pour un film de ce budget, et on passe donc un bon moment malgré tout.

WARM BODIES

En conclusion: Le film est décevant, mais cela n’en fait pas un mauvais produit. S’il est techniquement et visuellement irréprochable, les parti pris et certains choix de mise en scène laissent à désirer, et ne font pas preuve d’assez d’ambition pour rendre crédible cet univers post-apocalyptique et les zombies qui le compose. Si Nicolas Hoult est franchement mauvais, on se consolera par la présence éblouissante de Teresa Palmer, et le second rôle de John Malkovich, qui rehaussent le niveau global, ainsi qu’à l’excellente bande originale, bien qu’elle soit légèrement omniprésente. C’est un divertissement sympa, qui fait rire à quelques moments et diverti (dans le genre on lui préférera cependant l’excellent « Bienvenue à Zombieland« ) , mais qui manque d’émotion et de crédibilité.

note_star_3

Par @Aymeric L.

Balance ton commentaire

Back
SHARE

[CRITIQUE] « Warm Bodies: Renaissance », réalisé par Jonathan Levine